L’importation de véhicules en Haïti devient aujourd’hui un véritable parcours du combattant pour de nombreux Haïtiens vivant à l’étranger et pour les citoyens du pays. Les frais de dédouanement imposés par les autorités douanières atteignent parfois des montants excessifs, décourageant ainsi les investissements de la diaspora et aggravant les difficultés économiques de la population.
Récemment, un membre de la diaspora a dénoncé publiquement une situation choquante : pour un Jeep Wrangler envoyé en Haïti, les frais de dédouanement demandés avoisineraient les 8 000 dollars américains. Une somme énorme qui dépasse parfois la valeur réelle du véhicule lui-même. Face à cette réalité, le propriétaire envisage même d’abandonner le véhicule aux autorités douanières.
Cette situation soulève plusieurs questions importantes. Comment un pays en crise économique peut-il imposer des taxes aussi élevées à des citoyens qui souhaitent contribuer au développement national ? Pourquoi décourager la diaspora qui, chaque année, soutient l’économie haïtienne à travers les transferts d’argent, l’importation de biens et les investissements familiaux ?
La voiture n’est pas seulement un luxe. En Haïti, elle représente souvent un outil de travail, un moyen de transport pour la famille, un support pour le commerce et parfois une source de revenus. En augmentant excessivement les frais de dédouanement, l’État pousse certains citoyens vers des véhicules plus anciens, moins sécuritaires et plus polluants.
Une réforme douanière devient donc indispensable. L’État haïtien devrait :
réduire les taxes sur certains véhicules ;
établir un système de calcul plus transparent ;
offrir des avantages à la diaspora ;
encourager l’importation de véhicules en bon état ;
lutter contre la corruption et les frais illégaux dans les ports.
Une baisse raisonnable des taxes pourrait avoir des effets positifs immédiats : augmentation du nombre de véhicules dédouanés légalement, hausse des recettes globales de l’État grâce à un plus grand volume d’importations, amélioration du parc automobile national et renforcement de la confiance entre la diaspora et les institutions publiques.
Haïti ne peut pas continuer à pénaliser ceux qui veulent investir ou aider leurs proches. Il est temps d’adopter une politique douanière plus juste, plus moderne et plus adaptée à la réalité économique du pays.
Alceus Dilson

