En plus de détruire des vies, anéantir des familles, déstructurer l’économie, la violence armée entretenue par les gangs armés en Haiti va au-delà d’un simple fait social qui dépasse tout entendement humain, par ses manifestations. Elle nourrit des clivages sociales, génère des dissections géographiques, attise des combats interurbains, engendre un délitement social.
À Cabaret, l’assassinat du jeune Woodley Déciné «Zazou» attribué au gang «Bellboss» affilié à la coalition «Viv ansanm», actif à Source-Matelas a ébranlé la communauté. Candidat au processus de recrutement lancé par les Forces armées d’Haiti (FAd’H), le jeune Archelois a été tué lundi avant que son cadavre ne soit brulé par les bandits, rapporte l’activiste politique et avocat Me Pierre Sauvenel Sylvain.
Dans une séquence audio, le jeune, capturé par le gang à mi-chemin, tentait de se défendre des accusations portaient par des bandits qui le liaient à la structure de défense communautaire, mobilisée pour contrecarrer l’occupation de la Cité du Drapeau par des organisations criminelles. D’un ton ferme et décidé, les bandits ont brandi la menace d’exécuter le jeune après une séance d’interrogatoire tendue.
À l’Arcahaie, la nouvelle de l’assassinat du jeune «Zazou» a provoqué une onde de choc. Des membres de la société civile ont dénoncé la proportion aveugle de la violence des gangs en Haiti, tout en appelant à l’action des autorités. Esprit fougueux, âme engagée dans sa communauté, profil ouvert et sympatique, Woodley Déciné incarne la voix d’une génération qui s’est transcendée des passions perverses, selon ses proches.
Hervé Noël


