Hausse du pétrole, inflation alimentaire, ralentissement du commerce, emplois menacés : l’économie mondiale s’enfonce dans une nouvelle phase d’incertitude sous l’effet des tensions géopolitiques croissantes, avertissent deux agences des Nations Unies dans des rapports publiés mardi.
Selon Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, la croissance mondiale devrait ralentir à 2,6 % en 2026, contre 2,9 % l’année précédente. En cause : la flambée des prix de l’énergie, les perturbations du transport maritime et la nervosité des marchés financiers, aggravées par la crise au Moyen-Orient.
Les économies en développement apparaissent comme les plus vulnérables. Beaucoup font déjà face à une hausse du coût des carburants, des engrais et des produits alimentaires, tandis que les investisseurs se replient vers des actifs jugés plus sûrs.
Malgré cette dégradation, un secteur continue de tirer le commerce mondial : l’intelligence artificielle. Les exportations de semi-conducteurs, serveurs et équipements liés à l’IA ont soutenu les échanges au début de 2026. Mais la CNUCED estime que la croissance du commerce mondial pourrait tomber entre 1,5 % et 2,5 % cette année, loin des niveaux observés en 2025.
Sur le front social, Organisation internationale du Travail évoque désormais un « choc lent et durable » pour les marchés de l’emploi mondiaux. L’organisation craint une onde de choc affectant progressivement les revenus, les migrations et les conditions de travail bien au-delà du Moyen-Orient.
Dans un scénario où les prix du pétrole grimperaient de 50 %, l’OIT estime que l’économie mondiale pourrait perdre jusqu’à 38 millions d’emplois à temps plein d’ici 2027. Les revenus réels du travail reculeraient alors de près de 3 %, soit environ 3 000 milliards de dollars.
Les travailleurs migrants figurent parmi les plus exposés. Les recrutements vers les pays du Golfe ralentissent déjà, fragilisant les transferts d’argent vers des pays d’Asie du Sud et du Sud-Est où ces revenus constituent un pilier économique essentiel.
Derrière les chiffres, les agences onusiennes décrivent un monde de plus en plus fragmenté, où les crises géopolitiques redessinent désormais l’économie mondiale autant que les marchés financiers.

