13 septembre 2026
CLAUDE JOSEPH ENCORE VIRÉ (as always…)
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CLAUDE JOSEPH ENCORE VIRÉ (as always…)

Définitivement, la compagnie « Chomeko » ne chôme pas. Elle est constamment à pied d’œuvre pour accueillir de nouveaux membres. Et de fait, elle vient tout juste de recevoir une nouvelle recrue : Claude Joseph.

En effet, au cours de la semaine écoulée, le titulaire du ministère des Affaires louches (entendez par-là Affaire étrangères)  s’est retrouvé sur le béton, sans emploi, « deux bras balancés ».

Derrière cette révocation, la version officielle fait croire qu’il s’agit d’un « remaniement ministériel », mais derrière les rideaux, tout le monde sait que la tête de « Ti Claude » a été demandée par le « parrain ».

La société des têtes rasées n’a qu’une seule devise : l’argent ou le plomb. L’argent quand on obéit à la loi de l’omerta (bouch manje tout manje men l pa pale tout pawòl) et le plomb lorsqu’on ne se montre plus loyal. Ti Claude peut s’estimer chanceux de ne pas avoir fini comme son ancien patron, Apredye.

Si se baigner aux sources puantes de Titanyen avait vraiment les prétendues vertus que la croyance populaire leur attribue, on conseillerait à Monsieur Joseph de s’y rendre pour prendre un bain rituel, afin d’enlever cette déveine qui le frappe ces jours-ci.

En effet, tout ce que Claude Joseph entreprend se retourne contre lui. En moins de cinq mois, l’intéressé a été remercié non pas une fois, mais à deux reprises. D’abord viré de la tête de la Primature par «Jomo », il pouvait au moins se contenter du portefeuille de la Chancellerie après la mort de celui-ci. Mais voilà, on a décidé de lui arracher de la bouche celui-là aussi, quatre mois plus tard. Comment peut-on lui faire ça, à lui qui a tout tenté pour donner deux béquilles à la diplomatie cul-de-jatte haïtienne ?

C’est d’autant plus vexant que, parmi ces nouveaux ministres, il y en a qui sont cités comme faisant partie de ceux qui ont dérobé le beurre et l’argent du beurre. Des « doigts longs » tout court.
Claude Joseph est fou de rage ! Il misait tant sur ce portefeuille pour remplir son porte-monnaie. Ce limogeage a tout fait basculer. Ses projets ont bu de l’huile. Il se disait que, pourvu qu’il soit titulaire du ministère des Affaires louches, il n’avait guère besoin d’une grande ossature pour être visible.

La vérité est que Claude Joseph se montrait trop bruyant, trop ostentatoire, et ce, à son propre péril. Car les sociétés mafieuses n’admettent qu’un seul boss.
Durant son passage à la Chancellerie, « Ti Claude » multipliait les voyages. Ses pérégrinations l’ont conduit jusque dans la tanière du Vatican. Pour y chercher Dieu ? De l’absolution pour ses quatre cents petits coups ? Quoi qu’il en soit, Monsieur Claude a enfreint ce conseil salutaire de notre immortel Maurice Sixto : « Chen fè rèv li, li ret nan kè l ».

En effet, voulant se catapulter coûte que coûte au-devant de la scène, Claude Joseph faisait feu de tout bois. Car, de toute évidence, il voulait se relever de sa disgrâce.
Désespéré Ti Claude a tenté un dernier coup de poker, en essayant d’exacerber le sentiment anti-dominicain qu’il sait présent chez la quasi-totalité des Haïtiens. Mais, mal lui en prit : il s’est lancé dans un bras de fer avec la République dominicaine qui l’a rendu manchot.

Se référant à la mise en garde du département d’État à l’endroit des touristes américains sur les dangers potentiels qu’ils encouraient en République dominicaine, Claude Joseph avait repris ces propos. Son but était de faire comprendre à ces Dominicains, qui se croient sortis de la cuisse de Jupiter, que le problème de l’insécurité n’est pas seulement l’apanage des Haïtiens, mais qu’il les ronge autant que nous. Cette petite claque a eu l’effet d’une bombe !

Abinader a vu en ces propos une sorte d’affront fait à son peuple, surtout venant d’un pays aussi faible que son voisin.
Les sanctions n’ont pas tardé à déferler sur Haïti : suspension des visas pour nos étudiants ainsi que le ralentissement du commerce informel. Tout cela parce que « Ti Claude » ne comprend pas quand il faut tenir sa langue en bride.

Mais, coup de théâtre : loin de soutenir son chancelier, Ariel Henry a plutôt délégué un émissaire pour aller quémander l’indulgence des Dominicains.
Claude Joseph est donc isolé et calciné politiquement. Depuis, notre remuant « diplomate » n’est plus le même homme. Comme quelqu’un souffrant du syndrome du larron, Ti Claude garde un profil très bas. Des rumeurs font même croire qu’il se serait rendu en République dominicaine afin de présenter des excuses en personne à Abinader.

Pauvre type, il voulait marquer des points sur le plan national mais, de toute évidence, c’est l’effet boomerang qui s’est produit.
Une certaine frange de la mouvance du PHTK qui, de toute évidence, l’exècre, en a profité pour lui botter le cul.
Les mauvaises langues disent que le Premier ministre actuel a le gosier en pente. On ne peut qu’imaginer l’ambiance festive qui a régné à la Primature pour s’être enfin débarrassé de son adversaire. Car il n’est un secret pour personne que les deux hommes se détestent.
Ils ont collaboré tant que le boss le permettait.

Pour comprendre l’origine de la dent qu’Ariel a contre « Ti Claude », il faut remonter aux événements du 7 juillet dernier.
À la mort de Jovenel, Claude Joseph, qui assurait alors l’intérim à la Primature, n’entendait pas lâcher prise. La proie était trop belle. Fort du soutien de « Titine » et de certains ministres de son cabinet, il se considérait comme l’héritier présomptif du trône.

Ses ambitions allaient même au-delà de la Primature puisqu’il voulait faire appliquer l’article 149 de la Constitution qui lui conférerait la fonction bicéphale de président et de Premier ministre.
Il a fallu l’intervention de l’Oncle Sam pour épousseter Monsieur Claude qui, selon toute vraisemblance.

Ce n’était donc pas de gaieté de cœur qu’Ariel Henry acceptait la présence de Claude Joseph dans son gouvernement. Il y a été contraint par la force des circonstances.
Une façon pour le Premier ministre de facto, neurologue de son état, d’apaiser les esprits. Surtout ceux de la veuve éplorée, qui est entrée dans un partenariat suspect avec Ti Claude.

L’incident diplomatique n’est qu’un faux-fuyant pour se débarrasser d’un chancelier qu’on considère comme une vermine.
Mais attention, tout n’est pas encore joué. En dehors du pouvoir, Claude Joseph qui, en 2004, n’avait pas hésité à dégainer son revolver à la suite d’un différend pécuniaire avec Gary Bodeau, n’a pas encore dit son dernier mot.
Ambitieux, il se prépare sans doute à fourbir ses armes pour prendre sa revanche.

La rebuffade est trop sévère pour qu’il reste dans son mutisme. La vengeance est un plat qui se mange froid, dit-on.
Ayant des connexions au sein de la police, sans parler de quelques alliés qu’il peut s’enorgueillir de posséder depuis son passage à la primature, je peux parier mes deux poches vides que la rivalité entre ces deux hommes ne fait que commencer. Qui vivra verra.

Professeur, Ducasse Alcin.

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