SPRINGFIELD, Ohio — Les responsables religieux de la communauté haïtienne de l’Ohio ont exprimé leur inquiétude après la décision de la Cour suprême des États-Unis autorisant l’administration Trump à mettre fin au statut de protection temporaire (TPS) dont bénéficiaient des centaines de milliers d’Haïtiens vivant sur le territoire américain.
À Springfield, où résident entre 12 000 et 15 000 Haïtiens, le pasteur Carl Ruby a dénoncé la perspective de renvoyer des familles vers un pays qu’il considère toujours comme plongé dans une profonde crise sécuritaire. Il a évoqué les récits de fidèles décrivant des quartiers désertés, des déplacements forcés et la violence quotidienne imposée par les groupes armés.
Le pasteur Viles Dorsainvil, lui-même concerné par le TPS, a rappelé que la perte du statut entraînerait également celle du permis de travail et du permis de conduire pour de nombreux bénéficiaires, exposant des milliers de familles à une précarité immédiate. « Nous sommes dans le même bateau », a-t-il confié aux médias locaux.
Face à cette nouvelle réalité, plusieurs églises et organisations communautaires de l’Ohio organisent des séances d’information juridique et des rencontres destinées à informer les familles sur leurs droits et les démarches possibles. Des responsables religieux appellent également Washington à réexaminer la situation sécuritaire en Haïti avant toute mesure d’éloignement massif.
La décision judiciaire intervient alors même que les autorités américaines maintiennent l’interdiction des vols commerciaux américains vers Port-au-Prince en raison des risques sécuritaires liés aux groupes armés opérant autour de la capitale haïtienne.

