NEW YORK, lundi 21 septembre 2026 — Carole Demesmin, figure historique de la chanson haïtienne, se retrouve au centre d’une communication politique soigneusement orchestrée par la Primature en mal de publicité. Un communiqué publié le 20 septembre, intitulé « Au cœur de la diaspora, la voix éternelle de Carole Demesmin », présente sa participation à une rencontre avec Alix Didier Fils-Aimé comme un événement culturel. Mais une interrogation accompagne cette célébration officielle : l’artiste apporte-t-elle son soutien politique au chef du gouvernement ou sa présence est-elle exploitée par les services de communication de la Primature ?
Le communiqué multiplie les hommages à celle qu’il qualifie de « grande dame de la culture haïtienne » et de « figure emblématique de la musique nationale ». Il insiste sur son rôle dans la préservation du patrimoine culturel, sans préciser la nature de ses échanges avec le Premier ministre ni rapporter la moindre déclaration politique de l’intéressée. La présence de Carole Demesmin est établie par la communication gouvernementale ; son adhésion au pouvoir, elle, ne l’est pas.
La séquence intervient au cours d’un déplacement diplomatique consacré officiellement à la sécurité et aux élections. La rencontre organisée par le Consulat général d’Haïti était soumise à des invitations non transférables, selon les informations publiées par Rezo Nòdwès. La Primature ne fournit aucun bilan de représentativité de cette réunion présentée comme un dialogue avec la diaspora.
Pourquoi accorder une communication particulière à une personnalité artistique plutôt que de rendre compte des préoccupations exprimées par les participants ?
Une icône culturelle peut-elle devenir, malgré elle, la caution symbolique d’un gouvernement contesté ?

