CE QUE JE PENSE
JOSEPH MÉCÈNE JEAN LOUIS, UN GRAND PATRIOTE
Par Pierre Robert Auguste
On n’est pas grand quand on traverse les sillons de la vie à la recherche des froufrous de la vanité ; quand on se perd dans le reniement social, prenant son milieu d’arrivée pour son milieu d’origine , essayant d’en tirer une fierté distinctive factice, ou une fausse identité grégaire. L’identité de l’homme c’est l’homme lui-même.
Joseph Mécène Jean Louis est né le 6 mars 1949 à ka-la ville, 3e section de Marchand, à l’origine Marchand-la ville, ensuite Marchand-Dessalines. Venu aux Gonaives pour ses études, il caracolait à tous les classements de son parcours académique. Il affronta tous les quolibets malicieux, en restant volontairement paysan de Marchand, citadin des Gonaives ou l’homme de Raboteau comme moi et toute cette génération marquée par les Ricot Simon, les Gérald Guillaume, les Hubert Surena, Franklin Cherilus, les Lionel Sterling. Mécène fut aussi un régionaliste de l’Artibonite.
Vers la fin des années 60 ou au début des années 70, il s’était mêlé à un incident social qui exposa notre conscience à la vivacité du problème épidermique. Estampillé certes, il n’en a pas tenu rigueur. Libre de rancunes, son esprit évoluait vers l’harmonisation des sentiments,des intérêts autour de ce qui doit être juste, conciliable ,humain, altruiste.
Comme inspecteur du SNEM ( Service national d’éradication de la malaria) , son premier emploi et comme fonctionnaire de la justice et de l’enseignement public ( secondaire et universitaire) jusqu’à son apogée à la Cour de Cassation, il a été guidé par cette philosophie combinée du dessalinisme , des idées de 1946 à un ingrédient personnel d’humanisme nationaliste.
Il était rendu incontournable par le travail souterrain efficace d’une équipe inquiète de la disparition possible du pays. Il y a lieu de saluer la solidarité sociale des Evens Paul, Anthony Virginie St Pierre, Fignolé St Cyr, Robens Jean ,Wednor Noël, Victor Benoît, Jean André Victor, Turneb Delpe, Charles Irénée Altidor, Charden Bellora Charles, Jacky Jean Noël, Edner Pierre, Serge Jean Louis etc.
Ceux qui se sont résignés ,le 7 février 2021, à annoncer le choix de Joseph Mécène Jean Louis pour assumer la présidence provisoire de la République m’ont paru dès le lendemain y renoncer sans bruit ni trompette. Incapables de s’entendre,ils se battaient pour accaparer tout le pouvoir. La lutte mesquine les a eus et les as perdus, alors que pour le président désigné et son équipe,les priorités étaient de moraliser la vie politique,normaliser l’État, humaniser l’économie, rétablir la dignité et l’autonomie nationales, imposer la fraternité humaine et la solidarité sociale, créer des pôles de développement dans les départements. Des deux groupes, l’un était sûrement en porte-à-faux
A la suite de promesses tenues sans garantie à des diplomates par des riches commettants, un groupe de politiciens,sans doute familiers de l’indécence sont venus proposer à Me Joseph Mécène Jean Louis de déclarer solennellement renoncer à la présidence provisoire pour permettre de soumettre le choix d’un premier ministre au président de la République M Jovenel Moïse. Celui-ci acceptera de se retirer quelques mois après et laisser le premier ministre organiser tout seul les élections. La réponse fut péremptoire. Pas question de déclaration solennelle ni d’obstacles à toute solution pour tirer le pays de l’impasse. Et l’avertissement fut prophétique. Il est plus facile pour un président de diriger le pays sans premier ministre qu’un premier ministre sans le président de la République. Le pays pourrait disparaitre.
C’est cette disparition du pays qui s’est enclenchée sous Didier avec la complicité de commis politiques. C’est cette disparition que voulait éviter Me Joseph Mécène Jean Louis dont le patriotisme, le sens du sacrifice lui confèrent une grandeur exceptionnelle. Il avait hésité à accepter cette douloureuse et difficile mission. Il l’a acceptée, il a été trahi. Ceux qui l’ont trahi courent à leur perte aujourd’hui et tuent le pays de nos ancêtres. Mécène Jean Louis n’a jamais maugréé. Il m’a dit un jour comme feu Estimé : heureux mécompte. Le politicien haïtien est aussi méchant que le Scorpion. Il se mord lui-même sa propre queue. Depuis il a passé cinq ans à souffrir de la dégradation du pays, plaindre en son âme la prévarication, l’insouciance, l’irresponsabilité,la cupidité des dirigeants du pays, s’apitoyer sur l’esprit criminel qui étend son fléau aux confins du pays.
L’esprit de Mécène Jean Louis s’est éteint. Il reste la lumière sur le chemin du retour aux sources de la réhabilitation entre le dessalinisme des idées purifiées de 1946 et d’un nouvel humanisme nationaliste qui met toujours en avant la prééminence de l’humanité universelle. Ainsi j’ai grandi avec Mécène Jean Louis, un patriote extraordinaire, nourri de l’esprit dessalinien, des idées de 1946, et de son humanisme nationaliste
Gonaives le 7 octobre 2026
Pierre Robert Auguste

