Le plus grand problème de Premier Ministre Garry Conille est la route qu’il a emprunté pour arriver à la Primature. Cette faiblesse « génétique » du PM est probablement l’une des principales raisons pour laquelle des entrepreneurs politiques comme le Docteur Claude Joseph et Moïse Jean Charles n’ont aucun respect pour lui.
Ils voient en la personne de l’ex-Chef de Cabinet de Bill Clinton, leur reflet, c’est-à-dire un serviteur zélé et fidèle du Core Group , ramassant des millions dans les baisser de l’État et sur le dos d’un peuple mis en déroute par des gangs armés criminels.
Le Docteur Gérald Gilles , un autre entrepreneur politique, un médecin comme le Docteur Conille, qui semble développer des relations très personnelles , amicales et même complices avec ce dernier, ne le respect que dans la mesure où il peut profiter de cette relation.
Cependant cette semaine, circulent sur les réseaux sociaux et certaine médias traditionnels des histoires impliquant ces 3 entrepreneurs politiques et le Premier Ministre Conille et faisant écho de certains dossiers étatiques et de certaines difficultés rencontrées par le PM Conille ayant rapport avec ces trois ex-membres du BMI ( Bloc Majoritaire Indissoluble) au sein du Conseil Présidentiel de Transition (CPT)
Les histoires racontées sur les réseaux sociaux laissent croire que le PM serait confronté ces dernières 24 heures aux appétits insatiables de certains hommes d’affaires et des entrepreneurs politiques qui veulent capturer l’État et le mettre à leur service, en s’accaparer des principaux postes dans l’Administration publique.
Nous avons recensé quelques une de ces dossiers uniquement se titre indicatif :
- Affaire dossier Sanctions Lamothe/Département d’État/Premier Ministre Garry Conille
- Affaire Claude Joseph- Moïse Jean Charles – Premier Ministre Conille/ FNE
- Affaire Oasis/ONA/BNC/Apaid/CPT
- Affaire Conatel/Rose Milla/Tekemax/Céant
Nous nous gardons , pour l’instant de rapporter les détails liés à ces différents affaires ou dossiers.
Nous préférons aujourd’hui nous attarder sur les tactiques utilisées par les homme d’affaires et les entrepreneurs pour influencer le gouvernement Conille et servir leurs intérêts personnels ou commerciaux, souvent au détriment de la transparence, de l’équité démocratique et de l’intégrité des institutions publiques.
Dans un second temps nous présentons les différentes formes que peut prendre la lutte contre la captation de l’État par les entrepreneurs politiques et les hommes d’affaires.
- Financement des Campagnes Politiques :
En Haïti les hommes d’affaires et entrepreneurs politiques haïtiens peuvent utiliser leurs ressources financières considérables pour soutenir des candidats politiques qui sont favorables à leurs intérêts économiques. Ce financement peut prendre la forme de dons directs aux campagnes, de contributions à des comités d’action politique ou de financement de publicités politiques. En retour, les candidats élus peuvent être enclins à soutenir des politiques qui bénéficient à leurs donateurs, créant ainsi un cercle de soutien mutuel entre le secteur privé et le gouvernement. - Lobbying Intensif :
Le lobbying consiste à influencer les décideurs politiques en utilisant diverses tactiques telles que les rencontres directes avec les législateurs, la rédaction de propositions de loi, la fourniture de recherches et d’analyses favorables à leurs positions, et l’organisation de campagnes de sensibilisation publique. Les groupes de lobbying sont souvent bien financés et organisés, leur permettant d’exercer une pression significative sur les décideurs politiques pour qu’ils adoptent des politiques qui favorisent les intérêts de leurs clients, souvent au détriment de l’intérêt général. - Revolving Door :
Le phénomène du « revolving door » implique le passage fréquent et souvent fluide entre le secteur privé et le gouvernement. Les hommes d’affaires et entrepreneurs peuvent recruter d’anciens fonctionnaires gouvernementaux influents pour leur expertise, leurs relations et leur connaissance intérieure des processus décisionnels. Cette pratique leur donne un accès privilégié aux coulisses du pouvoir politique et leur permet d’influencer directement les politiques publiques en faveur de leurs intérêts commerciaux. - Contrôle des Médias :
Posséder des médias ou financer des plateformes médiatiques permet aux hommes d’affaires et entrepreneurs de façonner l’opinion publique et de influencer le débat politique. En contrôlant les récits médiatiques, ils peuvent promouvoir des perspectives favorables à leurs intérêts économiques, discréditer leurs adversaires politiques et maintenir une image publique positive pour leurs entreprises. - Offres de Travail Post-Fonction Publique :
L’offre de postes lucratifs dans le secteur privé après la fin du mandat d’un fonctionnaire peut inciter ce dernier à prendre des décisions politiques qui favorisent les entreprises qui lui offrent un emploi potentiel. Cette pratique crée un conflit d’intérêts potentiel et peut compromettre l’objectivité des décideurs publics dans l’exercice de leurs fonctions gouvernementales. - Contournement des Règles et des Régulations :
