SPRINGFIELD (Ohio), 14 octobre 2026 (Rezo Nòdwès). – Les autorités américaines de l’immigration (ICE) ont commencé à réduire le recours aux bracelets électroniques imposés à des ressortissants haïtiens de Springfield, dans l’Ohio, au profit de SmartLINK, une application mobile permettant la surveillance à distance des migrants, selon des informations publiées par Ohio Capital Journal et WOSU Public Media en septembre dernier.
Cette modification des modalités de contrôle intervient après plusieurs semaines de protestations d’organisations communautaires haïtiennes, qui dénoncent le caractère stigmatisant du port de ces dispositifs de géolocalisation. Les responsables associatifs considèrent cette évolution comme une réponse partielle aux préoccupations exprimées par les migrants, sans toutefois y voir un assouplissement général de la politique migratoire américaine.
La controverse s’était notamment intensifiée après la mort de Pierre Damas Bel, étudiant haïtien de 20 ans à Wright State University. Sa famille avait évoqué la détresse psychologique qu’il éprouvait en raison du bracelet électronique imposé par ICE. Aucun lien de causalité médicalement établi entre ce dispositif et son décès n’a cependant été confirmé par les autorités.
Selon Viles Dorsainvil, directeur du Haitian Support Center, plusieurs centaines de ressortissants haïtiens demeuraient soumis au port de bracelets électroniques au moment des témoignages recueillis par la presse locale. D’autres migrants auraient été orientés vers SmartLINK, un système de contrôle numérique permettant aux autorités de procéder à des vérifications à distance, notamment par l’intermédiaire de téléphones portables.
L’utilisation de SmartLINK s’inscrit dans le programme fédéral Alternatives to Detention (ATD), destiné à assurer le suivi administratif de certaines personnes faisant l’objet de procédures migratoires sans recourir systématiquement à leur placement en centre de détention. Ce dispositif ne confère cependant aucun statut légal supplémentaire et n’empêche pas l’exécution éventuelle d’une mesure d’éloignement.
Le département américain de la Sécurité intérieure (DHS) n’a annoncé aucune décision générale supprimant les bracelets électroniques pour les migrants haïtiens de Springfield. Les modalités de surveillance continuent d’être déterminées au cas par cas, conformément aux procédures appliquées par les autorités fédérales.
Cette évolution intervient dans un contexte d’incertitude juridique pour de nombreux ressortissants haïtiens installés dans l’Ohio, particulièrement ceux dont le droit au séjour dépend du statut de protection temporaire (TPS) et des décisions judiciaires concernant son maintien. Pour les organisations communautaires, le remplacement d’un bracelet électronique par une application mobile constitue un changement des conditions de surveillance, mais ne garantit ni la suspension des expulsions ni la régularisation des personnes concernées.
Sources : Ohio Capital Journal ; WOSU Public Media.

