Ce 5 mai 2026 constitue un moment décisif dans le processus de la Licitación Pública Internacional INDOTEL/LPI-001-2026. Il marque la date limite d’inscription des soumissionnaires intéressés par la bande des 700 MHz (et les bandes complémentaires). Cette inscription, bien qu’accompagnée d’un paiement non remboursable de 20 000 USD, représente le premier véritable test de marché après les échecs de 2021 et 2023.
Une participation massive des grands opérateurs (Claro, Altice, Viva) et d’éventuels investisseurs internationaux à cette date enverra un signal fort de confiance dans le pliego amélioré et dans la réduction du « risque haïtien » grâce au décret du 31 mars. Inversement, une faible mobilisation indiquerait des doutes persistants et augmenterait fortement le risque d’un troisième échec consécutif.
Le succès ou l’échec de cette opération aura des conséquences majeures pour l’avenir numérique de la République Dominicaine. Un succès (attribution d’au moins 30-40 MHz à des acteurs solvables avec des offres crédibles) permettra un déploiement accéléré de la 5G et de la couverture rurale, générera des revenus pour l’État et renforcera la crédibilité du cadre réglementaire d’INDOTEL.
Un échec (processus desierto ou attribution marginale) signifierait non seulement un nouveau retard dans l’Agenda Digital 2030, mais aussi une perte de confiance des investisseurs étrangers face au risque haïtien non maîtrisé. Il obligerait à une quatrième tentative avec des conditions encore plus assouplies et soulignerait les limites de la coordination bilatérale entre les « deux ailes d’un même oiseau ».
Ce 5 mai donnera donc le ton pour l’ensemble du processus. L’adjudication est prévue en août 2026. Le succès ou l’échec ne se mesure pas seulement à « y a-t-il eu des offres ? », mais à des critères concrets de participation, qualité des offres, adjudication effective et impact stratégique.
Critères pour qualifier l’appel d’offres de SUCCÈS
Un succès signifie que le processus aboutit à une attribution réelle du spectre 700 MHz (et des bandes complémentaires) dans des conditions favorables pour le pays et les investisseurs.
Exemples concrets de succès :
- Forte participation et offres qualifiées
• Claro, Altice et Viva s’inscrivent tous, déposent des offres techniques solides et au moins deux d’entre eux (ou un nouvel entrant international) remportent des blocs (ex. : 30-40 MHz en 700 MHz attribués).
• Illustration : Comme en 2021 où Claro et Altice ont vraiment joué le jeu sur la 3.5 GHz et investi des dizaines de millions. - Adjudication effective avec bonne valorisation
• Au moins 40-50 MHz du 700 MHz attribués à des prix proches ou supérieurs au référentiel (≈40 000 USD/MHz/an), avec respect des obligations PME.
• Exemple de succès partiel : Attribution de plusieurs blocs à des opérateurs existants + un nouvel acteur, générant des revenus pour l’État et un engagement clair de déploiement 5G rural. - Confiance des investisseurs étrangers
• Un consortium international (ex. : opérateur européen ou américain en joint-venture) participe et gagne des blocs. Cela valide la réduction des risques haïtiens (grâce au décret du 31 mars 2026) et la solidité du pliego.
• Résultat : Signal fort pour le marché, accélération du déploiement et meilleure couverture nationale. - Impact stratégique
• Le processus ferme la boucle sur les interférences frontalières (via coordination effective avec Haïti) et permet un déploiement rapide post-adjudication.
Seuil minimal de succès : au moins 30 MHz en 700 MHz attribués à des acteurs solvables avec un plan de déploiement crédible.
Critères pour qualifier l’appel d’offres d’ÉCHEC
Un échec (comme en 2023) signifie que le spectre reste inutilisé ou attribué dans des conditions très défavorables.
Exemples concrets d’échec :
- Processus desierto (aucune offre valide)
• Seuls Claro et Altice s’inscrivent mais ne déposent pas d’offres finales (comme en 2023). Viva tente mais est disqualifiée pour raisons financières.
• Illustration : La LPI-001-2023 déclarée déserte en juillet 2024 – Claro et Altice se sont retirés, Viva n’a pas qualifié → zéro attribution. - Participation faible et offres insuffisantes
• Seulement un petit opérateur ou un nouvel entrant marginal dépose une offre non compétitive (ex. : pour 10 MHz seulement, à un prix très bas).
• Résultat : INDOTEL refuse l’adjudication ou l’attribue partiellement, laissant la majorité du spectre inutilisée. - Adjudication à des conditions dégradées
• Attribution à un seul acteur avec forte décote (prix très bas) ou sans engagement de déploiement réel, ou à un opérateur non solvable.
