PORT-AU-PRINCE — Ancien porte-parole de la présidence de Michel Martelly et candidat du Parti Haïtien Tèt Kale à la députation de l’Arcahaie lors des législatives de 2015-2016, Lucien Jura effectue un retour remarqué au sommet de l’appareil d’État en intégrant le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé au poste de secrétaire d’État à la Communication.
Cette nomination intervient au moment où la Primature procède également à un remaniement au sein de l’Unité de lutte contre la corruption, alimentant les interrogations sur les nouveaux équilibres politiques et administratifs au sein d’un exécutif accusé par ses détracteurs d’avoir progressivement neutralisé plusieurs mécanismes institutionnels de contrôle, jusqu’à l’adoption d’un décret électoral largement contesté.
Le nom de Lucien Jura demeure associé aux années Martelly puis à la période de la « caravane du changement » sous la présidence de Jovenel Moïse, durant lesquelles il occupa successivement les fonctions de porte-parole présidentiel avant de tenter une carrière électorale sous la bannière du PHTK dans sa commune natale de l’Arcahaie.
Plusieurs observateurs rappellent également l’épisode des tablettes électroniques et des présents de Noël distribués à des journalistes accrédités au Palais national, une initiative qui avait suscité des débats au sein de la profession sur les rapports entre le pouvoir politique et certains secteurs de la presse haïtienne, selon des archives de Rezo Nòdwès.
Le retour de cet ancien communicateur du pouvoir dans les structures gouvernementales est interprété par certains comme le signe d’une continuité avec certaines pratiques et figures des administrations précédentes, dans un pays dont les résultats dans les classements publiés par Transparency International sont demeurés défavorables en matière de perception de la corruption.
Les implications politiques de cette nomination, ainsi que les conséquences du changement de direction à l’ULCC, feront l’objet d’analyses plus approfondies dans les prochaines publications de Rezo Nòdwès.

