13 juillet 2026
Haïti | 14-20 avril, 22-26 juin et 13-16 juillet 2026 : Sandra Paulemon enchaîne trois missions à New York, mais pour quels résultats ?
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Haïti | 14-20 avril, 22-26 juin et 13-16 juillet 2026 : Sandra Paulemon enchaîne trois missions à New York, mais pour quels résultats ?

Trois missions à New York en trois mois, mais toujours aucun résultat public mesurable. Pendant que Sandra Paulemon multiplie les forums internationaux, Haïti reste étranglée par l’inflation, des carburants parmi les plus chers de la région, plus d’un million de déplacés entassés sous des tentes ou dans des abris provisoires, et des territoires soumis à la loi des gangs. La corruption prospère parallèlement sous le regard d’une ULCC affaiblie, désormais privée de la capacité d’enquêter librement sur les membres du gouvernement. Combien de voyages faudra-t-il encore avant que les promesses de coopération produisent des effets vérifiables sur le terrain ?

Port-au-Prince, 13 juillet 2026 — Dre Sandra Paulemon, présentée comme l’une des rares compétences du gouvernement haïtien de doublure, au service d’un État de non-droit livré aux gangs et miné par la corruption et l’impunité, reprend l’avion pour New York. La ministre de la Planification et de la Coopération externe conduit une nouvelle délégation haïtienne au siège des Nations unies, où elle doit participer, du 13 au 16 juillet, au Segment de haut niveau de l’ECOSOC ainsi qu’au volet ministériel du Forum politique de haut niveau sur le développement durable. Il s’agit de sa troisième mission new-yorkaise en trois mois, toujours assortie des mêmes promesses de partenariats, de coopération et de mobilisation internationale.

Le calendrier commence à ressembler à une navette diplomatique. Le 20 avril, Sandra Paulemon intervenait déjà à New York au Forum de l’ECOSOC consacré au financement du développement. Du 22 au 26 juin, elle dirigeait une autre délégation lors de la Semaine de la consolidation de la paix. Moins de trois semaines après cette dernière mission, la ministre retourne à Manhattan pour parler des Objectifs de développement durable et de l’avenir de l’Agenda 2030.

Le gouvernement présente ce déplacement comme une opération destinée à renforcer la présence d’Haïti dans les espaces internationaux de décision. Sandra Paulemon doit participer aux sessions ministérielles sur le financement du développement, la coopération internationale, les investissements publics, la résilience urbaine et la préparation du Sommet des ODD de 2027. Elle est également annoncée, le 16 juillet, comme ministre répondante lors d’un panel consacré aux politiques à mener d’ici 2030.

Les mots sont ambitieux. Les chiffres, eux, manquent toujours à l’appel. Le communiqué du ministère ne précise ni la composition complète de la délégation, ni le coût des billets, de l’hébergement et des indemnités journalières. Il n’indique pas davantage le montant que la ministre espère obtenir, les projets qu’elle entend faire financer ou les institutions disposées à prendre des engagements juridiquement ou financièrement vérifiables.

La mission d’avril avait déjà donné lieu à un plaidoyer pour une réforme du financement international en faveur d’Haïti. La ministre avait présenté la crise nationale et demandé une adaptation des mécanismes financiers internationaux. Les communications officielles consultées ne mentionnent cependant aucun financement immédiatement débloqué, aucun accord signé ni aucun programme assorti d’un calendrier d’exécution à la suite de cette intervention.

Même scénario en juin. À la tribune de l’ONU, Sandra Paulemon avait défendu une approche intégrée de la consolidation de la paix et annoncé plusieurs rencontres bilatérales et multilatérales. Là encore, les comptes rendus publics ont surtout présenté les discours, les séances de travail et les photographies officielles, sans publier de convention financière ou de résultat opérationnel directement attribuable à cette mission.

La participation d’Haïti à ces forums demeure institutionnellement défendable. Un pays dépendant largement de l’aide extérieure ne peut abandonner les enceintes où se discutent le financement du développement et la coopération multilatérale. Mais la représentation diplomatique ne saurait être évaluée au nombre de badges obtenus, de panels fréquentés ou de poignées de main échangées.

Au retour de New York, le MPCE devra donc répondre à des interrogations simples : combien cette troisième mission a-t-elle coûté au Trésor public ? Quels partenaires ont accepté de financer quels projets ? Quels montants ont été négociés ? Quelles échéances ont été convenues ? Sans publication de ces données, cette nouvelle tournée risque de rejoindre la longue série des voyages officiels célébrés par des communiqués, puis engloutis dans le silence administratif — sans lendemain visible pour la population haïtienne.

ecosoc.un.org

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