Récit de voyage/ Belgique
Dimanche 30 août 2026
Paris-Bruxelles : un voyage entre découvertes, dialogue et réflexion
Par : Joël Lorquet, PhD
De Paris à Bruxelles
De Paris à Bruxelles, une journée riche en découvertes et en rencontres — Ce dimanche 30 août 2026, mon voyage de Paris à Bruxelles a été marqué par quelques imprévus, de nouvelles découvertes et surtout une rencontre inattendue avec un chauffeur de taxi somalien, avec qui j’ai eu une conversation riche sur la société, l’identité, l’éducation et les défis de notre époque.
Un départ matinal après une nuit de travail
Dans la matinée du dimanche 30 août 2026, je me suis levé vers 5 heures du matin pour prendre une douche. Je n’avais pratiquement pas dormi de toute la nuit. La veille, j’étais rentré à l’hôtel vers 0 h 30 et, comme j’ai pris l’habitude de rédiger mes récits de voyage en temps réel, au jour le jour, j’avais encore plusieurs textes à terminer.
Après ma douche, je suis descendu à la réception de l’hôtel, au rez-de-chaussée, afin de procéder aux formalités de départ. J’ai demandé à la réceptionniste de m’appeler un taxi. Quelques minutes plus tard, celui-ci est arrivé et m’a conduit à l’aéroport, situé à proximité de l’hôtel, pour la somme de 25 euros. J’ai réglé la course par carte bancaire.
Je me suis ensuite dirigé vers l’aéroport conformément à ma carte d’embarquement, qui m’avait été délivrée depuis Miami.
Une petite mésaventure à l’aéroport
À mon arrivée, je me suis présenté à une première porte d’entrée. Une dame m’a indiqué que je devais plutôt me rendre à la porte située juste à côté. J’ai donc rebroussé chemin et suis pratiquement repassé par le même endroit, derrière elle.
Mais elle m’a alors expliqué que ce n’était toujours pas le bon passage. Une policière, très courtoise, m’a demandé de la suivre afin de vérifier mon itinéraire. Après avoir contrôlé la bonne porte d’accès, elle m’a indiqué le chemin à emprunter.
J’ai alors découvert un long couloir équipé d’un tapis roulant, une installation que je n’ai pas l’habitude de voir dans les aéroports américains. Le tapis roulant montait certaines pentes qui ressemblaient presque à de petites collines, avant de redescendre puis de remonter à nouveau. À un moment, cette succession de montées et de descentes m’a presque donné l’impression de participer à une séance d’apprentissage du ski !
Un changement de porte d’embarquement
Je suis finalement arrivé dans la salle de départ, où le vol devait initialement être embarqué à la porte 58.
Comme il me restait quelques pièces de monnaie et que je n’aime généralement pas conserver de la monnaie dans mes poches, je me suis rendu dans une boutique. J’ai demandé à la vendeuse ce que je pouvais acheter avec le montant dont je disposais. Elle m’a répondu que cela me permettrait d’acheter un croissant et une bouteille d’eau.
C’est donc ce que j’ai fait. Cela m’a permis de me débarrasser des quelques pièces qui me restaient tout en prenant une petite collation avant le vol.
Lors de mes voyages, je préfère toujours arriver suffisamment tôt à l’aéroport. Même lorsque le vol est prévu à 8 h 30, j’estime qu’il est préférable d’être sur place au moins deux heures et demie à l’avance. Les choses peuvent changer rapidement dans un aéroport : portes d’embarquement, contrôles de sécurité, horaires ou autres formalités.
Et, justement, quelques minutes plus tard, les responsables du vol ont demandé aux passagers à destination de Bruxelles de changer de porte d’embarquement et de se diriger vers la gauche, en direction de la porte 51.
Les passagers retardataires auraient facilement pu ne pas être informés de ce changement. C’est pourtant une situation assez fréquente dans les aéroports, car les avions n’utilisent pas nécessairement la porte d’embarquement initialement prévue.
À bord du vol SN3632
Nous avons attendu patiemment et, vers 8 heures du matin, l’embarquement a commencé.
