15 septembre 2026
Me Endy Frédéric opine sur le message à la nation du Président du sénat
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Me Endy Frédéric opine sur le message à la nation du Président du sénat

Mercredi 9 octobre 2019 ((rezonodwes.com))– Ce texte est l’acte d’un Président du Sénat, d’une pierre qui amasse de la mousse à force d’être inactif et voulait se secouer le corps pour se dépoussiérer un peu. Ce message à la nation bourrée de littérature ( Au sens vulgaire du terme), du blabla, est du bluff.

Le discours est dit dans un moment où l’auteur veut se faire remarquer à force de ne rien faire, à force d’être invisible dans la conjoncture actuelle où le sénat est oublié comme rempart. L’auteur veut se démarquer du lot ou se frayer une place dans l’actualité socio-politique mais ne fera pas long feu.

L’auteur trébuche, vacille et tremblote sur sa position. Au moment où nous sommes, le peuple ne veut plus des discours vides de sens, de contenu laissant à désirer et sans fondement. Le peuple a besoin des décisions. Le peuple veut voir que ce qui sont à ses côtés refusent et rejettent les privilèges, les voir prendre des initiatives de correction, de compensation et de rentabilisation des dépenses publiques.

Il souhaite voir le Président du Sénat dire ce qu’il fera pour réduire ou rentabiliser les dépenses publiques effectuées par ce parlement budgétivore.  Il souhaite voir que les parlementaires arrêtent de faire des pressions à outrance sur les dirigeants des institutions publiques pour nommer des personnes non qualifiées en marge de la loi au même titre qu’ils font nommer des incompétents ( généralement des militants sans soubassements académiques adéquats) aux postes administratifs du parlement, considéré comme boutique de famille.

Le peuple souhaite voir de préférence l’ajustement du salaire des parlementaires au lieu de les laisser patauger dans la corruption. Le peuple aimerait que le sénat ne pousse plus les dirigeants des institutions publiques dans la corruption, parce qu’ eux aussi, ils le sont aussi aux termes de la convention interamericaine sur la prévention de la corruption. Le peuple souhaite voir que le sénat offre la possibilité à la justice d’amarrer les corrupteurs et corrompus qu’ils protègent à tout bout de champs.

Le peuple aimerait que l’administration publique soit compétitive et attrayante. Que le système de rémunération soit révisé. Un fonctionnaire impayé ou sous-payé est démotivé ( Facteurs de motivation de Frédérick Herzberg et pyramide des besoins de Abraham Maslow) et peut se livrer dans la corruption quand les institutions sont faibles.
Les mandats des juges de la CSC/CA ne sont pas politiques une fois en poste. Les mandats à mettre sur la table sont ceux des parlementaires et celui du Président de la République. S’ils sont outillés et ne sont pas corrompus, les juges des institutions indépendantes doivent permettre d’apporter les correctifs nécessaires au mauvais fonctionnement de l’administration publique.

Le consensus national et général que nécessite le pays ne doit pas s’arrêter à un simple changement du personnel politique. Pour changer le système, il faut changer le fonctionnement de l’administration publique, instrument favorisant la corruption dont la grande majorité se fait par les hauts fonctionnaires de l’État et cadres administratifs, complices des hommes politiques. D’ailleurs, l’économiste américain William Niscanen a montré que les fonctionnaires sont de connivence avec les hommes politiques. Les deux ne font que chercher leurs interêts de commun accord. 

Si aujourd’hui, aucun procès sur la corruption ne peut avoir lieu, le problème est simplement que les hommes politiques et les fonctionnaires corrompus ne le veulent pas. A titre d’exemple, la CSCCA est allée se plaindre auprès du PM d’alors parce que les cadres administratifs corrompus et partisans refusent de fournir les pièces justificatives des dépenses publiques relatives aux fonds Petro Caribe. Cela passait comme une lettre à la poste.

Et personne n’a osé imaginer, voir penser à ce que cela veut dire. Obstruction à la justice et faiblesse de nos institutions. Combien de fonctionnaires qui accordent une importance aux audits de la cour des comptes, de l’ULCC et autres? Aucun. Parce qu’ils disent ceux qui ont une velléité de donner du sens à la lutte contre la corruption, la politique les évincera sous peu parce que les politiciens sont aussi corrompus. Si les fonctionnaires sont tombés, ils le seront aussi. En ce sens, aucune action contre la corruption ne sera réelle tant que ces actions ne sont pas engagées.

Aucun système ne changera tant que les hommes politiques sont de connivence avec les fonctionnaires; tant que la CSC/CA ne peut jouer réellement son rôle; tant qu’ils n’arrêtent pas de faire nommer les incompétents aux postes de l’administration publique, pour mener leurs actions de corruption et les protéger contre toutes poursuites.

Oui les privilèges de la bourgeoisie doivent être coupés mais quels sont les actes pratico-pratiques posés par le parlement en ce sens? Combien de résolutions ou de pressions politiques exercées pour faire couper ces privilèges? Qui n’en aime pas d’ailleurs? Pas les bourgeois bien sûr. La solution est de les couper, la manière la plus élégante ou brutale qu’elle soit dépendamment du momentum. Aujourd’hui, le moment est favorable. Mais quelles sont les actions du parlement? 

