Au-delà d’une intelligence supérieure dans le sport-roi, Messi incarne des valeurs universelles – discipline, sacrifice, persévérance et résilience – qui inspirent tous ceux qui poursuivent l’excellence dans leurs propres domaines. À force de symboliser efficacité, qualité, endurance et longévité, le nom de Messi pourrait dépasser le statut de patronyme pour s’inscrire comme un néologisme évoquant la réussite exceptionnelle. Cerise sur le gâteau, à travers ses œuvres philanthropiques au profit des plus vulnérables, cette légende du football a démontré que le libido amandi (désir d’aimer) peut cohabiter harmonieusement avec le libido excellendi (désir d’exceller). Après avoir conquis les sommets par le mérite, l’effort et l’abnégation, le prodige argentin met une partie de sa fortune au service de l’amour du prochain et du bien commun. Par ailleurs, malgré son quotient intellectuel footballistique hors du commun, Messi reconnaît lui-même certaines limites dans des domaines extérieurs à son univers de prédilection. Il a notamment évoqué des difficultés dans l’apprentissage des langues étrangères, ce qui restreint ses interactions avec des personnalités internationales. Cet aveu constitue en lui-même une leçon inspirante : l’excellence absolue n’existe pas, et même les plus grands génies demeurent des êtres perfectibles.
Les représentations messianiques sont susceptibles de nourrir diverses aspirations humaines, allant du désir de reconnaissance à la quête de performance. En vue de gagner des longueurs d’avance au cours des polémiques enflammées de débats passionnés, les tifosis expriment leur libido dominandi (désir de domination) en arborant fièrement des t-Shirts à l’effigie de Leo Messi. Dans la même veine, une manière efficace pour les spécialistes d’inculquer aux jeunes la culture de l’excellence consisterait à stimuler leur libido excellendi (désir d’exceller) en les invitant à s’identifier au modèle de succès incarné par cette figure mythique du soccer.
En quête d’un certain libido pour se propulser à un éternel septième ciel au niveau d’un cercle épicurien spécifique, l’étiquette Leo Messi a été apposée sur des bouteilles composites pour concurrencer le viagra et le levitra. Tout porte à croire que cette ultime invention haïtienne ne languira pas pour franchir toutes les autres frontières géographiques. N’entreront plus aux espaces voluptueux à Dubaï, à Las-Vegas à « El Caribeño » ou « chez grande maman » ceux qui ne détiennent pas un flacon Leo Messi dans leurs poches ou sous leurs vestes. À défaut de ce support, de tels aventuriers risquent d’exhiber impotence ou une précocité éphémère.
Dans le prolongement de cette réflexion, les méditations d’ordre spirituel s’appuyant sur la magie de l’image, tendent à persuader sur les possibilités de rendre tangibles certaines utopies. À cet effet, le libido possidendi (désir de posséder) se consolide aussi à travers la visualisation des objets, souvenirs et produits dérivés associés à la principale icône du football mondial. Que dire de la sphère académique et scientifique, vouée à analyser au peigne fin les œuvres magistrales des légendes de l’histoire ? Elle pourrait aussi bien puiser dans l’attitude de Leo-Messi une source de libido sciendi (désir de savoir) pour placer la productivité et la créativité à une altitude inégalée.
As d’atout
Aux premiers comme aux derniers chapitres de sa carrière, Leonel Messi a émerveillé les adeptes des œuvres magnanimes. Pendant deux décennies, ce crack planétaire a raflé une multitude de titres individuels et collectifs rêvés tant par ses concurrents anthumes que posthumes. Au crépuscule de sa carrière professionnelle – à 39 ans, loin du Prime time régulier – Leo Messi demeure une pièce maîtresse au sein de sa sélection nationale.
L’Albiceleste compte encore sur l’expérience, l’efficacité et la magie de ce maestro pour conduire l’orchestre du Mondial 2026 vers une symphonie triomphatrice. Le hat-trick spectaculaire réalisé par le capitaine du champion en titre face à l’Algérie augure une ultime Coupe du Monde encore embaumée d’une empreinte digitale et podotactile messianique. Une entrée en matière spectaculaire pour un vétéran qui défie les effets du temps ; à l’image des grands vins, il se bonifie.
