11 juin 2026
CEP : Jacques Desrosiers doit-il partir après le retour d’Uder Antoine dans ses hautes fonctions de « siveye rapòte » ?
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CEP : Jacques Desrosiers doit-il partir après le retour d’Uder Antoine dans ses hautes fonctions de « siveye rapòte » ?

CEP : Jacques Desrosiers doit-il partir après le retour d’Uder Antoine dans ses fonctions de « siveye rapòte » ? « Rapòte siveye ou siveye rapòte » : l’expression est lourde, presque humiliante, pour des intellectuels haïtiens formés par de longues années d’études, censés défendre l’État de droit, la Constituion en tout premier lieu, mais qui acceptent finalement de jouer une partie de dupes, de conzé. Pour quel résultat ? Un pays qui languit, sans administration réelle ni direction responsable depuis plus d’un demi-siècle, pendant que ses institutions s’épuisent dans les calculs, les compromissions et les renoncements.

Port-au-Prince — Le retour d’Uder Antoine au Conseil électoral provisoire (CEP) transforme une crise administrative en véritable épreuve de crédibilité institutionnelle. Jacques Desrosiers, président du CEP et membre de la majorité des conseillers ayant réclamé son départ, se retrouve désormais face à une contradiction difficile à défendre devant l’opinion publique.

Comment expliquer qu’un directeur exécutif dont la révocation avait été demandée officiellement par des conseillers électoraux puisse reprendre place dans l’institution, exercer ses responsabilités et évoluer je sèch à proximité de ceux qui avaient contesté ouvertement son maintien ? Une signature officielle engage non seulement une position administrative, mais également l’autorité morale de ceux qui l’assument.

L’affaire prend une dimension plus embarrassante pour le journaliste Jacques Desrosiers. Après avoir associé son nom à une démarche visant le départ de l’intellectuel Uder Antoine, il doit aujourd’hui composer avec son retour dans ses fonctions de « rapòte siveye, manipile », selon les critiques qui dénoncent une reprise en main progressive de l’appareil électoral. Celui qui était présenté comme indésirable retrouve son bureau ; ceux qui réclamaient son départ restent également en place.

Cette situation donne l’image d’une institution incapable de faire respecter ses propres décisions. Le CEP, chargé d’organiser un scrutin censé restaurer la légitimité démocratique du pays, ne peut pas exiger la confiance des citoyens si ses propres actes administratifs semblent dépourvus de conséquences.

Toutefois, le départ de Jacques Desrosiers et des autres conseillers ne doit pas servir de porte ouverte à une substitution politique permettant à l’Exécutif de nommer neuf nouveaux « japouves » au service d’un calendrier déjà écrit. Le problème dépasse les personnes : il concerne l’indépendance réelle du processus électoral et la capacité du CEP à résister aux pressions.

Jacques Desrosiers ne représentait plus la presse dès son installation au CEP. Aucun conseiller ne représente son secteur d’origine après avoir prêté serment. Ils deviennent des responsables d’État, appelés à agir au nom de la République et non selon les intérêts de ceux qui ont facilité leur désignation.

Dans un pays où les élections sont régulièrement contestées depuis plusieurs décennies, la crédibilité d’un CEP commence bien avant l’ouverture des bureaux de vote. Elle commence par le respect de ses propres décisions, la cohérence de ses dirigeants et la confiance qu’ils inspirent.

Aujourd’hui, Jacques Desrosiers doit choisir entre préserver une fonction fragilisée ou défendre la valeur de sa signature. Car le jour où ce même CEP annoncera des résultats électoraux, la première bataille ne portera peut-être pas sur les chiffres, mais sur la crédibilité de ceux qui les proclameront. Mais Haïti demeure championne de ces paradoxes : la corruption prospère, les dirigeants s’accrochent à leur siège, se croient indéboulonnables et finissent par avaler, le nez fermé, leur propre « dlo santi ».

cba

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