8 septembre 2026
La CARICOM est-elle devenue un facteur d’instabilité politique en Haïti ?
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La CARICOM est-elle devenue un facteur d’instabilité politique en Haïti ?

Au lieu de contribuer à une véritable sortie de crise en Haïti, la CARICOM donne aujourd’hui l’impression de s’engager dans une logique qui risque de maintenir le pays dans l’instabilité politique.

Chaque nouvelle proposition de transition ou de changement de pouvoir soulève une question fondamentale : comment construire un pays stable sans un gouvernement stable ?

Haïti a besoin de stabilité institutionnelle, de sécurité et d’un processus électoral crédible. Les élections ne peuvent évidemment pas être organisées dans n’importe quelles conditions, mais la réponse ne devrait pas consister à maintenir indéfiniment le pays dans des arrangements politiques provisoires.

Le décret électoral doit être révisé

L’une des priorités devrait être la révision du décret électoral actuellement en vigueur. Certaines de ses dispositions sont contestées et soulèvent des questions quant à leur conformité avec la Constitution. Lorsqu’un texte électoral est considéré comme contraire à la Constitution, il doit être corrigé avant que les élections ne soient organisées sur cette base.

La CARICOM devrait donc encourager le gouvernement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, le CEP et les différents acteurs politiques à engager un véritable dialogue sur le cadre électoral, afin de corriger les dispositions problématiques et de parvenir à un texte conforme à la Constitution.

L’objectif devrait être clair : créer les conditions de sécurité et un cadre juridique crédible permettant au peuple haïtien d’aller aux urnes.

Haïti ne peut pas vivre dans une transition permanente

Le problème fondamental est que chaque nouvelle crise politique semble conduire à l’idée d’une nouvelle transition. Pourtant, une transition supplémentaire ne garantit pas automatiquement la stabilité.

Au contraire, la répétition des transitions risque d’affaiblir davantage les institutions et de repousser encore la possibilité pour les citoyens de choisir leurs dirigeants par la voie des urnes.

La CARICOM devrait donc jouer un rôle de facilitateur du dialogue et de la stabilité, plutôt que d’être perçue comme un acteur des luttes politiques internes.

Il est légitime de demander aux autorités haïtiennes des résultats en matière de sécurité, de gouvernance et de préparation électorale. Mais il est tout aussi légitime de demander aux partenaires internationaux de respecter la souveraineté institutionnelle d’Haïti et d’encourager une solution durable.

Quelle responsabilité pour la CARICOM ?

La question mérite d’être posée ouvertement : la CARICOM contribue-t-elle réellement à la stabilisation d’Haïti, ou ses différentes interventions politiques risquent-elles de prolonger l’incertitude ?

Les partenaires internationaux devraient aider Haïti à sortir de la transition, et non contribuer à créer les conditions d’une nouvelle transition.

Haïti doit pouvoir construire ses propres institutions, corriger son cadre électoral, améliorer la sécurité et organiser des élections crédibles.

Haïti n’a pas besoin d’une transition permanente. Haïti a besoin d’un cadre constitutionnel respecté, d’un gouvernement stable, de sécurité et d’élections permettant au peuple de choisir librement ses dirigeants.

C’est dans cette direction que la CARICOM devrait concentrer ses efforts.

Alceus Dilson
alceusdominique@gmail.com

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