26 mai 2026
Le décret électoral taillé sur mesure par Fils-Aimé et ses « zHéros » dit tout… sauf…
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Le décret électoral taillé sur mesure par Fils-Aimé et ses « zHéros » dit tout… sauf…

Des ‘ZElections libres, honnêtes, crédibles, sincères » en six mois : voilà le nouveau miracle administratif vendu par l’équipe d’Alix Didier Fils-Aimé et ses « zHéros ». L’homme qui avait lui-même consacré plus d’une année à préparer sa campagne électorale de 2015-2016 voudrait aujourd’hui faire croire qu’un pays dévasté par l’insécurité, la corruption, les déplacements massifs, la méfiance institutionnelle et l’effondrement de l’autorité publique pourrait être conduit aux urnes à marche forcée. À la Fils-Aimé, la démocratie devient donc un raccourci : beaucoup d’annonces, beaucoup de textes, beaucoup de mise en scène, mais toujours pas la seule information que le peuple attend — la date réelle des élections.

Le draft du texte circulant sur les réseaux sociaux apparaît comme un ballon d’essai destiné à mesurer jusqu’où peut aller le cynisme de ces dirigeants sans boussole. Avant même sa publication officielle, ce décret « anti-démocratie » donnait déjà l’impression d’un laboratoire politique où quelques individus, retranchés derrière l’Exécutif, cherchent moins à tirer Haïti de sa léthargie institutionnelle qu’à prolonger un système de contrôle opaque. Plus le pays s’enfonce dans la violence, l’incertitude et la défiance populaire, plus ces « zHéros » produisent des articles, des mécanismes et des procédures, comme si l’accumulation de normes pouvait remplacer la légitimité, la sécurité et la confiance citoyenne.

Le plus grave demeure cette tentative de transformer le décret électoral en instrument supérieur à l’esprit constitutionnel. Le CEP propose en vertu de l’article 191 de la Constitution, l’Exécutif, l’article 149, dispose, les ministres de fait retouchent, verrouillent, recentralisent, puis prétendent servir la démocratie. Dans cette mécanique, le Conseil électoral provisoirement permanent risque de devenir un simple greffe administratif du pouvoir, au lieu d’une institution indépendante chargée d’organiser un scrutin crédible. Un décret électoral ne peut pas tenir lieu de Constitution bis ; il ne peut ni effacer les garanties fondamentales, ni aménager discrètement les conditions d’un contrôle politique du vote, surtout lorsque le calendrier électoral reste enveloppé dans un silence commode.

Et pendant ce temps, le ministre de la Culture promet de « vendre une autre image d’Haïti » à l’extérieur. Mais quelle image vendre lorsque le gouvernement lui-même agit comme s’il n’avait aucun compte à rendre à la nation ? Celle d’un État qui parle d’élections sans annoncer de date ? Celle d’un pouvoir qui veut contrôler le CEP, encadrer la diaspora, administrer les ambassades et consulats, puis demander au monde d’applaudir ? Un pays ne se réhabilite pas par des slogans culturels ni par des brochures diplomatiques. Il se rend respectable par le droit, la transparence, la décence publique et la retenue de ceux qui gouvernent. Le décret électoral Fils-Aimé et de ses « zHéros » dit donc tout : procédures, contrôle, communication, calcul politique. Tout… sauf l’essentiel : quand le peuple haïtien votera-t-il enfin, sans être réduit à endosser l’heureux choisi d’un pouvoir déjà soupçonné d’avoir écrit la pièce avant même l’ouverture du scrutin ?

cba

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