Avantages et inconvénients
Neuf (9) stations de Télévision opérant en mode analogique sont autorisées par l’organe de régulation des Télécom et la radiodiffusion (Conatel) à exploiter la bande des 700 MHz jusqu’au 30 septembre 2027 en Haïti, selon la liste officielle que nous avons consultée.
Elles sont toutes situées à Port-au-Prince. Il s’agit de :
- TELE METROPOLE – Propriétaire : RICHARD WIDMAIER – Canal 52 – Puissance : 3000 W – STL : OUI – Ville : PORT-AU-PRINCE
- TELE INDIGENE – Propriétaire : ALFRED MICANOR (ou MICANORD ALFRED) – Canal 54 – Puissance : 1000 W – STL : OUI – Ville : PORT-AU-PRINCE
- TELESIGNAL – Propriétaire : MARIO VIAU – Canal 56 – Puissance : 1000 W – STL : OUI – Ville : PORT-AU-PRINCE
- TELE ENERGIE – Propriétaire : MAXIME MOUSSIGNAC – Canal 58 – Puissance : 1000 W – STL : OUI – Ville : PORT-AU-PRINCE
- TELE MEGASTAR – Propriétaire : JEAN EDDY CHARLEUS – Canal 60 – Puissance : 1000 W – STL : OUI – Ville : PORT-AU-PRINCE
- TELEGALAXIE (ou TELE GALAXIE) – Propriétaire : YVES JEAN-BART – Canal 62 – Puissance : 500 W – STL : OUI – Ville : PORT-AU-PRINCE
- TELE PACHOU (ou TELE PACHU) – Propriétaire : JOSEPH ROUSSEL (ou JOSEPH ROUSSEL BISSERETH) – Canal 64 – Puissance : 1000 W – STL : OUI – Ville : PORT-AU-PRINCE
- TELEVISION 2000 – Propriétaire : MULTIPRESSE S.A. – Canal 66 – Puissance : 3000 W – STL : OUI – Ville : PORT-AU-PRINCE
- TELESUPER STAR – Propriétaire : ALBERT CHANCY – Canal 68 – Puissance : 2500 W – STL : OUI – Ville : PORT-AU-PRINCE
Le CONATEL mène des négociations en cours pour le financement, la mise en place et la gestion des plateformes de diffusion TNT (surtout pour la phase pilote à Port-au-Prince, en collaboration avec la RTNH).
Les stations analogiques doivent devenir des éditeurs de contenus et négocier leur diffusion sur les multiplex numériques désignés par le CONATEL. Aucune fréquence UHF haute (52-69) ne sera maintenue en analogique après le 30 septembre 2027.
Le contexte est tendu : fin des droits d’exploitation analogique au 30 septembre 2027, obligation de devenir « éditeurs de contenus », et risque d’oligopole si 2-3 grands opérateurs contrôlent les multiplex. Les associations (ANMH, AMIH) restent encore discrètes en phase d’analyse, mais des positions plus fermes sont attendues.
Voici les postures (stratégies ou positions) possibles que peuvent adopter les stations () lors de ces négociations.
1. Posture collaborative et proactive (la plus réaliste et encouragée par le CONATEL)
- Accepter le cadre du décret sans contestation frontale.
- Préparer rapidement un dossier technique et commercial (programmes, audience, capacité de production) pour négocier des contrats de diffusion avantageux (tarifs de transport, emplacements dans les multiplex, sous-canaux HD, durée des contrats).
- Participer activement à la phase pilote (simulcast) pour démontrer sa valeur et obtenir une place prioritaire sur les plateformes.
Avantages :
- Accès rapide à la diffusion TNT gratuite et de meilleure qualité (HD, multiplexage).
- Meilleure image/son et possibilité de sous-canaux.
- Relation positive avec le CONATEL → priorité dans la phase pilote (simulcast) et mesures d’accompagnement.
- Moins de risques juridiques ou d’amendes.
- Transition plus fluide pour l’audience.
Inconvénients :
- Perte de contrôle sur la diffusion (dépendance vis-à-vis des opérateurs de plateformes).
- Tarifs de transport potentiellement élevés sans garantie de priorité.
- Risque de marginalisation si les grands acteurs dominent les multiplex.
- Acceptation implicite de la perte des droits acquis sans compensation forte.
2. Posture revendicative / défensive (demandes de garanties et compensations)
- Exiger la priorité pour les concessionnaires historiques (droits acquis) au lieu d’une mise en concurrence avec de nouveaux acteurs.
- Réclamer une prolongation des délais au-delà du 30 septembre 2027 et un fonds d’accompagnement (subventions pour équipements numériques, formation, etc.).
- Demander une indemnisation ou une compensation pour la perte des fréquences analogiques (valeur économique des concessions).
Cette posture est évoquée par les associations de médias qui sont encore en phase d’analyse mais pourraient durcir leur position si le dialogue n’apporte pas de résultats concrets rapidement.
Avantages :
- Défense des droits acquis des concessionnaires historiques (investissements passés, audience construite).
- Possibilité d’obtenir des concessions concrètes : prolongation au-delà de 2027, subventions, tarifs préférentiels ou priorité dans les multiplex.
