La lauréate du prix Nobel de la paix Navi Pillay a dénoncé mercredi les sanctions imposées par l’administration de Donald Trump à la Cour pénale internationale (CPI), les qualifiant d’illégales et accusant Washington de pratiquer une justice à géométrie variable.
Dans un entretien accordé à l’Agence France-Presse (AFP), l’ancienne Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme a exhorté le président américain à consulter ses conseillers juridiques sur le droit international et l’indépendance des juridictions internationales.
Les mesures américaines visent la CPI, dont les décisions ont provoqué la colère de Washington, notamment après la délivrance d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour des crimes présumés commis dans la bande de Gaza.
Navi Pillay a dénoncé le contraste entre cette hostilité et le soutien apporté par de précédentes administrations américaines au mandat d’arrêt émis par la Cour contre le président russe Vladimir Poutine. Elle y voit une politique de « deux poids, deux mesures ».
Selon les informations rapportées par l’AFP, les sanctions doivent affecter les infrastructures technologiques et les opérations bancaires de la juridiction internationale, avec une entrée en vigueur prévue dans six mois.
Présidente de la Commission d’enquête internationale indépendante de l’ONU sur les territoires palestiniens, Navi Pillay a également réagi aux attaques personnelles de responsables israéliens après l’annonce de sa récompense Nobel. Elle a qualifié ces propos de blessants et d’insultants.
Âgée de 85 ans, la juriste sud-africaine a reconnu que son âge pourrait limiter ses déplacements, mais affirme rester convaincue que les responsables présumés de crimes internationaux devront un jour répondre de leurs actes devant la justice.
Elle envisage par ailleurs de consacrer une partie des 12 millions de couronnes suédoises associés au prix à des initiatives éducatives en Afrique du Sud.

