Dix ans après la signature de l’accord de paix entre le gouvernement colombien et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), les Nations Unies estiment que le pays a évité un retour à la guerre civile, mais alertent sur une recrudescence des violences dans plusieurs régions rurales où l’État peine à s’imposer.
Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le chef de la mission de vérification en Colombie, Miroslav Jenča, a indiqué que des territoires comme le Catatumbo, à la frontière avec le Venezuela, et le département du Cauca restent marqués par l’absence de services publics, d’institutions et d’activités économiques légales. Ce vide favorise l’expansion de groupes armés et d’organisations criminelles qui se disputent le contrôle des routes stratégiques et des trafics illicites.
Selon l’ONU, les affrontements continuent d’entraîner des déplacements de populations, des enlèvements, le recrutement forcé de mineurs et des violences contre les civils. Dans certaines zones, l’utilisation de drones est venue s’ajouter aux méthodes de combat traditionnelles.
L’organisation souligne toutefois que l’accord signé en 2016 continue de produire des résultats. Plus de 11.000 anciens combattants des FARC participent toujours au processus de réintégration, l’un des taux de maintien les plus élevés observés dans des programmes similaires. Plus de 500 ex-guérilleros ont néanmoins été tués depuis la démobilisation.
L’ONU estime que les difficultés actuelles découlent moins de l’accord de paix lui-même que de son application incomplète, notamment en matière de réforme rurale, de redistribution des terres, de sécurité et de présence durable de l’État dans les campagnes. Le dixième anniversaire de l’accord sera célébré en novembre prochain.