Une agente était chargée de vérifier le poids des bagages à main des passagers. Elle m’a notamment demandé de faire peser mon colis qui contenait plusieurs exemplaires de mon ouvrage consacré à Cazale. Heureusement, le poids était conforme.
J’ai ensuite rejoint la file d’attente. Nous avons patienté assez longtemps, donnant l’impression que l’avion n’était pas encore totalement prêt à accueillir les passagers.
La même agente effectuait continuellement des allers-retours dans le couloir situé entre le point d’entrée et l’avion. Sa démarche était assez vive et ses chaussures produisaient des claquements sonores sur le sol. On pouvait entendre ses pas rapides sur plus d’une trentaine de mètres, chaque fois qu’elle avançait puis revenait. La scène était assez amusante et faisait sourire certains passagers.
Une fois à bord, je n’ai pas pu m’empêcher de faire une observation qui m’a particulièrement marqué.
Le vol SN3632 de Brussels Airlines, à destination de Bruxelles, était assuré par un Airbus A320 pouvant accueillir jusqu’à environ 180 passagers. Ce qui m’a frappé, c’est la forte présence de passagers d’origine africaine ou noire à bord. J’avais l’impression qu’ils représentaient une très importante proportion des voyageurs présents ce matin-là.
Une forte présence africaine à bord
Je ne prétends évidemment pas avoir une explication précise à cette observation. Je me suis simplement demandé si la proportion de personnes d’origine africaine était particulièrement élevée en Belgique et en France, ou si cette impression était simplement liée à la composition particulière des passagers de ce vol.
Cette situation m’a étonné, car ce n’est pas nécessairement une image que j’aurais imaginée il y a une trentaine d’années. La majorité des passagers que j’observais semblaient être originaires d’Afrique ou issus de la diaspora africaine. J’ai également remarqué plusieurs couples mixtes, notamment entre des personnes africaines et des Belges ou d’autres Européens, ce qui témoigne de la diversité croissante des sociétés européennes.
En attendant dans le couloir, j’ai également observé une scène qui m’a quelque peu mis mal à l’aise. Un monsieur africain s’adressait à sa compagne sur un ton assez dur, voire réprobateur. La dame gardait la tête baissée et ne répondait pratiquement pas.
Je ne connaissais évidemment ni leur histoire ni les raisons de cette discussion et je ne pouvais donc pas en tirer de conclusion. Toutefois, le ton employé par l’homme, dans un français parfois difficilement compréhensible, donnait l’impression qu’il réprimandait sa compagne. Cette scène m’a fait réfléchir à la manière dont les hommes et les femmes peuvent parfois communiquer dans un couple et aux différences culturelles qui peuvent exister dans les relations familiales.
De Paris à Bruxelles
Je continuais néanmoins à m’interroger sur la forte présence africaine que j’observais dans cet avion. Même aux États-Unis, je n’avais pas souvent été confronté à une telle concentration de passagers noirs sur un même vol.
Était-ce simplement une coïncidence liée à ce vol particulier ? Était-ce le reflet de la réalité démographique actuelle de la Belgique ? Ou encore une conséquence des mouvements migratoires importants que connaît l’Europe depuis plusieurs années ? Je ne disposais d’aucune donnée permettant de répondre à ces questions.
Une chose était certaine : cette diversité humaine à bord d’un avion reliant Paris à Bruxelles constituait une image intéressante de l’évolution démographique de l’Europe contemporaine.
Nous avons finalement décollé de l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle à 8 h 30. Le vol à bord de Brussels Airlines s’est déroulé dans de très bonnes conditions et le trajet entre Paris et Bruxelles n’a duré qu’environ quarante minutes.
L’arrivée à Bruxelles et la mésaventure avec mes bagages
À la sortie de l’avion, il faut toujours prendre le temps de lire attentivement les panneaux d’indication lorsqu’on ne connaît pas bien un aéroport. On peut facilement se tromper de direction et, au lieu de se rendre vers la récupération des bagages, se retrouver dans une autre section réservée aux passagers qui doivent accomplir certaines formalités d’immigration.
Dans l’espace Schengen, une fois les contrôles d’entrée effectués au premier point d’arrivée, les déplacements ultérieurs entre pays membres se font généralement sans contrôles systématiques aux frontières intérieures.
