17 juin 2026
Alix Fils-Aimé prend le contrôle du CEP : Plus rien ne l’empêchera de dicter les résultats des urnes…
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Alix Fils-Aimé prend le contrôle du CEP : Plus rien ne l’empêchera de dicter les résultats des urnes…

Haiti-Observateur

Alix Didier Fils-Aimé prend le contrôle du CEP

Plus rien ne l’empêchera de dicter les résultats des urnes…

Par Léo Joseph
Haiti-Observateur

Le conflit opposant le Premier ministre de facto au Conseil électoral provisoire (CEP) est loin d’être une mince affaire. Après que, durant les premiers jours, quasiment tous les acteurs des média et dans les réseaux sociaux se faisaient chorus dans la dénonciation de cette dérive du chef de gouvernement illégitime, dans un second temps, les intervenants habituels ont l’esprit ailleurs. Ces jours-ci, ceux que le sujet intéresse ont d’autres chats à fouetter, car pris dans la fièvre de la Coupe du monde 2026. Cela permet à Fils-Aimé de poursuivre son plan macabre, satisfait de pouvoir ajouter d’autres couches à cette stratégie, qui sera arrivé trop loin, dans sa perfection, quand les activistes décident de reprendre du service.

Tout d’abord, il faut se demander, constatant Alix Didier Fils-Aimé, dans son rôle de Premier ministre post-7 février 2026, multiplier les dérives anti-constitutionnelles, dans l’exercice d’un pouvoir intérimaire, quel vrai agenda lui a été soumis par ceux qui l’ont choisi. Les dernières décisions qu’il a prises, surtout celle qui consiste à modifier le Conseil électoral provisoire (CEP), doit sérieusement attirer l’attention sur la mission anti haïtienne de M. Fils-Aimé.

En effet, le système électoral, une institution créée après la chute de la dictature, et qui a organisé plus d’une vingtaine de scrutins, s’est vu amputée de son indépendance par un Exécutif non élu, qui profite de l’absence d’un Parlement pour modifier la gouvernance. Voilà, désormais, le CEP privé de son indépendance, dont il jouissait, dans le cadre des différentes élections qu’il a dirigées.

Alix Didier Fils-Aimé et le CEP dos à dos

Le Premier ministre de facto Alix Didier Fils-Aimé ne cesse de proclamer, à tout bout de champ, la tenue des prochaines élections, avant la fin de l’année 2026. De son côté, le Conseil électoral provisoire (CEP) se fait l’écho de ce dernier en faisant des déclarations et en posant des gestes confirmant cette disposition. Cela semble indiquer l’harmonie parfaite dans l’action de la primature et de l’organisme électoral. Mais la situation est tout autre. Car les deux équipes sont à couteaux tirés. Et rien ne laisse croire que le bureau du Premier ministre intérimaire et du CEP ont réconcilié leurs différents.

En effet, la décision de M. Fils-Aimé de créer le poste de directeur général, une sorte de garde fou, selon lui, pour contenir les « excès » ou les « tentations » du CEP, de promouvoir les intérêts de ses membres, dans l’élaboration du scrutin, n’a pas été bien accueilli par les acteurs du CEP. Quand le chef du gouvernement est passé de la parole aux actes, en décidant d’ordonner que soit donné l’investiture comme directeur général du CEP à Uder Antoine, il n’y avait plus de doute quant à son intention de se donner contrôle du système électoral.

Dès lors, a été lancée la rumeur de la démission de Jacques Desrosiers, président du CEP. Désormais, malgré les apparences et les faux semblants, la primature et le CEP n’accordent plus leurs violons, en ce qui concerne la tenue du prochain scrutin.

Quoi que disent et fassent les acteurs, le doute plane sur les élections

Nonobstant la multiplication des gestes, des déclarations et des décisions, le doute continue de planer sur la tenue des élections selon le calendrier annoncé, et mille fois relancé, pour la fin de cette année. Car l’obstacle principal, l’insécurité ambiante omniprésente, persiste, voire se renforce sans arrêt.

Selon les observateurs, d’un côté comme de l’autre, entre la primature et le CEP, l’objectif ne vise pas à organiser le scrutin proclamé, mais plutôt à dépenser les fonds du budget consacré à cette fin. C’est, en tout cas, une évaluation judicieuse, vu la manière dont s’évaporent les millions, dans le cadre des opérations liées aux élections, tant au Bureau du Premier ministre qu’au CEP.

Mais, il y a pire encore, quand se pose la question relative à la concrétisation du projet électoral avancé par les dirigeants de la transition. À cet égard, il faut bien se rappeler que l’ingénieur Alex Saint-Gardien, un spécialiste des élections à réputation internationale, et qui a observé des scrutins, aux États-Unis, en Haïti et dans d’autres pays, qui n’a jamais cessé de tirer la sonnette d’alarme sur les failles qui menacent la crédibilité des prochaines élections.

Bien qu’il ait adressé des correspondances aux dirigeants haïtiens, notamment les Premier ministres passés et présent ainsi qu’au CEP ou encore aux partenaires internationaux, tous font la sourde oreille, par rapport à ces mises en garde.

Pourtant, il semble que personne ne semble se soucier de joindre le geste à la parole, en prenant la décision qui s’impose pour réaliser des élections telles qu’ils le proclament. C’est-à-dire des consultations démocratiques, sincères, légitimes et fiables. Vu la pertinence des préoccupations de M.Saint-Gardien, nous publions, ci-après, le tout dernier communiqué de presse diffusé par ce dernier, soucieux de voir se tenir des « élections propres » dans son pays.

L.J.

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