- Alignement avec les critiques du décret (insécurité juridique, absence de protection comme en République dominicaine).
- Renforce la position collective si plusieurs stations s’unissent.
Inconvénients :
- Risque de tension avec le CONATEL → retard dans la phase pilote ou exclusion de négociations prioritaires.
- Délais plus longs → risque de coupure brutale du signal analogique sans alternative prête.
- Coûts juridiques et temps perdu si le dialogue s’enlise.
- Perception de résistance au progrès technologique par le régulateur et le public.
3. Posture collective et associative (force du nombre)
- Se regrouper via l’ANMH, l’AMIH ou un front commun des stations de l’Ouest pour négocier en bloc avec le CONATEL.
- Présenter un cahier de charges unique (ex. : tarifs uniformes, garantie de pluralisme, priorité aux chaînes locales).
Avantages :
- Plus grand poids de négociation face au CONATEL et aux futurs opérateurs.
- Possibilité d’obtenir un cahier de charges commun (tarifs uniformes, garantie de pluralisme, priorité aux historiques).
- Réduction du risque d’oligopole et meilleure protection des petites/moyennes stations.
- Partage des coûts d’analyse juridique et d’expertise.
Inconvénients :
- Difficulté à aligner tous les intérêts (grandes vs petites stations, intérêts divergents).
- Processus plus lent (décisions collectives).
- Risque de fragmentation si certaines stations préfèrent négocier individuellement.
- Silence actuel des associations pourrait retarder l’action.
4. Posture ambitieuse / offensive (devenir acteur de la diffusion)
- Participer à l’appel d’offres (ou négociations) pour obtenir une licence d’opérateur de plateforme/multiplex (gérer soi-même une fréquence numérique et diffuser d’autres chaînes).
- Les stations les plus solides (ex. : TELE METROPOLE, TELEVISION 2000) peuvent s’associer ou investir pour rester maître de leur signal.
Risque : Coûts élevés en infrastructure numérique.
Avantages :
- Maintien d’un contrôle important sur la diffusion (rester maître de son signal + diffuser d’autres chaînes).
- Opportunité de revenus supplémentaires (transport de signaux d’autres éditeurs).
- Position de force à long terme dans le nouveau paysage numérique.
- Alignement avec la modernisation du secteur.
Inconvénients :
- Coûts très élevés (infrastructure numérique, conformité technique, investissements substantiels).
- Risque élevé d’échec pour la plupart des stations (surtout les plus petites).
- Concurrence avec de nouveaux acteurs potentiellement mieux financés.
- Exigence de capacités techniques et financières que peu possèdent actuellement.
5. Posture de diversification / repli (option de sécurité)
- Négocier minimalement avec le CONATEL pour la TNT tout en développant en parallèle des voies alternatives : câble, satellite, IPTV, OTT (streaming) ou partenariats avec la RTNH.
- Préparer une migration partielle ou une cessation progressive si les termes de négociation sont trop défavorables.
- Utile pour les plus petites stations (ex. : TELEGALAXIE, TELE PACHOU) qui risquent de disparaître sans soutien.
Avantages :
- Réduction de la dépendance exclusive à la TNT terrestre.
- Accès à de nouveaux publics (diaspora via streaming, abonnés payants).
- Flexibilité et résilience si les termes de la TNT sont défavorables.
- Possibilité de revenus diversifiés (modèle hybride gratuit + payant).
Inconvénients :
- Couverture potentiellement moindre (TNT reste le moyen le plus universel et gratuit).
- Coûts supplémentaires pour plusieurs plateformes.
- Perte d’audience chez les ménages sans internet ou décodeur TNT.
- Ne résout pas complètement l’obligation de migrer pour la diffusion hertzienne.
6. Posture contestataire / juridique (dernière option)
- Préparer des recours (administratifs ou judiciaires) en invoquant la violation des droits acquis et l’absence de mécanismes de protection (contrairement à la République dominicaine).
Cette posture reste discrète pour l’instant ; elle pourrait émerger si le dialogue promis par le CONATEL n’aboutit pas.
Avantages :
- Possibilité de faire annuler ou modifier des dispositions du décret (insécurité juridique soulignée par les analystes).
- Pression forte pour obtenir des compensations ou une révision.
- Défense de principe des investissements historiques des concessionnaires.
Inconvénients :
- Processus long et coûteux (procédures, avocats).
- Risque de détérioration des relations avec le CONATEL pendant la transition.
- Incertitude pendant les recours → risque de blackout du signal sans alternative.
- Peu probable de succès total face à un décret publié au Moniteur.
La plupart des observateurs estiment qu’une combinaison des postures 1 (collaborative), 2 (revendicative) et 3 (collective) serait la plus prudente pour les stations de l’Ouest.
La phase pilote à Port-au-Prince avance, et le CONATEL promet dialogue et accompagnement, mais sans détails concrets sur les tarifs ou le fonds de soutien pour l’instant.
Le paysage est encore fluide. Les stations les plus solides (ex. TELE METROPOLE, TELEVISION 2000) ont plus de marge pour l’ambitieuse, tandis que les plus petites ont intérêt à la collective et à la diversification.

