11 juin 2026
CEP | Haïti, la République des révocations sans effet : Uder Antoine signe désormais les circulaires électorales après avoir été écarté par les conseillers
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CEP | Haïti, la République des révocations sans effet : Uder Antoine signe désormais les circulaires électorales après avoir été écarté par les conseillers

La Coupe du monde lancée, les esprits tournés vers la participation des Grenadiers, le gouvernement de doublure semble profiter de l’euphorie sportive pour entrer sur le terrain institutionnel et marquer des buts dans des matchs où il joue tous les rôles : entraîneur, joueur, fédération et arbitre.

Port-au-Prince — (Rezo Nòdwès)
Nouvel épisode dans l’interminable feuilleton institutionnel haïtien. Uder Antoine, dont la révocation avait été annoncée par une majorité des membres du Conseil électoral provisoire (CEP), apparaît désormais comme signataire d’une circulaire officielle engageant l’institution électorale.

Le document, adressé aux Bureaux électoraux départementaux (BED) et aux Bureaux électoraux communaux (BEC), porte sur une prochaine mission de formation des Agents de Registre électoral (ARE) en vue du processus électoral. En bas de page figure la signature d’Uder Antoine avec la mention « Directeur Général ».

Cette situation intervient après un bras de fer ouvert entre les conseillers électoraux et l’Exécutif autour de la direction administrative du CEP. Les mêmes locaux où l’accès d’Uder Antoine avait été contesté accueillent aujourd’hui ses nouvelles instructions administratives.

Un révoqué qui signe, maintenu par un autre responsable lui-même contesté : la comédie administrative haïtienne atteint un nouveau chapitre.

Alix Didier Fils-Aimé, dont le maintien au pouvoir au-delà du 7 juin, au regard de l’article 149 qu’il avait lui-même invoqué avec ses soutiens, a également provoqué de fortes tensions autour de la Primature, continue de diriger le pays à son gré. Uder Antoine, de son côté, poursuit ses activités au CEP malgré l’opposition initiale de plusieurs conseillers, y compris le président de l’institution, Jacques Desrosiers.

La comédie institutionnelle est désormais complète : des décisions sont annoncées, des révocations sont brandies, mais les fauteuils restent occupés.

Au-delà des personnes, cette séquence pose un problème plus profond : quelle valeur possède une décision officielle si ceux qui la prennent ne peuvent pas ou ne veulent pas en garantir l’application ?

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