• Exemple : Attribution symbolique de quelques blocs sans impact sur la couverture rurale/frontalière. - Absence de confiance internationale
• Aucun opérateur étranger ne participe, malgré l’ouverture internationale. Cela signale que les risques haïtiens (manque de mise en œuvre du décret du 31 mars) et les obligations PME restent dissuasifs.
Seuil d’échec clair : moins de 20 MHz attribués ou processus déclaré desierto.
Pourquoi le 5 mai 2026 est un indicateur précoce décisif
• Une inscription massive le 5 mai (Claro + Altice + Viva + possibles internationaux) → forte probabilité de succès (70-80 % selon notre évaluation interne).
• Une inscription faible → risque élevé d’échec, avec pression immédiate sur INDOTEL pour des ajustements avant le dépôt des offres (16 juin).
Le succès dépendra aussi de la réponse aux consultations en cours (jusqu’au 7 mai) sur les garanties transfrontalières avec Haïti. Sans progrès visible côté haïtien (sélection de multiplex, plan d’extinction concret), même une bonne participation initiale pourrait se transformer en offres prudentes ou retirées.
En résumé :
• Succès = participation large + adjudication substantielle + déploiement crédible.
• Échec = abstention des grands acteurs + desierto ou attribution marginale.
Le 5 mai donnera le ton pour l’avenir du 700 MHz en République Dominicaine.
Trois scénarios chiffrés
Voici une évaluation quantitative du « risque haïtien », basée sur une modélisation (VETO – Value of Expected Telecom Opportunity). Ces scénarios intègrent le décret du 31 mars 2026, l’absence actuelle de mise en œuvre concrète côté haïtien, et les données historiques des tentatives 2021/2023.
Hypothèses de base du modèle :
• Bande cible : 40 MHz (8 blocs de 5+5 MHz) pour un opérateur majeur.
• Durée de concession : 20 ans.
• Prix de référence : ~40 000 USD/MHz/an.
• Coût de déploiement additionnel en zone frontalière : 15-25 % du capex total sans mitigation.
• Impact des interférences : perte de QoS → churn + perte de revenus estimée.
Trois scénarios principaux (probabilités actualisées au 3 mai 2026)
- Scénario optimiste (25-30 %) – « Exécution rapide haïtienne + coordination bilatérale »
• Haïti publie un calendrier détaillé avant juin 2026, lance les appels d’offres multiplex et met en place un monitoring conjoint avec INDOTEL (soutien UIT).
• Extinction effective des stations frontalières analogiques dès fin 2026.
Impact chiffré :
• Valeur du spectre (VETO) : 100 % (pleine valorisation).
• Offre agressive possible : 45-55 000 USD/MHz/an.
• Coût mitigation : +5 % du capex.
• Revenu annuel net additionnel (pour 20 MHz) : +18-22 M USD (année 3-5).
• Probabilité d’attribution réussie : 85 %.
Conséquence : succès plein, déploiement rapide, IRR projet > 18 %.
- Scénario central (50-55 %) – « Décret sans exécution rapide »
• Décret reste sur papier ; progrès lent côté CONATEL.
• Interférences modérées jusqu’en 2028.
• Coordination bilatérale partielle.
Impact chiffré :
• Valeur du spectre : 70-75 %.
• Offre : 32-38 000 USD/MHz/an.
• Coût mitigation : +12-18 % du capex.
• Perte de revenus : -4 à -7 M USD/an.
• IRR : 11-14 %.
• Attribution probable : 30-40 MHz.
Conséquence : succès modéré, déploiement plus lent et plus coûteux.
- Scénario pessimiste (20-25 %) – « Détérioration ou inaction prolongée »
• Pas de progrès haïtien ou aggravation.
• Pas d’accord bilatéral renforcé ; risque sécuritaire élevé.
• Interférences fortes jusqu’en 2029+.
Impact chiffré :
• Valeur du spectre : 40-50 %.
• Offre : 22-28 000 USD/MHz/an ou abstention.
• Coût mitigation : +25-35 % du capex.
• Perte de revenus : -10 à -15 M USD/an.
• IRR : < 8 %.
• Risque d’échec : 40-50 %.
Conséquence : processus faible ou échec, retard majeur pour l’Agenda Digital dominicain.
Le scénario central domine : le décret haïtien a réduit le risque, mais l’absence de mise en œuvre concrète maintient une décote de 15-25 %. Pour basculer vers le scénario optimiste, des signaux forts sont attendus avant le 16 juin.
Sans progrès rapide côté haïtien, les investisseurs pourraient se limiter aux blocs les moins exposés frontalement.
Le 5 mai (date limite pour les inscriptions) sera le premier test concret de ce risque.

