« Sous le règne du régime de corruption et de l’impunité de Jovenel Moise, entre le 1er Janvier au 23 novembre de l’année en cours, 56 femmes sont victimes de viol« , dénoncent les manifestants dimanche.
En Haïti, au moins une femme sur 3, est victime de plusieurs formes de violence…
Des messages condamnant la brutalité des hommes à l’encontre des femmes, le viol collectif sur des mineures à La Saline, le départ anticipé de Jovenel Moise, commandaient les différentes pancartes brandies dimanche par des jeunes féministes.
Port-au-Prince, 24 novembre 2019 ((rezonodwes.com))–L’entourage de l’organisation Solidarité Femmes haïtiennes (SOFA), rue Villemenay, regorgeait de jeunes filles accoutrées aux t-shirts de leurs associations féministes et disposées de pancartes martelant des propos à l’encontre des agresseurs des femmes. Dans un mégaphone, des appels visant à reprouver les comportements sapant les droits fondamentaux des femmes, ont retenti.
En prélude à la célébration de la Journée internationale pour l’élimination de la violence faite aux femmes, le lundi 25 novembre, une marche pour faire écho aux revendications des femmes victimes de l’atrocité des hommes a été organisée. Initié par la SOFA, le mouvement a parcouru les avenues du Travail 1, 2 et 3 pendant 7 fois.
‘’À la veille du 25 novembre, nous avons fédéré nos forces contre la violence d’Etat. Les femmes violées dans leurs cellules aux Gonaïves, les femmes violées à La Saline témoignent de l’irresponsabilité des dirigeants. Nous soutenons toute forme de mobilisation visant à faire chuter ce régime, a défendu Sabine Lamour, coordonnatrice de la SOFA.
Des chiffres alarmants
En silence, des femmes meurent à cause de la cruauté de leurs conjoints ou encore subissent la fragilité de la situation socio-économique. À la lumière des données recueillies par des organismes militant pour la promotion et le respect des droits des femmes, le constant est préoccupant, rappelle Pascale Solages.
‘’Les derniers chiffres révèlent qu’au moins qu’une femme sur 3 est victime de plusieurs formes de violence. Elles se caractérisent en des violences physiques, économiques sexuelles, verbales et psychologiques. Ces donnés sont loin de la réalité puisque certaines femmes hésitent encore à briser l’omerta’’ a expliqué Pascale Solages, coordonnatrice de Nègès Mawon.
Le contexte sociopolitique demeure le terrain fertile à la multiplication des actes féroces à l’endroit des femmes et des filles. Dans les quartiers populaires en proie à la terreur des gangs armés, les viols collectifs, les agressions physiques, les sévices corporels ont accru, souligne la coordonnatrice de la Commission des Femmes victimes pour les victimes.
‘’Entre le 1er Janvier 2019 au 23 novembre de l’année 56 femmes sont victimes de viol. Ce rapport comprend 23 adolescentes. En ce qui concerne la violence conjugale, les conjointes gardent encore le mutisme’’, a précisé Magueusie Dorvil.
Hervé Noël
vevenoel@gmail.com

