PORT-AU-PRINCE, 3 septembre 2026 — Le Premier ministre de doublure Alix Didier Fils-Aimé et le ministre de facto de la Défense et ancien responsable de la sécurité nationale, Mario Andrésol, ont-ils été informés que des groupes armés opérant à Kenscoff disposeraient de drones technologiquement plus avancés que ceux utilisés par les forces gouvernementales ? C’est ce qu’affirme un ancien parlementaire, selon lequel ces appareils survolent la commune afin d’observer les déplacements, surveiller les positions et anticiper les opérations des forces de sécurité.
Selon plusieurs informations rapportées sur leurs moyens de communication, certains gangs bénéficieraient également d’un accès à Internet par satellite, leur permettant de maintenir leurs communications indépendamment des infrastructures terrestres.
À Kenscoff, où plusieurs dizaines de personnes ont été tuées lors des violences de la fin août, des habitants affirment ne constater aucun changement sécuritaire majeur malgré la « riposte ferme » annoncée par le gouvernement après le carnage.
Plus d’une semaine après ces déclarations, aucune opération décisive publiquement documentée n’a encore permis d’établir que les groupes responsables ont été neutralisés ou que leurs capacités technologiques ont été démantelées.
La commune enterre désormais ses morts dans un climat de frustration, tandis que certains otages ont retrouvé la liberté à la suite d’interventions attribuées à des religieux, sans que les circonstances précises de leur libération — notamment l’éventuel versement de rançons — soient publiquement établies.
Parallèlement, Kenscoff doit, selon les annonces gouvernementales, rouvrir les portes de ses écoles lundi prochain, dans un environnement où les garanties de sécurité restent fortement contestées. Une décision qui alimente les critiques visant un exécutif accusé, depuis près de vingt mois, de « mettre la charrue avant les bœufs », en annonçant des reprises d’activités avant d’avoir rétabli un contrôle sécuritaire effectif. Comment, dès lors, parler de « riposte ferme » si les gangs conservent leurs hommes, leurs moyens de communication, leurs capacités de surveillance aérienne et la faculté d’observer une commune que l’État affirme vouloir normaliser ?

