30 septembre 2026
Procès Jovenel Moïse à l’étranger | L’ancien pasteur Christian Sanon plaide non coupable face à huit chefs d’accusation
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Procès Jovenel Moïse à l’étranger | L’ancien pasteur Christian Sanon plaide non coupable face à huit chefs d’accusation

Ancien pasteur baptiste et médecin diplômé en République Dominicaine, Christian Emmanuel Sanon comparaît devant la justice fédérale à Miami dans le dossier de l’assassinat de Jovenel Moïse. Il a plaidé non coupable face à huit chefs d’accusation liés à la conspiration présumée ayant précédé le magnicide du 7 juillet 2021.

MIAMI, 30 septembre 2026 — Christian Emmanuel Sanon, 67 ans, médecin et ancien pasteur baptiste haïtiano-américain, est jugé devant un tribunal fédéral de Miami pour son rôle présumé dans la conspiration ayant abouti à l’assassinat du président Jovenel Moïse, tué le 7 juillet 2021 dans sa résidence privée à Pétion-Ville. Sanon, qui ambitionnait à l’époque d’accéder au pouvoir en Haïti, a plaidé non coupable. Son procès s’est ouvert lundi 28 septembre par la sélection du jury.

Le prévenu fait face à huit chefs d’accusation, dont conspiration en vue de tuer ou d’enlever une personne hors du territoire américain, fourniture présumée de soutien matériel à une telle entreprise et infractions fédérales relatives à l’exportation d’équipements. Plusieurs de ces incriminations peuvent entraîner une peine maximale de réclusion à perpétuité en cas de condamnation.

Selon le ministère américain de la Justice, le sud de la Floride aurait constitué l’un des centres de planification et de financement de l’opération destinée à évincer Jovenel Moïse. Les procureurs soutiennent que Sanon participa, dès avril 2021, à des réunions consacrées à un projet de « changement de régime » et qu’une vingtaine de Colombiens ayant une formation militaire furent recrutés initialement pour assurer sa sécurité et soutenir l’opération. Les autorités fédérales affirment également que des armes, des munitions, des équipements tactiques et des gilets balistiques furent recherchés ou acquis au cours de la préparation.

L’accusation lui impute notamment sa participation à l’expédition de 20 gilets balistiques depuis la Floride vers Haïti, sans les autorisations d’exportation requises. Les équipements auraient été déclarés sous une désignation trompeuse. Le ministère américain de la Justice affirme par ailleurs que les plans initiaux prévoyaient l’arrestation ou l’enlèvement de Moïse avant que la conspiration ne prenne une orientation meurtrière.

Le parcours de Sanon ajoute une dimension singulière à ce dossier. Les archives de la Florida Baptist Historical Society indiquent qu’il fut directeur du Haitian Church Planting Department de la Florida Baptist Convention et auparavant pasteur d’une église baptiste francophone à St. Louis, dans le Missouri. Le document biographique mentionne également une formation médicale en République dominicaine.

Le procès intervient au moment où la procédure américaine relative au magnicide connaît une nouvelle extension. Plus de 40 personnes ont été poursuivies aux États-Unis en relation avec l’assassinat et plusieurs ont déjà été reconnues coupables. Le 21 septembre, les autorités américaines ont en outre annoncé le transfert vers Miami de 18 nouveaux prévenus en provenance d’Haïti, parmi lesquels Joseph Félix Badio et 17 ressortissants colombiens.

Sanon bénéficie, comme tout accusé devant une juridiction fédérale américaine, de la présomption d’innocence tant qu’une culpabilité n’a pas été établie au-delà de tout doute raisonnable. Ses proches ont publiquement contesté les accusations depuis son arrestation, affirmant qu’il aurait été entraîné dans une opération dont il ne maîtrisait pas la finalité criminelle.

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