15 septembre 2026
Un président qui s’en mêle les pinceaux
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Un président qui s’en mêle les pinceaux

par Henri-Claude Junior TELFORT 

Samedi 26 octobre 2019 ((rezonodwes.com))– La femme de César doit être prude et vertueuse. En dépit de sa cadence, de son élégance et de sa beauté, elle doit être au dessus de tout soupçon.

Si par malheur, des doutes d’une quelconque basse combine pèseraient sur elle, César, d’un ton impassible et décidé, loin de penser aux ébats voluptueux et bruyants partagés dans l’intimité de leur chambre et à ses belles fesses redondantes, la fera guillotiner et exposer son sexe au grand jour, à la risée de vulgaires prostituées.

À l’instar de cette jolie demoiselle, un président de la République ne doit laisser transparaître ne serait ce que l’ombre d’un seul doute sur son intégrité. Sinon, pourraient s’ensuivre de fâcheuses complications, telles que: dénonciations, malaises, manifestations, confrontations, révoltes, révolutions, déstabilisations, démission, condamnations, prison…

Un si haut fonctionnaire de l’État doit planer au dessus de la mêlée et suivre les sillons de cette femme à la silhouette parfaite et aux seins en érection. Encore plus qu’il faut donner à César ce qui est à César, au système ce qui lui est dû. César doit assumer l’entière responsabilité de ses actes et des conséquences qui en découlent.

L’échec incombe entièrement à l’acteur, non aux spectateurs, ni à l’autre compétiteur frustré, encore moins à l’ennemi. Un joueur doit évaluer toutes les chances de sa réussite avant de chausser ses crampons et de gravir la pelouse. S’il a mal jugé les forces d’en face et s’est retrouvé vite fait avec quelques dents cassées et ses paupières boursouflées, c’est son affaire, sa faute à lui et non celle de l’équipe adverse.

Il faut  préconiser la culture de la responsabilité personnelle. On doit cesser de rejeter les fautes, les manquements, les égarements sur autrui. C’est un petit jeu malin auquel il faut arrêter de jouer. C’est de l’indécence. D’ailleurs, aposter sa signature sous un document officiel avec un titre intellectuel non mérité, c’est aussi de indécence.

De plus, associer la politique à une guerre de perception dans les médias et s’en foutre carrément de la famine dans les quartiers défavorisés, de la corruption dans les institutions de l’État, de l’effondrement de la classe moyenne, de l’impunité de ces voleurs et contrebandiers, du marchandage des parlementaires, de la puanteur des villes, de la réalité de la rue, de la vassalisation de l’économie du pays par un petit groupe, c’est plus que indécence. C’est de la cruauté.

Se contenter aussi de faire passer le temps dans ce contexte difficile et se moquer, froidement, du sang de tant d’innocents versé à flot, c’est de la criminalité. C’est le mépris, purement et simplement, du peuple, de son territoire, de sa culture et de son histoire. C’est de l’indifférence face à une population qui n’a pas su acquérir et conserver ses droits fondamentaux et universels.

Même pas le droit à la vie. Jamais un peuple n’a été autant souffert et maltraité par ses propres fils et filles. Le tableau est sombre. Comment y rester insensible ? Néanmoins, c’est le résultat d’un système implanté par la classe économique et protégé par la classe politique.

Le « tabularaza» est inévitable. C’était au général de brigades de créer des brèches pour perforer le camp adverse, le déstabiliser, y établir son quartier et changer les règles du jeu. C’était sa mission de changer la donne. Le Dr François Duvalier a écarté astucieusement le système qui l’a porté au pouvoir et établir le sien. Mussolini, Castro, Martin Luther, El Che, Hitler, tous, ils ont, au moins, un point en commun. Ils ont su aller à contre courant du mode de pensées et de l’organisation sociale de leur temps et s’imposer.

Pour changer un système si bien ancré dans les mœurs et calculé par une oligarchie audacieuse, il faut à un leader le charisme d’un certain Salvador Allende. Il lui faut une volonté inébranlable et surtout une touche de génie.

Le César dont on parlait tantôt  ne semble avoir ni l’une, ni l’autre. C’est un général pédant qui n’excelle que dans les discours à faire dormir debout. Rien, ni personne, même pas des pleurnicheries, n’empêcheront à la femme conquise par de fausses promesses de couvrir de ridicule son beau parleur une fois que, avec des yeux dessillés, elle a découvert le pot aux roses. Tel est pris qui croyait prendre, que dis-je, tel est pris qui savait prendre.

César est pris à son propre jeu. C’est à lui et à lui seul d’assumer l’entière responsabilité de ses inconséquences et surtout de décider enfin à se frayer un chemin vers une sortie, malheureusement  non honorable.