Je me suis donc dirigé vers la section réservée aux bagages. J’ai récupéré l’une de mes valises, la plus grande, celle qui contenait principalement mes vêtements.
Mais la petite valise qui contenait plusieurs livres, notamment des exemplaires de mon ouvrage publié en 2025, intitulé Cazale, un joyau à valoriser et une histoire à vendre, n’était pas arrivée.
Je me suis immédiatement rendu au service des bagages perdus afin de signaler le problème. La préposée m’a expliqué que ma valise était restée à Paris et qu’elle n’avait pas été embarquée à bord de l’avion comme prévu.
Elle m’a rassuré en m’indiquant que le dossier serait suivi et que la valise pourrait être acheminée directement à mon hôtel dès sa réception.
Cette petite mésaventure était quelque peu frustrante, surtout parce que cette valise contenait des exemplaires de mon ouvrage. Mais il ne me restait plus qu’à patienter.
En route vers mon hôtel
Une fois sorti de l’aéroport, j’ai pris un taxi, comme je le fais généralement lors de mes déplacements, afin de rejoindre mon hôtel situé rue Bodenbroekstraat, dans le centre de Bruxelles.
Le trajet me permettait déjà de découvrir un peu la capitale belge et son environnement urbain, avant de m’installer pour quelques jours dans cette ville où j’étais appelé à participer à une nouvelle expérience professionnelle.
Une conversation inattendue avec un chauffeur somalien
Le chauffeur qui me conduisait était un immigré originaire de Somalie. Au cours du trajet, nous avons rapidement fait connaissance et engagé une conversation spontanée sur une multitude de sujets : le changement climatique, l’alimentation, les modes de vie, la société moderne, la spiritualité, le coût de la vie, l’immigration, l’éducation, l’intégration et la préservation de l’identité culturelle.
Notre échange a commencé par la question du changement climatique.
Mon chauffeur estimait que l’humanité devait aujourd’hui assumer les conséquences de la manière dont elle avait géré la planète pendant des décennies.
— Nous avons décidé de tout gérer à notre manière et maintenant nous devons en payer les conséquences, m’a-t-il expliqué.
Nous avons parlé de la pollution, de l’utilisation excessive des produits chimiques et des changements climatiques. Selon lui, même si certaines personnes refusent encore de reconnaître pleinement la réalité du changement climatique, les conséquences sont désormais visibles à travers les phénomènes naturels qui se multiplient dans différentes régions du monde.
— C’est la réalité. C’est le résultat de la manière dont les êtres humains ont géré la Terre. Nous avons trop de pollution, trop de produits chimiques.
Je partageais en partie son constat. Nous avons ensuite abordé la question de l’alimentation.
Il estimait que l’être humain moderne s’était progressivement éloigné d’une alimentation naturelle.
— Nous devrions manger naturellement, mais nous avons choisi de consommer de plus en plus de produits transformés et de produits chimiques. Et ensuite, nous nous retrouvons confrontés à différents problèmes de santé.
Cette réflexion nous a naturellement conduits à parler de l’évolution des modes de vie.
Nous avons constaté que les nouvelles générations recherchent souvent la rapidité et la facilité.
— Les gens deviennent paresseux, a-t-il lancé.
J’ai acquiescé et nous avons poursuivi cette réflexion.
— Notre génération est devenue trop habituée à la facilité. Les gens veulent tout rapidement. Tout doit être pratique. Ils ne veulent plus faire autant d’efforts.
Nous avons également évoqué le paradoxe de la société moderne : malgré les progrès technologiques et matériels, les populations semblent parfois vivre sous davantage de pression et de stress.
Autrefois, m’expliquait-il, certaines personnes possédaient très peu de biens matériels, mais pouvaient se contenter d’un peu de nourriture et d’un toit pour être heureuses et mener une vie relativement paisible.
Aujourd’hui, nous avons des voitures, des maisons, des téléphones, Internet et toutes sortes de commodités, mais le stress semble avoir considérablement augmenté.
— Le problème, c’est que l’être humain n’est jamais satisfait. Plus il gagne d’argent, plus il veut en avoir, a-t-il observé.
