par Hancy PIERRE, spécialiste en Relations Internationales
Le candidat aux présidentielles américaines Donald Trump devance sa concurrente Kamala Harris de 1 point (47% contre 46%) selon David Leonhardt dans le quotidien “The New York Times du 26 juillet 2024”.
Nous qualifions “d’intermède électoral” la période allant du 21 juillet au 19 aout 2024 qui correspond à la date de la Convention des démocrates chargée d’ élire leur candidat aux prochaines présidentielles . Il y a lieu de souligner que Kamala Harris aurait à bénéficier de l’électorat des jeunes et des minorités de couleur . Ce qui aurait déjà déjoué le discours fleuve de “virilité politique” qui était la force de Trump face à son ancien concurrent Joe Biden.
Dans la même conjoncture, la visite des 23 et 24 juillet du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou se réalise sur du sable mouvant.Les réticences sont unanimes à l’encontre des attaques contre des civils à Gaza.Pour Kamala :”il est temps de mettre un terme à la guerre “dévastatrice” “. Biden, en dépit de ses votes de veto en trois occasions contre l’adoption d’un Cessez-le-feu à Gaza, s’en prend maintenant à Israël, dans la foulée de pressions des secteurs progressistes du camp des démocrates.
Quant à Trump, il se préoccupe surtout de l’image décriée d’Israël auprès de quelques alliés internationaux. Tout laisse croire une “stratégie floue” dominante à l’égard de la guerre Israël-Hamas de la part de Trump (Le Figaro du 4/4/2024) , transposée aussi dans le camp adverse.
L’alignement des Etats Unis à la cause d’Israël est un acquis historique. En effet, “le Congrès américain avait approuvé le Jerusalem Embassy Act le 23 octobre 1995, enjoignant au président de déplacer l’ambassade américaine vers la capitale.Mais depuis Bill Clinton, Georges W,Bush et Obama firent défaut, envoyant tous les six mois une récusation au Congrès pour raison de sécurité nationale. Trump, lui, a transféré cette ambassade en mai 2018”.
La récente visite du premier ministre Netanyahou serait un test pour évaluer l’ alignement politique traditionnel des dirigeants américains à Israël. Mais dans les “deux camps”, les nuances dans les positions ne se situent qu’au niveau des moyens non sur les fins.
Repères bibliographiques
-Elisabeth VALLET et David GRONDON (sous la direction de), Les Élections présidentielles américaines, Presses de l’Université du Québec, Québec 2004.
-Trump et Jerusalem:continuité et changements dans les relations américano-israéliennes,Eytan Gilboa, traduit de l’anglais par Nathanaël Herzog dans Outre-Terre 2017/1(No 50) pages 207 à 212.https://www.cairn.info
-Jeanne Durieux,Guerre Israël-Hamas, Donald Trump, la stratégie du “flou” publié le 4/4/2024 in https://www.lefigaro.fr

