La décision de la Cour suprême des États-Unis autorisant l’administration Trump à mettre fin au statut de protection temporaire (TPS) pour les Haïtiens continue de produire des effets concrets à travers le pays. Au Vermont, plusieurs dizaines de ressortissants haïtiens se retrouvent sans emploi et cherchent en urgence une solution pour éviter une expulsion vers un pays toujours ravagé par la violence des gangs.
Selon une enquête de VTDigger, les bénéficiaires du TPS disposent jusqu’au 27 juillet pour tenter d’obtenir un autre statut migratoire. Entre-temps, leurs autorisations de travail expirent, obligeant légalement les employeurs à mettre fin à leur contrat. Le Vermont Asylum Assistance Project estime que l’État compte « quelques centaines » de personnes bénéficiant d’une protection temporaire, dont plusieurs Haïtiens directement touchés.
L’impact dépasse les seuls immigrés concernés. Des responsables locaux et des organisations humanitaires avertissent que cette décision risque d’accentuer les pénuries de main-d’œuvre, notamment dans les secteurs des soins aux personnes âgées, de la santé et de l’industrie. Yvonne Lodico explique recevoir quotidiennement des appels de bénéficiaires du TPS qui ignorent désormais comment subvenir à leurs besoins. « Certains pensent qu’ils devront simplement rester enfermés chez eux », confie-t-elle.
Le témoignage d’un ingénieur haïtien illustre cette incertitude. Arrivé aux États-Unis en 2024 après avoir fui l’insécurité en Haïti, il avait obtenu un emploi chez GlobalFoundries avant de perdre son permis de travail. Poursuivant aujourd’hui des études universitaires sans revenu stable, il affirme qu’un retour en Haïti équivaudrait à « une condamnation à mort », compte tenu de la domination exercée par les groupes armés sur une grande partie du territoire.
Ce nouveau témoignage venu du Vermont rejoint les inquiétudes déjà exprimées dans d’autres États américains. Il contraste avec les déclarations des autorités haïtiennes évoquant de « bonnes conditions d’accueil » pour les éventuels rapatriés. À mesure que les échéances approchent, la réalité quotidienne des bénéficiaires du TPS rappelle que le débat dépasse les considérations administratives : il concerne désormais des milliers de familles confrontées à la perte de leur emploi, à l’incertitude juridique et à la perspective d’un retour vers un pays dont la crise sécuritaire demeure profonde.