Cette phrase m’a particulièrement marqué.
Nous avons alors abordé la question de la spiritualité. Nous étions tous les deux d’accord sur le fait que, dans une société qui accorde de plus en plus d’importance à la consommation, à l’argent et à la réussite matérielle, l’être humain aurait peut-être besoin de retrouver davantage de spiritualité.
— Nous avons besoin de plus de spiritualité aujourd’hui, avons-nous convenu.
Bruxelles, une ville cosmopolite
La conversation s’est ensuite orientée vers Bruxelles.
Mon chauffeur m’a expliqué certaines caractéristiques de la capitale belge et son organisation administrative. Il m’a notamment parlé des dix-neuf communes qui composent la Région de Bruxelles-Capitale, ainsi que du statut particulier de Bruxelles, qui est à la fois la capitale de la Belgique et l’une des trois régions fédérées du pays.
Nous avons également parlé de la population et de l’évolution démographique de la ville.
Bruxelles est devenue une métropole profondément cosmopolite, où se côtoient des personnes venues de nombreuses régions du monde. Cette diversité se reflète dans les rues, les commerces, les langues parlées et les professions exercées par les différentes communautés.
Le coût de la vie et les difficultés des travailleurs
Nous avons ensuite abordé un sujet beaucoup plus préoccupant : le coût de la vie.
Mon chauffeur m’expliquait que de nombreuses personnes éprouvent de plus en plus de difficultés à se loger et à subvenir à leurs besoins, même lorsqu’elles travaillent.
Certaines doivent effectuer de longues journées de travail ou cumuler deux emplois pour essayer de joindre les deux bouts.
— Les gens travaillent parfois très longtemps. Certains ont même deux emplois et, malgré cela, ils n’arrivent pas toujours à vivre correctement.
Selon lui, une partie du problème réside dans le fonctionnement du système, notamment dans le poids des taxes et des dépenses qui pèsent sur les travailleurs.
Nous avons également parlé de la situation économique des populations noires en Belgique.
Je lui ai fait remarquer que certaines personnes noires étaient manifestement parvenues à réussir économiquement et à créer des entreprises importantes.
Il a reconnu que certains membres de ces communautés étaient devenus riches et avaient développé des activités commerciales prospères.
Mais cette réussite, avons-nous constaté, ne doit pas faire oublier les difficultés rencontrées par une partie des populations immigrées et des travailleurs à revenus modestes.
Intégration, éducation et discrimination
Au cours de notre trajet, la conversation s’est poursuivie sur des sujets plus sensibles, notamment les difficultés économiques, l’intégration des immigrés, l’accès aux responsabilités, l’éducation des enfants et la préservation de l’identité culturelle.
Mon interlocuteur estimait que, dans certaines situations, les populations immigrées peuvent avoir des difficultés à accéder pleinement aux grands rouages économiques et institutionnels.
— Certains sont riches et possèdent de grandes entreprises, mais combien occupent réellement des postes importants dans les banques ou dans l’État ?
Selon lui, le principal problème réside dans la difficulté d’intégrer pleinement certains systèmes sociaux et institutionnels.
— On peut vivre ici, on vous laisse vivre relativement facilement, mais intégrer véritablement le système est beaucoup plus difficile.
Cette réflexion nous a conduits vers la question de l’éducation.
Les enfants issus de l’immigration face au système scolaire
Mon interlocuteur s’est montré particulièrement préoccupé par la manière dont certains enfants issus de familles immigrées peuvent être évalués dans le système scolaire.
Il estimait que les parents ne disposent pas toujours de moyens suffisants pour comprendre ou contester certaines décisions prises par les enseignants.
— Si votre enfant va à l’école, qui vous garantit qu’il va réussir ? Lorsque les résultats dépendent essentiellement de l’évaluation de l’enseignant, le parent peut avoir du mal à comprendre pourquoi son enfant a échoué.
Il insistait particulièrement sur la nécessité d’une plus grande transparence dans l’évaluation scolaire.
Selon lui, certains parents peuvent se retrouver dans une situation où l’on leur explique simplement que leur enfant éprouve des difficultés de compréhension et qu’il devrait être orienté vers une autre structure.
