Près d’un enfant sur cinq âgé de 12 à 17 ans utilisant internet dans 21 pays a subi, en une année, au moins une forme d’exploitation ou de violence sexuelle facilitée par les technologies, selon un rapport de l’UNICEF publié jeudi. Cela représente environ 20 millions d’enfants, estime l’agence de l’ONU.
Le rapport Through Children’s Eyes documente notamment l’exposition non désirée à des contenus sexuels, les sollicitations à caractère sexuel et la diffusion d’images intimes sans consentement. L’UNICEF souligne que les données pourraient sous-estimer l’ampleur réelle du phénomène, les victimes signalant rarement les abus.
Les réseaux sociaux constituent le principal environnement dans lequel ces violences sont rapportées. Les plateformes et les jeux en ligne peuvent permettre aux agresseurs d’entrer en contact avec des enfants, notamment grâce à des fonctionnalités favorisant l’anonymat.
Les auteurs ne sont cependant pas nécessairement des inconnus. Le rapport relève également des situations impliquant des personnes que les enfants connaissent.
Les conséquences peuvent être lourdes. Les enfants interrogés décrivent notamment de la peur, de la honte, de l’isolement et une perte de confiance. L’UNICEF relève aussi une association entre les violences sexuelles facilitées par les technologies et une détresse psychologique accrue.
L’organisation appelle les gouvernements et les entreprises technologiques à renforcer la protection des mineurs, les mécanismes de signalement et l’application des lois. Elle insiste également sur la nécessité d’aider les enfants à parler de ce qu’ils subissent sans craindre d’être culpabilisés.
« De nombreux enfants souffrent en silence, sans savoir vers qui se tourner pour obtenir de l’aide », a déclaré la directrice générale de l’UNICEF, Catherine Russell.
L’agence estime que la protection ne peut toutefois reposer uniquement sur les familles : les plateformes, les écoles et les pouvoirs publics doivent également contribuer à rendre les espaces numériques plus sûrs.