Lors de la dernière Coupe du monde de la FIFA en 2022, Lionel Messi avait accompli au Qatar l’un des plus grands exploits de l’histoire du football en menant l’équipe d’Argentine de football au titre mondial. Le MVP de 2022 pourrait-il récidiver en 2026 ? Ce serait alors une immense victoire pour les plus robustes qui se croient investis d’une puissance érectile hégémonique et qui s’imaginent conserver leur vigueur naturelle jusqu’aux âges octogénaire et nonagénaire.
Le nec plus ultra
Une kyrielle d’athlètes remarquables jalonne la galerie du beau jeu du football par leurs habilités techniques et physiques. Du Brésil à l’Argentine, de la France à l’Angleterre, de l’Allemagne au Portugal, de l’Italie aux Pays-Bas, plusieurs nations ont bâti une riche tradition footballistique fondée sur l’émergence continue de génies qui ont marqué l’histoire du sport-roi. Toutefois, ces figures mythiques du football ont experimenté quelques méformes et vicissitudes qui réduisent par moment la qualité de leurs jeux. Question de nous rappeler qu’ils sont des humains et qu’ils sont appelés à respecter le cours normal du périple athlétique.
Parmi les figures prodigieuses qui ont façonné l’histoire de ce jeu par leur talent hors norme, l’une d’elles s’est détachée à une distance quasiment incommensurable. Leo-Messi est au football ce qu’Albert Einstein est à la science. Dans la vie comme dans le sport, tu nais, tu vis, tu péris. Selon le contexte, les différentes conditions liées aux âges sont pratiquement prévisibles. Un siècle se situe au sommet du diagramme de Lexis pour pratiquement indiquer la fin de la vie. En toute logique, le sommet de la vie footballistique ne devrait pas dépasser 35 ans. Pourtant, en s’écartant de la tendance normale pour continuer de performer avec brio jusqu’à 39 ans, Leo-Messi s’érige en un véritable « outlier ». Greatest of all times (GOAT), crème de la crème, fleur de l’élite, ce sont des attributs qui conviennent à cette légende vivante. Incontestable !
En témoigne sa présence à six éditions de la Coupe du Monde sous la couleur céleste de l’Albiceleste, le phénomène argentin paraît avoir reçu une double onction, celle de la précocité et de la longévité. Cette bénédiction lui confère le pouvoir de captiver les regards et de fasciner les esprits durant plus de vingt ans. Cette longévité messianique mixée d’une qualité supérieure qui défie la normalité a été couronnée de plusieurs titres collectifs et individuels.
Leo-Messi compte à son actif un parcours infantile distinct à la Masia, un début professionnel juvénile conclu par une décennie de fascination au sein du Barça, une retraite productive à l’Inter Miami FC, une Coupe du Monde, un record de huit Ballon d’Or. Qui dit mieux ? Vouloir ressembler au GOAT relève parfois du complexe de la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf.
La science peine encore à expliquer les mécanismes permettant à certains joueurs de football d’afficher des performances compétitives et productives au-delà de l’âge du Christ. Pourtant, Lionel Messi, proche de la quarantaine, aurait déjoué la loi classique de la concavité de la relation entre l’âge et la productivité selon laquelle la performance du travailleur augmente jusqu’à un certain seuil avant de décliner progressivement.
Dans cette perspective, l’âge constitue un signal déterminant dans les modèles de recrutement mobilisés par les agents économiques rationnels qui tendent à privilégier des profils plus jeunes afin de maximiser leur compétitivité. Cette logique est encore plus prégnante dans le domaine sportif, où l’exigence énergétique et physique rend l’avantage de la jeunesse particulièrement décisif.
Dans ce cadre analytique, la trajectoire de Messi apparaît exceptionnelle, en ce sens qu’elle échappe aux cadres explicatifs ordinaires. Par ses performances prolongées au plus haut niveau, Messi s’impose comme une figure hors norme du sport mondial, au point de susciter des comparaisons métaphoriques soulignant son caractère unique.
Comme un extraterrestre, Messi possède des avantages innés qui lui permettent de régner sur le terrain comme un dieu parmi les mortels. Tout simplement, le GOAT !
Carly Dollin


