À Port-au-Prince, l’industrie du kidnapping roule à plein régime, pendant les autorités assistent indifférentes l’effondrement de la classe moyenne par faute de solution alternative à ce fléau criminel.
Après vingt-deux jours de séquestration, Wesly Renaud Jean a été libéré ce dimanche 27 septembre 2026 par des bandits de la coalition «Viv ansanm». La nouvelle de la remise en liberté du journaliste a été confirmée par un collaborateur à Radio Télé Métropole. Pour l’instant, il se retrouve dans un lieu sûre, a rapporté un proche du travailleur de la presse.
Deux fortes rançons ont été versées par la famille et les proches de l’otage avant que les bandits décident de le libérer. Le dimanche 20 septembre dernier, une première rançon a été versée, mais le journaliste a été gardé en otage. Insatisfaits du montant versé, les ravisseurs ont refusé de libérer Wesly Renaud Jean, exigeant beaucoup plus d’argent et plongeant ses proches à l’excès.
Dans l’après-midi du samedi 26 septembre 2026, une autre rançon a été payée avant que l’otage soit finalement libéré, rapporte une source proche du journaliste, soulignant un moral affaibli du concerné. Wesly Renaud Jean a vécu une expérience douloureuse et traumatisante. Physiquement diminué, il tentait de s’en remettre de cet épisode malheureux et douloureux. Le véhicule dans lequel il se trouvait au moment du rapt a été confisqué par les bandits, confirme un proche.
Depuis plus de deux mois, la coalition criminelle «Viv ansanm» multiplie les actes d’enlèvement et séquestration contre rançon dans plusieurs communes de la région métropolitaine de Port-au-Prince. La majorité des cas ont été répertoriés dans le secteur de Delmas 31, devenu «zone rouge». Au quotidien des victimes y sont rapportées.
Très peu d’initiative sont engagées par les autorités policières pour contenir les cas de kidnapping à Port-au-Prince et maintenir les bandits hors de service. L’indifférence affichée envers l’inspecteur général James Boyard, membre du cabinet du ministre de la Défense, Mario Andrésol, kidnappé depuis plus de trois mois, est révélatrice d’un État défaillant.
Hervé Noël

