Les fédérations européennes et nord-américaines de football ont affiché jeudi une opposition ferme au projet du président de la FIFA, Gianni Infantino, visant à ouvrir le financement des compétitions à des investisseurs privés. L’initiative, qui nécessiterait l’approbation d’une majorité des 211 associations membres de la FIFA, se heurte désormais à un front représentant au moins 90 fédérations.
Réunies en session extraordinaire, les 55 fédérations de l’UEFA ont annoncé qu’elles boycotteraient toutes les compétitions de la FIFA si le projet était adopté. Elles exigent son abandon complet ainsi que des garanties contraignantes excluant toute privatisation future de la gouvernance ou des tournois de l’instance mondiale.
De son côté, la CONCACAF, qui regroupe les fédérations d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes, a également rejeté la proposition. La confédération dénonce un processus précipité, un manque de consultation et s’interroge sur la nécessité de recourir à des capitaux privés après les bénéfices records générés par la dernière Coupe du monde.
Présenté cette semaine, le projet prévoit la création de FIFA Forward Enterprise, une entité commerciale qui regrouperait les actifs générateurs de revenus de la FIFA, dont la Coupe du monde. Environ 20 % de cette société seraient cédés à des investisseurs privés. La FIFA affirme que ces derniers n’exerceraient aucun contrôle opérationnel, mais l’UEFA estime que cette réforme ferait primer les intérêts des actionnaires sur ceux du football mondial.
Cette fronde rappelle celle de 2021, lorsque l’UEFA s’était opposée au projet d’organiser la Coupe du monde tous les deux ans. Cette fois, le risque d’un boycott des compétitions de la FIFA donne une nouvelle ampleur au bras de fer avec Gianni Infantino.

