Pendant que les dégâts du carburant de mauvaise qualité sont encore frais et que le gouvernement de facto renonce à dédommager les consommateurs du mauvais produit importé et fixer les responsabilités dans ce scandale, une nouvelle cargaison du carburant de qualité douteuse s’apprête à être livrée ce mercredi sur le marché haïtien, alerte Jacques Anderson Desroches, responsable de l’ASTM.
Dans une note acheminée dans le salle de rédaction du journal, le coordonnateur général de l’Alternative syndicale pour le transport moderne (ASTM), Jacques Anderson Desroches alerte sur l’arrivée ce mercredi dans la baie de Port-au-Prince d’une nouvelle cargaison du carburant mauvais sur le marché. Le Ministère du commerce et de l’industrie (MCI), le Bureau de monétisation des programmes d’aide au développement (BMPAD) et les autres instances compétentes sont tenus de vérifier la qualité de l’essence en question et publier les résultats des analyses de conformité avant sa mise en vente sur le marché, insiste Anderson Desroches.
Depuis la mi-septembre 2026, une crise majeure résultant de la distribution d’un carburant de mauvaise qualité sévit en Haiti. Après s’être approvisionnés dans des stations-d’essence des chauffeurs ont signalé des pannes majeures dans leurs véhicules. Des moteurs ont subi de graves avaries. Le carburant mis en cause a attaqué le système d’alimentation, endommagé les réservoirs, les filtres, les injecteurs et les cylindres des moteurs, se rappelle-t-on.
Les victimes de la dernière cargaison du carburant attendent réparation de l’État pour les préjudices causés par le carburant indexé. Dans une communication l’organisation de la société civile, l’Ensemble contre la corruption (ECC) avait interpellé l’Office de la protection du citoyen (OPC) pour centraliser les plaintes des usagers et les accompagner dans des démarches en réparation. Aucune suite n’a été accordée, le marché du carburant fonctionne dans une totale opacité, ont dénoncé des organisations syndicales.
Hervé Noël