Le pays veut que ses filles et fils peuvent débarquer dans les limites de la loi des marchandises au même titre que tout le monde sans demander la permission à un nanti. La possibilité d’entreprendre ne doit pas être réservée exclusivement à la bourgeoisie. La lutte contre la corruption ou le nouveau système doit pallier à ces anomalies.

Ces discours vides de sens et de solutions pratiques, le peuple en a assez venant de chacun de vous. Il veut des actions révolutionnaires et porteuses d’avenirs.

Comme je l’avais dit en Mai 2019, l’administration publique haïtienne peut connaitre des jours meilleurs si le Président de la République, les Présidents des deux chambres  et les parlementaires, le Premier Ministre et son gouvernement, les Directeurs généraux et les fonctionnaires le veulent simultanément. Bien sûr, avec la justice en support neutre.

Me Endy Frédéric
Av.Spécialiste en management des institutions publiques de l’Université de Liège.Île de la Tortue, Haïti, West Indies,08/10/2019


4 Comments

  • Endijen 9 octobre 2019

    A bien lire et comprendre votre article, dans le cas de notre pays, ce n’est pas la peine de faire appel aux experts Frederick Herzberg, Abraham Maslow et William Niscanen. Nous avons besoin plutot de Recourir a’ des personnes qui ont d’autres expecialite’s pour nous aider a’ comprendre et surtout comment venir a’ bout des Ordures au niveau de toutes les spheres de la societe. Ou paka ap viv nan yon peyi kote Avadra ak Merilan piplis nan tout nivo nan Leta a ak sosyete sivil la. Dans une telle ambiance, l’oligarchie sera Toujours en terrain conquis. Se FATRA yo Toujou genyen kom vizavi. E yo menm se Fatra tou. La 3e voie a parle’, point barre.

  • Jean claudel 9 octobre 2019

    Prezidan silvouplé pa okipe pyés moun kap fé tét ou cho,ou wé sisw ta anvi demisyone,se pou tann manda vólé sa yo fini,tankou poury latóti ki fi’n pouri jén latibonit nan koripsyon,volé ki rele kato a,andre michél moyiz jn chwal se pou arete tout nég sa yo,pou wé siw pap jwenn solisyon,mande éd etazini pou vi’n bay peyi a sekirite.nou men ki nan dyaspora nou wé tout bagay e nou pa pou ale se met pantalonw nan sentiw pouw dirije peyi a..

    • Endijen 9 octobre 2019

      Nan tout istwa peyi a, Malandren, Avadra, Merilan pa janm gen kouraj pou « met pantalon nan senti pou dirije nan Entere popilasyon an » Yo TOUJOU lage tet yo Pito nan fe Divizyon…ak Trayizon. Pi devan yo pase yo bwa bale Sal anba Dengonn yo pou kite pouvwa a. Sak gen chans temine manda yo, kite Palais national an Katastwop, Tet Anba. Men kek Egzanp :

      1. JB Aristide, « messie » tansfome an RANYON. Bwa bale Sal te pase anba Dengonn poul remet pouvwa pou Radiyes Pemet. Ou konn istwa Ranyon an…
      2. Rene Preval, apre kou deta elektoral avote kite Palais national an Katastwop, Tet Anba. Sosyete Payaya tivisye a te bezwen fe Preval pase pou bon pwezidan. Sosyete Payaya a lage nan bouda Jovenel Moise ak Martelly. Nan denye moman an, pou tout bon Patriyot ak moun ki pa egare, se Rene Preval ak Jean Max Bellerive ki potanta Sistem yo di yo vle konbat jodi a. Martelly ak Jovenel se gwo benefisye. Se Preval ak Bellerive ki mete sistem nan kanpe, ki fel pi byen plonbe. Kontra BLACKOUT.
      3. Anpil moun te panse pwezime asasen Jocelerme Privert tap rajte tet li nan gouvene yon lot jan, men Makonnay li ak Assad, Micanor, Barbier, Bellerive…ak PATRICK MORANE pat bal tan. Kom yon moun yo di ki ekspe nan zafe fiskal li pat menm Egzije yon Rapo sou LAJAN yap pran sou transfe ak apel telefonik konpatriyot yo ki nan dyaspora a. MASSIMADI Privert pa enterese m, se yon lot fom Gouvenans mwen tap tann nan men l. Sa valad tou pou Madoda ki te ranplase pakapala Jacques Edouard ALEXIS. Kom nou konnen, Preval pat manke pa Imilye l pou tet li te ede l kraze peyi a kom PM defakto. Preval te Imilye Madoda a menm jan tou.
      4. Martelly ak Jovenel kontinye nan wout kontra Blackout ak Pwogram Dijans Preval ak Bellerive te trase a. Pwenba.

      Pa gen lot gwoup konpatriyot ki emeje sou teren politik la, Sansal lavalasyen Aristide/Preval ak Privert bezwen retire Manmel yo nan bouch Martelly, Jovenel Moise ak FATRA yo rele PHTK.

      Ekriven, Istoryen Michel SOUKAR afime Jovenel Moise se yon Kadav, sa vle di se Anteman l ki poko chante. Annatandan Jovenel santi tou nan figi tout konpatriyot ki pa neg Sot oswa Egare nan dyaspora a.

  • Wedd LOZIN 9 octobre 2019

    Yon tèks ki preske rezime Ayiti antye. Men atitud yon pèp se sak pou sove’l sinon nap toujou konsa paske mantalite nou enferyè anpil.

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