23 octobre 2026
France : 70 000 policiers et gendarmes mobilisés pour une nouvelle journée de manifestations
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France : 70 000 policiers et gendarmes mobilisés pour une nouvelle journée de manifestations

Quelque 70 000 policiers et gendarmes seront déployés samedi en France pour encadrer une nouvelle journée de manifestations, après les violences qui ont marqué les rassemblements du 17 octobre, a annoncé vendredi le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez.

Les autorités font état de nombreux appels à des actes de violence et à des pillages sur les réseaux sociaux. La mobilisation doit réunir des lycéens et des manifestants opposés à la hausse du coût de la vie, dans un contexte de tensions sociales persistantes.

Les effectifs annoncés dépassent les 60 000 membres des forces de l’ordre mobilisés le 17 octobre, journée durant laquelle les manifestations avaient rassemblé entre 550 000 et 800 000 personnes, selon les chiffres rapportés par l’Agence France-Presse.

Le président Emmanuel Macron a reçu vendredi une vingtaine de représentants des organisations lycéennes à l’Élysée. Après trois heures d’échanges, les participants ont indiqué que leurs revendications restaient largement insatisfaites, tout en faisant état de promesses concernant la plateforme d’orientation Parcoursup et la démocratie scolaire.

Nathanaël Combary, président du conseil d’administration du syndicat Renouveau lycéen, a appelé à poursuivre la mobilisation. Les organisations doivent rencontrer le premier ministre Sébastien Lecornu lundi.

Le gouvernement maintient parallèlement une ligne ferme face aux violences. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a indiqué que 217 personnes avaient été incarcérées parmi les quelque 2 700 personnes placées en garde à vue après les troubles du week-end précédent. Environ 3 000 commerces avaient été touchés par les violences et les pillages.

Des restrictions contestées

Les manifestations de samedi seront soumises à des restrictions. À Paris, un seul cortège est autorisé et son parcours a été modifié par la préfecture, une décision dénoncée par l’intersyndicale. À Lyon, le centre-ville sera interdit aux manifestants. À Marseille, un rassemblement a finalement reçu l’autorisation de se tenir après une interdiction initiale.

La France insoumise a dénoncé une « fuite en avant autoritaire », accusant l’exécutif de restreindre les libertés publiques. Le gouvernement justifie ses mesures par les risques de nouveaux débordements.

Le congrès du Rassemblement national, prévu samedi et dimanche à Orléans, constitue un autre point de tension. Entre 20 000 et 30 000 opposants au parti d’extrême droite sont attendus samedi, tandis que près de 3 000 membres des forces de l’ordre doivent être mobilisés.

Plusieurs rencontres sportives ont également été reportées à la demande des préfectures, dont le match de Ligue 1 entre le Paris Saint-Germain et Lyon.

Une crise aux répercussions économiques

La contestation intervient alors que le gouvernement prépare un budget contraint par la dégradation des finances publiques. Les partis de gauche réclament des réponses sur les salaires, l’éducation, le pouvoir d’achat et les services publics.

Dans le même temps, les inquiétudes des investisseurs concernant la situation politique et budgétaire française alimentent les tensions sur les marchés obligataires. Selon les informations rapportées par l’AFP, le rendement de la dette française à dix ans a dépassé 5 %, un niveau inédit depuis 2002.

Une éventuelle dégradation de la note souveraine de la France par Moody’s était également attendue vendredi soir, ce qui pourrait accroître les coûts d’emprunt de l’État.

À six mois de l’élection présidentielle, les autorités cherchent ainsi à prévenir de nouvelles violences, tandis que les revendications sociales et les critiques contre la gestion gouvernementale continuent d’alimenter la crise.

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