28 septembre 2026
Présidentielles américaines de 2024 – L’économique, un thème confus dans les débats électoraux!
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Présidentielles américaines de 2024 – L’économique, un thème confus dans les débats électoraux!

Par Hancy PIERRE, Spécialiste en Relations internationales.

L’économique est un sujet inédit dans la tradition du Grand Old Party (GOP) sinon le “Reaganomic” qui s’est rabattu sur de mythes économiques, assimilés au libéralisme.

Trump revient à la charge pour dénoncer le camp démocrate d’avoir fait du “mauvais travail”, malgré la croissance robuste et l’emploi au beau fixe”. Trump s’irrite contre l’actuelle inflation qui frappe l’économie américaine. Mais 16 prix Nobel de l’économie dont  Joseph Stiglitz et Claudia Goldin se sont préoccupés des risques d’un second mandat de Trump sur l’économie américaine.

En effet, durant l’administration de Trump (2016-2020) le taux de chômage était de moins de 4% et pour une inflation de 6%. Il se vante de ce bas taux du chômage. Il n’a pas eu pour autant gain de cause pour sa réélection aux présidentielles de 2020.

Par ailleurs, les références historiques font état de la santé de l’économie américaine durant les administrations de Bill Clinton (1992-2000) quand celui-ci a trouvé une formule cocktail  pour rabaisser le taux de chômage hérité de l’administration de Georges W.H Bush de 4.7% associé à un taux de croissance de 3,6%. Le chômage était donc passé  de 6.3% en 1990  à 3,9% en 2000. Ce, au regard d’un taux de croissance moyen de 3.1% enregistré de 1970 à 2000.Mais l’apport des travailleurs sans papier dans la productivité avait beaucoup pesé en aidant les Etats Unis à  affronter les compétitivités dans le secteur des services.

Jimmy Carter(1976-1980), “un mal aimé” avait réussi à contenir la crise de 1974-1975 avec des résultats envolés dans le cadre de la récession des années 1980 à l’ère du néoconservatisme de Reagan. Le président Carter , dans ses trois premières années avait créé 100,000 nouveaux emplois. Mais le parti démocrate allait perdre face à Ronald Reagan. La politique étrangère de Carter ne satisfaisait pas le peuple américain.

Le topique de plein emploi et de la croissance économique évoqué par Donald Trump  est de l’ordre de raccourcis dans les débats sur l’économie pour créer des effets spéciaux dans le discours politique. On peut faire prévaloir la posture interventionniste du président Obama face à la crise du logement; ce qui fut pareil , en 1980, à l’avènement de Ronald Reagan. Obama a du injecter 700 milliards de dollars pour contenir aussi la faillite financière des banques, soient des créances douteuses. Obama a hérité d’une crise d’endettement dont le taux frise 419% du PIB en 2010 par rapport au taux de 350% de 2007,Le PIB de 2009 étant de 14,266 milliards de dollars quand le taux de chômage lui-même était de 9.9%, malgré une croissance de 2.9%.

L’inflation et le cout de la vie dominent la scène électorale selon les sondages. En 2018-2019, l’économie américaine progressait plutôt bien avec une croissance moyenne de 2.7% du PIB réel alors que le potentiel était estimé à 2.1%. En 2016-2017 une progression moyenne du PIB réel de 2,6%.Trump suggère la dérèglementation et la baisse  des impôts. Il se propose d’imposer un tarif de 10% sur les importations américaines de biens et 60% sur celles en provenance de la Chine. Ce, pour réduire le déficit budgétaire. Ce qui pourrait accélérer l’inflation de l’avis de plus d’un. Biden considère essentielle la main d’oeuvre étrangère à l’activité économique.

La partition du congrès et de la chambre des représentants est considérable dans le système politique américain. Le camp adverse  est souvent majoritaire dans les deux chambres ou dans l’une d’entre elles.  La responsabilité des deux chambres et la présidence  est partagée dans les croissances ou les crises économiques sans négliger  des groupes d’intérêts et des lobbies qui font souvent le contrepoids.

En 1994 , la majorité républicaine dans les deux chambres a été importante  depuis 1950.

En 2012, avec Barack Obama , le sénat était en bleu avec 54 sièges. Par la suite, les républicains contrôlent sensiblement le sénat sous Obama lors des élections de mi-mandat de 2014 et gardent la chambre des représentants qu’il contrôle depuis 2010. Barack Obama finit son mandat face au parti adverse qui assure la majorité dans les deux chambres comme ce fut le cas avec Georges H.W, Bush et Ronald Reagan. La baisse du chômage de 5.9% ne relève pas sa côte. 

3 millions d’individus ont perdu leur emploi sous Georges W. Bush ce qui s’es aussi passé sous l’administration de son père. Le candidat John Kerry a promis 10 millions d’emplois en 4 ans. Mais 300,000 personnes ont trouvé de l’emploi en seul mois de mars 2004 et 300,000 le mois suivant ce qui a fait le succès de Bush. Ils ont enregistré un déficit budgétaire pour fin 2004 de 521 milliards de dollars.

Joe Biden avec une légère majorité de 51 sièges négocie ses politiques. Son administration a garanti un bon climat d’emploi . Mais l’inflation a des répercussions sur la hausse du cout de la vie. Aussi l’endettement  pèse-t-il sur l’économie. Quant aux dépenses pour supporter l’Ukraine dans ses menées de guerre, elles constitueraient un lourd fardeau pour le futur.

La thématique de l’économie dans les débats des présidentielles américaines  n’est jusque là un qu’un appendice.

Repères bibliographiques

-Présidentielle américaine 2024

Présidentielle américaine: l’inflation au coeur d’un premier débat confus entre Joe Biden et Donald Trump par latribune.fr du 28/06/2024

-Francis Généreux “Elections présidentielles aux Etats Unis: le débat économique n’a pas eu lieu”, Desjardins , 5 juillet 2024Paul Lesourd, Qui êtes -vous Monsier Johnson? 36è président des Etats Unis, Editions de Paris, Paris 1963.

-William Domhoff, quien gobierna los Estados Unidos, Editores Siglo XXI, Mexico 1980.

Hancy Pierre, “Obama-Mc Cain:diplomatie, entre contention, ouverture et réconciliation”, in Le Nouvelliste du 30/01/2008.

Melvin I. Urofsky, Basic readings in US Democracy, United State Information Agency, Division of the study of the United States, Washington D.C 1994.

-Elisabeth Vallet et David Grondin (sous la direction de),Les élections présidentielles américaines, Presses de l’Université du Québec, Québec 2004.

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