— Vous pouvez demander : qu’est-ce que mon enfant a fait de mal ? Montrez-moi les résultats. Montrez-moi les réponses aux questions. Mais si vous n’avez pas accès à une évaluation suffisamment transparente, il devient difficile pour les parents de comprendre la décision.
Il comparait cette situation à ce qu’il connaissait du système éducatif somalien, où, selon lui, les parents peuvent plus facilement demander à consulter les résultats détaillés des examens.
— Chez nous, si un enfant ne réussit pas, les parents peuvent aller à l’école et demander à voir les résultats. Ils peuvent examiner les questions, les réponses et comprendre pourquoi l’enfant n’a pas réussi.
Il craignait également que des préjugés puissent parfois influencer l’évaluation de certains enfants noirs.
J’écoutais attentivement ses observations, tout en gardant à l’esprit qu’elles correspondaient à son expérience personnelle et à sa perception du système.
La langue, une composante essentielle de l’identité
Notre conversation nous a ensuite conduits vers une autre question qui lui tenait particulièrement à cœur : la langue et la préservation de l’identité culturelle.
Il m’expliquait que la Somalie avait la particularité de posséder sa propre langue nationale, le somali, tout en utilisant d’autres langues dans le système éducatif.
— Nous avons notre propre langue et nous ne l’avons pas abandonnée. C’est important pour notre identité.
Il m’a expliqué que l’arabe occupe une place importante dans certaines composantes de l’enseignement somalien, tandis que l’anglais est davantage utilisé dans l’enseignement secondaire et dans de nombreux domaines de la vie publique.
Cette situation permet, selon lui, aux Somaliens de maîtriser plusieurs langues tout en conservant leur langue nationale.
Il comparait cette réalité à celle de certains pays africains, notamment le Cameroun, où l’histoire coloniale a profondément marqué l’organisation linguistique et éducative.
— Lorsque je parle avec des Camerounais ou des Ghanéens, certains me disent que nous avons de la chance parce que nous avons conservé notre langue et notre identité.
Nous avons alors discuté des conséquences de la colonisation sur les langues africaines.
Dans plusieurs pays, notamment ceux qui ont connu une administration coloniale française ou britannique, les langues européennes ont acquis une place importante dans l’administration et l’éducation. Le Cameroun, par exemple, utilise officiellement le français et l’anglais, tandis que de nombreuses langues nationales continuent d’être parlées au sein des différentes communautés.
Mon chauffeur estimait qu’un pays pouvait adopter l’anglais ou le français comme langue administrative ou internationale, mais qu’il était essentiel de préserver parallèlement sa propre langue.
— On peut apprendre l’anglais ou le français, mais il faut toujours conserver sa première langue. C’est elle qui permet de préserver l’identité.
Je trouvais cette réflexion particulièrement intéressante, car elle rejoignait une question que nous connaissons également en Haïti : comment concilier l’ouverture sur le monde avec la préservation de notre identité linguistique et culturelle ?
Une identité nationale particulière
Le chauffeur m’a également expliqué que la Somalie possède une certaine homogénéité linguistique et culturelle, même si le pays connaît, comme beaucoup d’États africains, des différences entre communautés et des réalités régionales.
Je lui ai demandé combien d’habitants comptait la Somalie.
— Environ 25 millions, m’a-t-il répondu.
Notre conversation touchait ainsi à des questions beaucoup plus profondes que celles auxquelles je m’attendais au début de ce simple déplacement en taxi : l’intégration des immigrés, les inégalités sociales, l’éducation, la discrimination, les langues et surtout la nécessité pour les peuples de préserver leur identité tout en s’ouvrant au reste du monde.
Au fond, notre conversation dans ce taxi m’a rappelé une chose essentielle : quels que soient nos pays d’origine, nos cultures ou nos parcours, les préoccupations humaines se ressemblent beaucoup.
Nous voulons tous vivre dans un environnement sain, bénéficier d’une alimentation de qualité, travailler dans de bonnes conditions, assurer l’avenir de nos familles et, surtout, trouver un équilibre entre le progrès matériel et le bonheur.
