4 juillet 2026
Jacques Hans Ludwig Joseph, faiseur de rapports… l’heure du rapport sur sa propre gestion ?
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Jacques Hans Ludwig Joseph, faiseur de rapports… l’heure du rapport sur sa propre gestion ?

Par Reynoldson Mompoint

Port-au-Prince, le 04 juin 2026

La redevabilité ne s’arrête pas à la porte des institutions de contrôle

Pendant plusieurs années, Jacques Hans Ludwig Joseph a dirigé l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), une institution investie d’une mission essentielle : enquêter sur des faits présumés de corruption, analyser la gestion des ressources publiques et formuler des recommandations aux autorités compétentes lorsque des irrégularités sont relevées. Sous sa direction, l’ULCC a produit de nombreux rapports portant sur des administrations publiques, des collectivités territoriales, des organismes autonomes et des responsables de l’État. Ces travaux ont contribué à alimenter le débat public sur la gouvernance et l’utilisation des fonds publics.

Mais dans un État attaché à la transparence, un principe fondamental s’impose : la redevabilité est universelle. Elle ne distingue ni les contrôleurs, ni les contrôlés. L’exigence de rendre compte vaut pour toute personne investie d’une responsabilité publique.

La crédibilité d’une institution repose aussi sur son exemplarité

La force d’une institution de contrôle ne se mesure pas uniquement au nombre de rapports publiés ou d’enquêtes menées. Elle se construit également sur la confiance que lui accordent les citoyens. Cette confiance repose sur une conviction simple : ceux qui demandent des comptes aux autres doivent eux-mêmes accepter que leur action soit évaluée selon les mêmes standards de transparence, de légalité et de bonne gouvernance. L’exemplarité institutionnelle n’est pas un privilège. Elle constitue une condition de la crédibilité.

Plus une institution exerce un pouvoir de contrôle important, plus il est légitime que son fonctionnement, sa gestion administrative et son bilan fassent l’objet d’un examen lorsqu’il est prévu par les mécanismes compétents.

Six années à la tête de l’ULCC : quel bilan institutionnel ?

Après plusieurs années de direction, il est naturel que le débat public s’intéresse au bilan global de l’institution.

Quels résultats mesurables ont été obtenus ? Combien de recommandations ont effectivement conduit à des poursuites ou à des réformes ? Quelles améliorations ont été apportées au fonctionnement interne de l’ULCC ? Les ressources humaines, matérielles et financières ont-elles été utilisées conformément aux objectifs fixés ?

Ces interrogations ne constituent pas des accusations. Elles participent à la culture de l’évaluation des politiques publiques, indispensable dans une démocratie.

Qui contrôle les institutions de contrôle ?

Toutes les démocraties sont confrontées à cette question. Les organes de contrôle jouent un rôle essentiel dans la prévention de la corruption, mais ils ne sont pas, pour autant, soustraits aux mécanismes de contrôle institutionnels.

Leur gestion peut être soumise aux procédures d’audit, aux contrôles administratifs, aux vérifications financières ou aux autres dispositifs prévus par la loi. Ce principe vise à renforcer la confiance du public, non à affaiblir les institutions. 

Transparence patrimoniale : un levier de confiance

Dans de nombreux systèmes juridiques, les règles applicables aux hauts responsables publics prévoient des obligations de déclaration de patrimoine ou d’autres mécanismes de transparence.

Lorsqu’ils existent et sont mis en œuvre conformément à la loi, ces dispositifs permettent de consolider la confiance des citoyens en démontrant que l’exigence d’intégrité s’applique à tous, sans distinction. Une telle démarche ne vaut pas présomption de culpabilité. Elle traduit l’idée que la transparence est un instrument de prévention autant qu’un facteur de légitimité.

Une exigence démocratique

L’État de droit ne repose pas seulement sur la capacité à enquêter sur les autres. Il repose aussi sur l’acceptation d’être soi-même soumis aux mêmes règles, aux mêmes exigences et aux mêmes procédures. Dans cette perspective, l’évaluation de la gestion des institutions publiques, y compris celles chargées de lutter contre la corruption, participe au renforcement de la gouvernance et de la confiance dans les institutions.

En définitive, le débat ne porte pas sur une personne, mais sur un principe : dans une démocratie, la redevabilité ne connaît pas d’exception. Ceux qui exercent des responsabilités publiques doivent pouvoir rendre compte de leur gestion lorsque les mécanismes prévus par la loi l’exigent. C’est à cette condition que la lutte contre la corruption conserve toute sa légitimité et que les institutions continuent d’inspirer la confiance du public.

Reynoldson Mompoint, Avocat au Barreau de Mirbalais

Communicateur Social 

Journaliste

+50937186284

mompointreynoldson@gmail.com

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