NOTE DE PRESSE
POSITION DE L’OCNH SUR LA GRÈVE DES MAGISTRATS DÉBOUT EN HAÏTI
L’Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti (OCNH), structure de défense de droits humains, engagée dans une campagne de plaidoyer en faveur du renforcement des institutions étatiques et de la gouvernance judiciaire en particulier, prend acte avec beaucoup d’inquiétudes que le Collectif des Magistrats debout Haïtiens (COMADH) a observé un nouvel arrêt de travail paralysant ainsi toutes les activités dans les dix-huit (18) Juridictions des Tribunaux de Première Instance de la République. De son côté, l’Association Nationale des Greffiers Haïtiens (ANAGH) fait la solidarité à la grève des magistrats débout pour les mêmes causes, à savoir, les revendications relatives aux inégalités de traitement.
Suivant les échanges tenus avec les responsables du COMADH et de l’ANAGH, ce mardi neuf (09) juillet 2024, l’OCNH a appris que les autorités au niveau du ministère de la Justice et de la Sécurité Publique ont déjà apporté certaines satisfactions insignifiantes aux demandes des grévistes. L’OCNH saisit l’occasion pour rappeler que durant les quatre dernières années, la justice haïtienne a connu des moments de dysfonctionnement chronique non seulement à cause des turbulences politiques et des arrêts de travail du personnel judiciaire mais surtout en raison de la dégradation du climat sécuritaire du pays. Les justiciables sont toujours les principales victimes de ces situations.
L’OCNH admet la pertinence des revendications des Magistrats en vue de combattre les inégalités salariales dans la Magistrature Haïtienne dont les meilleures conditions de travail. Toutefois, l’OCNH déplore que ce mouvement soit lancé dans un contexte où le système judiciaire doit se mobiliser pour apporter des réponses aux graves violations de droits humains, à l’impunité et à la lutte contre la détention arbitraire. Les survivantes de viols et de violences sexuelles victimes des gangs armés sont en attente de justice et réparations. Le phénomène de l’impunité et la lutte contre la corruption ne peuvent pas être abordés efficacement par une justice quasiment dysfonctionnelle. L’OCNH ne saurait oublier la question de plus de quatre mille détenus évadés de la Prison Civile de Port-au-Prince et celle de la Croix-des-Bouquets qui mérite un traitement urgent par la Police et la Justice.
En conséquence, l’OCNH dans le cadre de son plaidoyer pour la bonne gouvernance judiciaire se dispose à jouer un rôle de facilitateur dans ce dossier dans la recherche d’une solution négociée et appelle les acteurs à un dépassement et au retour à la table des discussions afin de garantir le respect du principe de la continuité des services publics de la justice.
Port-au-Prince le 10 juillet 2024.
Camille OCCIUS
Directeur Exécutif

