Le Fonds humanitaire pour Haïti, géré par les Nations unies, a annoncé lundi l’allocation de 75 millions de dollars supplémentaires pour répondre aux besoins urgents de 507 000 personnes touchées par les violences armées et les déplacements de population.
Ces financements doivent soutenir dix projets dans 28 communes prioritaires des départements de l’Ouest, du Centre et de l’Artibonite. L’aide prévoit notamment la distribution de nourriture et d’eau potable, des soins médicaux et des abris d’urgence, ainsi que des mesures de protection pour les femmes et les enfants.
Selon les données humanitaires citées par l’ONU, 6,4 millions de personnes ont besoin d’assistance en Haïti, tandis que près de six millions sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë. Les violences ont provoqué le déplacement de près de 1,5 million de personnes, dont la moitié au cours des dix-huit derniers mois.
Les fonds doivent également financer la prise en charge des victimes de violences sexuelles, le traitement des enfants souffrant de malnutrition aiguë et l’accompagnement des personnes handicapées. Une enveloppe de 4,5 millions de dollars est réservée à un mécanisme de réponse rapide en cas de nouvelles violences ou de déplacements soudains.
Trois consortiums d’organisations non gouvernementales haïtiennes, nationales et locales, recevront directement une partie des financements. L’ONU affirme vouloir renforcer leur rôle dans la coordination et la mise en œuvre de l’aide, notamment dans les zones difficiles d’accès.
Malgré ces annonces, les besoins restent largement supérieurs aux ressources disponibles. Le plan humanitaire pour Haïti en 2026 nécessite 880 millions de dollars et n’était financé qu’à 49 % au moment de la publication. Depuis janvier, le Fonds humanitaire indique avoir alloué 203,6 millions de dollars à ce plan.
La coordonnatrice humanitaire de l’ONU en Haïti, Nicole Kouassi, a appelé les donateurs à maintenir leur soutien face à la dégradation des conditions de vie et aux perturbations des services essentiels.

