« Que mon âme respire » est un poème en libre circulation du poète Gary S. DANIEL, publié en avril 2024 à New York, aux États-Unis.
Depuis le jour où j’ai découvert ce poème sur la route, je me suis dit : « Waouh, quelle pépite ! », pour reprendre les mots des enfants de l’an 2000.
Plusieurs éléments me font apprécier ce poème : les traces des variations régionales de la langue créole dans le Nord, le beau jeu de mots du titre, l’imagerie colorée et la musicalité qui imprègne l’ensemble de l’œuvre.
Dès le premier vers qui ouvre le débat sur le poème, il affirme également que cette œuvre trouve ses racines sous la plume d’un créateur qui, soit vient du Nord, soit a décidé d’intégrer à sa poésie les accents et les variations linguistiques régionales du Nord : « Le son du silence transperce le cœur de l’âme. »
C’est dans la même logique que Gary écrit : « Maillon après maillon, mon âme est enchaînée. » Sans passer par un chemin tout tracé, c’est le langage des gens du Nord, ma terre natale.
D’un autre côté, le titre du poème recèle un jeu de mots subtil. À lui seul, il nous invite à réfléchir : « May souf amm ». Si l’on s’en tient au titre, on pourrait comprendre le jeu de mots, « may sou fanm », c’est-à-dire les personnes qui donnent du courrier aux femmes, qui leur mentent, celles qui cherchent à obtenir des faveurs des femmes. Cependant, la lecture du poème nous offre une autre interprétation : « may souf amm ».
Dans cette œuvre, un poète joue avec son souffle à la manière de Messi (le plus grand footballeur de tous les temps) qui décide de faire ce qu’il veut de son ballon. Au passage, je vous rappelle que Gary S. Daniel est un poète qui a inventé une technique et un style uniques dans la poésie créole. Je citerai : « Poezi gol, foubol lavi, etc. » Tous les livres de Gary sont disponibles sur Amazon.
Mais dans ce poème, il y a deux (2) vers qui m’intéressent le plus :
« Touche les syllabes des nuages bleus du ciel
« Oralanti »
« Tu me rends belle dans le poème »
Tes deux pieds suffisent à remplir l’univers. C’est un poème qui purifie les ailes. C’est un poète qui crache du feu. On dirait un homme, une bière Waka à la main, traversant la commune de Pomago.
Gary S. DANIEL n’est pas facile à trouver dans ce registre : poèmes d’amour, en l’occurrence, Nèg Gonbolyen gagne un pari du passé.
La capacité du poète à créer des images de l’inconnu nous invite à monter sur scène et peut-être, un jour, à présenter cette même poésie dans un cabaret à nos êtres chers.
Boutofen, lorsque nous aurons terminé ce texte, nous comprendrons que « May souf amm » est un poème saisissant, une cloche annonçant une nouvelle saison, peut-être un nouveau registre sur lequel Gary S. DANIEL travaillait secrètement…
Iléus PAPILLON
Coordinateur HAÏTI READS
Président du Salon du Livre et des Arts du Grand Nord
N.B. : Illustration. Image partagée par l’auteur.
Le poème :
« Je ne peux plus respirer, ma chère ! »
Le silence me transperce le cœur.
effondrer le plafond de carton du bonheur
sous la douce feuille de tolalito
Amour, eau et corps mélangés
glisse, emmène-moi au sommet de la montagne déserte
dans le langage des sucettes
Sous le sablier du couloir Mando, à l’arrière
toucher syllabe nuages ciel bleu oralanti
coudre la loi de l’esprit du cœur
Mon âme est enchaînée, mon souffle ne l’est pas.
Tu me rends belle dans le poème !
Oui ! Toi aussi !
fleurs des quatre saisons de mon existence
dans le jardin fleuri de votre cour paradisiaque
sans mesure
« illimité »
GSD/Gombolinien Guy
Pomona, New York
22 avril 2024


