PORT-AU-PRINCE, 24 août 2026 — Plusieurs personnes ont été tuées lundi matin lors d’une attaque armée contre le centre-ville de Kenscoff, dans les hauteurs de Port-au-Prince, selon l’agent exécutif intérimaire de la commune, qui fait état d’une situation extrêmement difficile sans pouvoir, à ce stade, établir un bilan définitif.
Parmi les victimes figure un agent de sécurité de la municipalité, abattu au cours de l’offensive. Des habitants ont également été atteints par balles lorsque les assaillants ont progressé vers le centre de la commune, selon les premières informations communiquées par les autorités locales. Le nombre exact de morts et de blessés demeurait inconnu lundi matin.
Une première résistance policière n’a pas immédiatement permis d’endiguer l’attaque. Des renforts de la Police nationale d’Haïti (PNH), arrivés ultérieurement dans la zone, ont finalement stoppé la progression des groupes armés et les ont repoussés hors d’une partie du centre-ville, selon les informations recueillies. L’agent exécutif intérimaire a appelé les autorités centrales à engager des « actions concrètes » et des opérations ciblées afin de permettre à la population de « respirer ».
Les violences signalées lundi prolongent une crise sécuritaire installée à Kenscoff depuis janvier 2025. Les Nations unies avaient documenté une attaque de grande ampleur le 27 janvier 2025, au cours de laquelle 31 habitants avaient été tués dans plusieurs localités de la commune, avant d’autres tueries commises pendant le repli des groupes armés. Un rapport onusien ultérieur a également constaté que la faiblesse des effectifs policiers et les difficultés à conserver durablement les territoires repris avaient facilité de nouvelles incursions.
Lundi 24 août, des informations concordantes faisaient état de tirs nourris, d’incendies, de blessés et de déplacements de familles dans plusieurs secteurs de Kenscoff. Une source médiatique locale rapportait également des personnes tuées ou enlevées, tout en précisant que le bilan restait à confirmer officiellement.
Cette nouvelle attaque intervient à moins de quatre mois de la date du 13 décembre 2026, retenue par les autorités électorales pour le premier tour des élections. Elle remet au premier plan la capacité de l’État à garantir la libre circulation des électeurs, la sécurité des centres de vote et l’intégrité matérielle d’un scrutin dans des territoires où l’autorité publique demeure disputée par des groupes lourdement armés.
Le bilan reste provisoire. Un développement suivra au cours de la journée dès que les autorités municipales et policières auront établi le nombre de victimes.