Dr Henri-Claude Junior TELFORT 

1 Comment

  • Endijèn 27 octobre 2019

    L’histoire est un perpétuel recommencement. En 1994, JB Aristide avait la bonne grâce de Bill Clinton. En 2010, la femme de ce dernier préférait Martelly au lieu de Préval III (Jude Celestin). Et en 2019, l’ambassadeur Edwidge Lalanne a fait savoir au micro du journaliste Jonas Dorisca, « pwezidan Jovenel Moise gen apwi Ameriken se pa konsa li pwale… (radio Mega, émission Carrefour, le 25 octobre 2019).

    C’est votre droit d’être parmi les compatriotes qui réclament le départ du président Jovenel Moise. Dans le cadre du Système, il est très loin d’être un Ratyèfè comme René Préval. Ce dernier a tenté de bien aménager le système dans l’intérêt de son clan politique et de l’oligarchie. Goudougoudou 12 janvye 2010 te bare l, à la Pleine Satisfaction des 90 % d’Exclus.

    Attention à la vérité historique, en 2016, le candidat Jovenel Moise a été élu dans de très bonnes conditions par rapport au candidat JB Aristide, le 26 novembre 2000. Tous les résidus lavalassiens ont accepté les resultats de 2016, à l’exception du parti politique de Pasha Vorbe et Claude Roumain. Pasha Vorbe gen lajan Petro Caribe nan men l, plus de 6 millions de dollars américains pour la construction d’un centre trauma…

    Lors des élections du 26 novembre 2000, selon plusieurs sources, la participation ne dépasse pas 12 %. Et le principal concurrent du candidat Jean Bertrand Aristide n’est autre l’amuseur public, pasteur Dumas J. Arnold. En 2016, parait-il, ce n’était pas aussi mal que ça, la participation s’élevait à 21%.

    Comme un Témoin historique (mwen PA JANM manje nan asyèt politisyen kap kontwi Shithole depi 33 lane), l’Université de Sherbrooke (Quebec, Canada) est dans la page en parlant des élections de Jean Bertrand Aristide et des élections du 26 novembre 2000. L’équipe de Perspective monde a rappellé, « Alors que le Conseil électoral dénonce des irrégularités majeures, Préval avalise les résultats du vote. Le président du Conseil électoral, Léon Manus, fuit le pays le 16 juin après avoir refusé d’approuver le décompte final. Le 26 novembre 2000, Jean-Bertrand Aristide remporte la présidentielle avec 92% des voix. Mais une majorité des partis d’opposition boycotte le vote, critiquant la partialité du Conseil électoral. » Loin de nos rives, le 28 novembre 2000, la journaliste Véronique Kiesel a bien dressé le profil du messie mort-né, «…Aristide n’est pas Mandela : il n’a pas cette capacité rare de transformer en énergie positive le mal qui lui a été fait, ni celle de faire passer l’intérêt de son pays avant le sien. Pendant les cinq années de mandat de René Préval, la famille Lavalas, le parti d’Aristide, avait la possibilité de faire avancer l’ambitieux programme de réformes qu’elle avait présenté. Or ces cinq années ont été marquées par l’immobilisme complet : paralysie politique, suspension de l’aide étrangère faute d’un gouvernement compétent. Seule la pauvreté a continué à croître….. » [1] Dans la même perspective, Martelly et Jovenel ont montré l’importance d’avoir des modèles.

    Il est évident, en voulant protéger son mandat Nan LiB (pas même un Sou de son principal patron du Core Group) et sans aucun contrôle sur le réel, Jovenel Moise a sacrifié le Venezuela. Aujourd’hui, a bien des égards, le deputé JUAN GUAIDO se trouve sur la position de JB Aristide (15 octobre 1994), il veut satisfaire son Égo, en foutant pas mal de la Souveraineté de son pays et de la suite de sa carrière politique. Et après? Dans le cas d’Haiti, Aristide a reussi sans le peuple. Et lavalas dans son Échec répété a mis en selle Martelly, PHTK et Jovenel Moise. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil, Jovenel est la suite de ses prédecesseurs. Dans le cadre du système, chak CHEN avan l yo te niche Bwa yo jan yo konnen…

    Les présidents Bill Clinton et Donald Trump défendent les intérêts des États Unis. Le plus grand dilemme, jusqu’à présent, Haiti n’a pas de vrais patriotes pour défendre ses intérêts face à l’oligarchie et au core group. Des domestiques au sein du pouvoir et de l’opposition. Dans un sens ou dans l’autre, yo tout gen grenn zanno kay ofèv. Ce qui fait l’affaire du grand patron. Il aura Toujours le Contrôle du terrain, avec ou sans Jovenel Moise.

    [1] 26 novembre 2000, Élection de Jean-Bertrand Aristide à la présidence de Haïti http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMEve?codeEve=763

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