Les conflits armés, la flambée des prix et les inégalités économiques alimentent les mouvements de contestation dans le monde, a averti jeudi le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, appelant à ne pas dissocier les manifestations de rue des crises internationales.
« Nous devons faire le lien », a-t-il exhorté, soulignant que la hausse des prix de l’alimentation, des carburants et des produits essentiels accentue les difficultés des ménages, notamment dans les pays les plus vulnérables.
Alors que des mobilisations secouent plusieurs pays européens, dont la France, l’Italie et le Portugal, le chef de l’ONU a appelé à distinguer les violences des revendications exprimées pacifiquement. Les auteurs de destructions doivent répondre de leurs actes, a-t-il estimé, mais ces débordements ne doivent pas occulter les griefs sociaux de nombreux manifestants.
Pour illustrer les répercussions mondiales des conflits, M. Guterres a évoqué un « El Niño de la guerre », estimant que les affrontements provoquent des effets en chaîne bien au-delà des zones de combat. Les perturbations des marchés de l’énergie, des routes maritimes et des chaînes d’approvisionnement peuvent ainsi renchérir le coût de la vie à des milliers de kilomètres des fronts.
Du Moyen-Orient à l’Ukraine et au Soudan, les destructions d’infrastructures et les difficultés d’acheminement de l’aide aggravent les crises humanitaires. Ces chocs frappent particulièrement les populations déjà confrontées à la précarité, tandis que les États lourdement endettés disposent de marges limitées pour protéger leurs citoyens.
« La guerre ne crée pas toutes ces inégalités. Mais elle les alimente et les exploite », a dénoncé le secrétaire général, qui a également critiqué la concentration des richesses et du pouvoir économique.
M. Guterres a enfin souligné le contraste entre les dépenses militaires mondiales et les besoins humanitaires. Selon lui, le Programme alimentaire mondial a besoin de 450 millions de dollars pour soutenir pendant six mois les populations de Gaza et de Cisjordanie, une somme qu’il a comparée à environ 90 minutes de dépenses militaires mondiales.

