PORT-AU-PRINCE, 27 août 2026 — Quatre jours après le massacre de Kenscoff, plusieurs familles affirment être désormais contactées par des ravisseurs réclamant de fortes rançons pour libérer leurs proches enlevés lors de l’attaque. D’autres parents demeurent sans aucune nouvelle des personnes emmenées par les groupes armés.
Une vingtaine de victimes auraient été exécutées à l’intérieur d’une église du centre-ville, tandis que plusieurs dizaines de personnes auraient été contraintes de suivre les assaillants durant leur repli. Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre par ailleurs des hommes armés menaçant de tuer les otages si la police poursuit ses opérations contre leurs combattants.
Les captifs apparaissent ainsi à la fois comme boucliers humains, instruments de négociation et sources de rançon. Après le carnage, une seconde mécanique criminelle s’installe : les familles endeuillées ou terrorisées doivent désormais affronter l’extorsion, tandis que certaines ignorent encore si leurs proches sont vivants.
Le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé avait pourtant annoncé une « riposte ferme ». Depuis, communiqués, déclarations du ministre de la Justice, conférence du directeur général de la PNH et interventions du porte-parole de la police se succèdent. Mais combien d’otages ont été localisés ? Combien ont été libérés ? Combien de ravisseurs ont été arrêtés ? À Kenscoff, la crédibilité de la « riposte » se mesure désormais moins au nombre de déclarations officielles qu’au nombre de captifs ramenés vivants auprès de leurs familles.

