Violences sexuelles en Haïti : les femmes oubliées des tables de négociation avec les gangs terroristes, car ton corps blessé devient parfois une simple ligne dans les rapports des morts
Ô femme, ils négocient pendant que tu portes encore les cicatrices des viols,
Pendant que tes nuits demeurent peuplées d’ombres, de cris et de symboles.
Eux parlent d’accords, de paix, de dialogue autour des grandes tables,
Mais ton cœur demeure prisonnier d’un passé toujours inguérissable.
Ils voudraient tourner la page sans écouter ta douleur profonde,
Comme si la honte pouvait disparaître aux yeux du monde.
Ils calculent les chiffres des morts dans des rapports internationaux,
Pendant que toi, tu revis encore l’horreur des quartiers et des ghettos.
Des drones traversent le ciel, les armes grondent dans les corridors,
Et les femmes enterrent en silence leur dignité sous les remords.
Même les statistiques parlent désormais de violences sexuelles organisées,
Comme si la barbarie avait appris à s’administrer.
Mais ô femme, ta mémoire survivra aux hommes de pouvoir et aux saisons,
Car les nations ne guérissent jamais sur l’oubli ni les compromissions.
Tes larmes portent l’histoire d’un peuple blessé jusque dans son âme,
Et Dieu Lui-même entend encore le silence de chaque femme.
Qu’aucun marchand de paix ne vienne effacer tes blessures sacrées,
Car une justice sans vérité laisse les plaies ouvertes pour l’éternité.