Cette conversation improvisée avec ce chauffeur somalien, qui ne devait au départ être qu’un simple trajet en taxi, s’est finalement transformée en un véritable échange sur la condition humaine et les défis de notre époque. Elle m’a une fois de plus démontré que les voyages offrent des occasions inattendues de rencontres, de dialogue et de réflexion, et qu’un simple déplacement peut devenir un véritable espace d’échange sur la société, l’histoire, l’éducation et l’avenir de nos peuples.
Une difficulté inattendue à l’hôtel
À mon arrivée à l’hôtel, une nouvelle petite difficulté m’attendait au moment de procéder à l’enregistrement. Ma carte de crédit n’a pas fonctionné lors du paiement.
La réceptionniste ayant effectué deux tentatives, son utilisation s’est retrouvée temporairement bloquée. J’ai donc dû contacter ma banque en Floride afin de résoudre ce problème à distance.
Après ces formalités d’usage, et sur la recommandation d’un employé de l’hôtel, je me suis rendu dans un restaurant situé juste en face pour déjeuner.
Un brunch au Pain Quotidien de Bruxelles
C’était la première fois que je découvrais Le Pain Quotidien, une enseigne que j’ai trouvée particulièrement originale, tant par son accueil que par sa manière de servir les clients et, surtout, par la qualité des mets proposés.
À Bruxelles, j’ai eu l’occasion d’y prendre un brunch composé d’une variété de produits frais et savoureux. Le repas comprenait notamment une salade verte à base de laitue, de tomates et d’avocat, accompagnée de saumon fumé servi avec une crème, ainsi que du bacon et des œufs.
Plusieurs variétés de pains étaient également proposées, notamment une baguette française, différents pains traditionnels ainsi qu’un pain au chocolat. Le brunch était complété par un bol de fruits frais, un jus d’orange naturel et un thé à la menthe.
J’ai particulièrement apprécié la diversité, la présentation et la fraîcheur des produits proposés. Le plat était généreusement garni et présenté avec soin.
Ce qui m’a surtout intéressé, c’est l’effort consenti par les propriétaires de cette chaîne de boulangerie-restauration pour maintenir une certaine qualité et privilégier des produits simples, frais et naturels dans la préparation des repas.
Le Pain Quotidien, une histoire née à Bruxelles
Le Pain Quotidien est une enseigne belge de boulangerie-restauration fondée à Bruxelles en 1990 par le chef Alain Coumont. Insatisfait de la qualité du pain disponible à l’époque, il a décidé de fabriquer lui-même un pain au levain inspiré des recettes traditionnelles de son enfance.
Le premier établissement a ouvert à Bruxelles et le concept s’est rapidement distingué par son pain artisanal et, surtout, par sa célèbre table commune, symbole de convivialité et de partage.
Sept ans plus tard, l’enseigne franchissait l’Atlantique avec l’ouverture d’une première adresse à New York. Depuis, la marque belge s’est développée à l’international et compte aujourd’hui plus de 210 établissements dans plus de 20 pays sur plusieurs continents.
Son concept repose toujours sur des valeurs qui m’ont particulièrement intéressé lors de ma visite : le pain artisanal, des produits simples et frais, la convivialité et le plaisir de se retrouver autour d’une table.
Retour à l’hôtel : une soirée consacrée au travail
Après cette journée bien remplie, je suis retourné à l’hôtel vers 15 heures et me suis installé dans ma chambre. J’y ai consacré le reste de la soirée à travailler sur mon ordinateur et à préparer la journée qui m’attendait.
Avant d’aller me coucher, je pensais déjà au lendemain et à cette nouvelle expérience qui allait commencer : ma participation à un séminaire de formation consacré à « Advocacy in the Media », organisé à l’initiative du Département d’État américain à l’intention de certains cadres et responsables des bureaux des affaires publiques de différentes ambassades.
Ainsi s’achevait cette journée de voyage, commencée très tôt à Paris et terminée à Bruxelles, une journée au cours de laquelle un simple déplacement en taxi, une valise égarée, un brunch et quelques imprévus avaient finalement donné naissance à de nombreuses occasions de réflexion.
Joël Lorquet, PhD

