PORT-AU-PRINCE, lundi 24 août 2026 — Plus d’une vingtaine de personnes ont été tuées à Kenscoff dans la nuit de dimanche à lundi, selon un bilan provisoire rapporté lundi matin par un correspondant de Radio Méga présent dans la commune.
Une vingtaine de cadavres avaient déjà été recensés, tandis que plusieurs secteurs touchés par l’offensive armée des gangs demeuraient encore difficilement accessibles. Le nombre de victimes pourrait donc augmenter au fil des vérifications. Des habitants, selon un agent exécutif intérimaire, auraient notamment été abattus après avoir cherché refuge dans l’enceinte d’une église. Les autorités municipales n’étaient pas encore en mesure, en début de journée, d’établir un bilan définitif des morts, blessés et personnes portées disparues.
L’offensive armée de Viv Ansanm, sans aucune résistance, a atteint le centre-ville avant que des renforts de la Police nationale d’Haïti ne parviennent tard à freiner leur progression et à repousser une partie des assaillants, selon les premières informations recueillies. Un agent de sécurité de la municipalité figure parmi les personnes tuées. L’agent exécutif intérimaire de Kenscoff réclame désormais des opérations précises et des moyens supplémentaires pour empêcher de nouvelles incursions.
Rappel : la commune vit sous la pression des groupes armés depuis janvier 2025 à l’arrivée d’Alix Didier Fils-Aimé a la Primature et de Mario Andrésol à la Sécurité publique. Les Nations Unies ont documenté des massacres, des déplacements de population et l’implantation durable de plusieurs groupes dans cette zone montagneuse stratégique située aux portes de la capitale.
Le carnage intervient moins de vingt-quatre heures après la clôture du forum gouvernemental « Quelle armée pour Haïti ? », organisé du 21 au 23 août au Karibe Convention Center. Le gouvernement de doublure de Fils-Aimé y discutait de sécurité nationale, de capacités militaires et du rétablissement de l’autorité de l’État. Toutefois, quelques heures après les beaux discours consacrés à la reconstruction de l’appareil de défense, une commune déjà éprouvée compte de nouveau ses morts. Cette séquence intervient également alors que les autorités maintiennent la perspective d’élections le 13 décembre 2026, malgré une géographie sécuritaire où certaines populations restent exposées aux offensives armées et où l’État peine encore à garantir une présence permanente.
Kenscoff constitue depuis 2025 l’un des fronts de l’expansion des gangs hors de leurs bastions traditionnels de la région métropolitaine. Les attaques successives y ont déjà provoqué plusieurs dizaines de morts et contraint des familles à abandonner leurs habitations. Le bilan de plus d’une vingtaine de morts annoncé lundi reste provisoire : certaines zones n’avaient pas encore pu être inspectées et le sort de plusieurs personnes, notamment celles qui se seraient réfugiées dans une église, restait à déterminer. Rezo Nòdwès reviendra sur cette information en milieu de journée, lorsque les témoignages recueillis sur place et les données des autorités permettront de préciser l’ampleur du carnage, le énième sous l’administration de Fils-Aimé-Forbin-Andrésol.