Les hommes d’affaires et entrepreneurs peuvent exploiter des failles légales ou réglementaires pour contourner les restrictions sur le financement politique, les activités de lobbying ou d’autres pratiques réglementées. Ils peuvent également utiliser leur influence pour influencer la rédaction de nouvelles réglementations ou pour retarder leur mise en œuvre afin de maintenir un avantage concurrentiel ou de minimiser les contraintes réglementaires. - Collusion avec des Officiels Corrompus :
Travailler avec des fonctionnaires corrompus ou des politiciens véreux peut permettre aux hommes d’affaires et entrepreneurs d’obtenir des faveurs spéciales, tels que des contrats gouvernementaux lucratifs, des exonérations fiscales ou d’autres avantages qui ne seraient pas accessibles par des moyens légaux ou éthiques. Cette pratique est hautement illégale et peut avoir des conséquences graves pour toutes les parties impliquées si elle est découverte. - Participation à des Comités Consultatifs :
Les hommes d’affaires et entrepreneurs peuvent être nommés ou invités à siéger à des comités consultatifs gouvernementaux ou des groupes de travail. Cela leur donne une plateforme pour influencer les recommandations politiques et les décisions réglementaires en partageant leur expertise sectorielle et en défendant leurs intérêts spécifiques. Ces comités jouent souvent un rôle crucial dans la formulation des politiques publiques et peuvent influencer considérablement l’orientation future des régulations et des lois. - Utilisation de Think Tanks et de Groupes d’Experts :
Les hommes d’affaires et entrepreneurs peuvent financer des think tanks et des groupes d’experts qui produisent des recherches et des analyses favorables à leurs intérêts. Ces organisations influencent le débat public en fournissant des arguments et des données qui soutiennent leurs positions politiques et économiques. Les recommandations politiques des think tanks peuvent être largement diffusées et adoptées par les décideurs gouvernementaux, influençant ainsi les politiques publiques dans un sens favorable à leurs intérêts. - Utilisation de la Menace de Délocalisation :
En menaçant de déplacer leurs opérations vers d’autres juridictions ou pays où les conditions sont plus favorables, les hommes d’affaires et entrepreneurs peuvent inciter les gouvernements à leur accorder des avantages fiscaux, des subventions ou d’autres incitations économiques. Cette stratégie exploite la concurrence entre les États et peut forcer les gouvernements à prendre des décisions qui vont à l’encontre de l’intérêt général ou qui ne sont pas économiquement viables à long terme.
La lutte contre la captation de l’État par les entrepreneurs politiques et les hommes d’affaires est essentielle pour préserver l’intégrité de la démocratie et assurer que les décisions politiques servent l’intérêt public plutôt que des intérêts privés. Voici plusieurs approches pour mettre un terme à cette pratique :
- Renforcement des Lois et Régulations : Adopter et appliquer des lois strictes régissant le financement des campagnes politiques, les activités de lobbying et les conflits d’intérêts. Renforcer les régulations pour rendre plus transparentes les contributions financières aux campagnes et limiter les dons provenant d’entreprises et de groupes d’intérêt particuliers.
- Transparence et Reddition de Compte : Exiger une transparence totale dans les relations entre les hommes d’affaires, les entrepreneurs et les fonctionnaires. Développer des mécanismes efficaces de reddition de compte pour enquêter sur les pratiques de captation de l’État et sanctionner les violations éthiques ou légales.
- Réforme du Financement Politique : Promouvoir le financement public des campagnes électorales pour réduire la dépendance à l’égard des dons privés. Instaurer des plafonds stricts sur les dépenses de campagne et interdire les contributions provenant de sources non personnelles ou non transparentes.
- Indépendance des Médias et de la Société Civile : Soutenir l’indépendance des médias pour assurer une couverture équitable et critique des activités politiques et économiques. Encourager la participation active de la société civile dans la surveillance des processus politiques et la dénonciation des pratiques de captation de l’État.
- Renforcement de l’Éducation Civique : Promouvoir l’éducation civique pour sensibiliser les citoyens aux dangers de la captation de l’État et les encourager à participer activement au processus démocratique. Renforcer la compréhension des normes éthiques et des principes de gouvernance responsable.
- Renforcement des Institutions de Contrôle : Renforcer les organes de contrôle et de surveillance tels que les commissions électorales, les organismes de lutte contre la corruption et les bureaux de vérification pour garantir l’application rigoureuse des lois et la prévention des conflits d’intérêts.
- Promotion de la Transparence des Décisions Politiques : Exiger une transparence accrue dans le processus décisionnel politique, y compris la publication des réunions, des documents de travail et des décisions prises par les fonctionnaires et les législateurs. Faciliter l’accès du public aux informations gouvernementales pertinentes.
- Renforcement de la Séparation des Pouvoirs : Protéger et renforcer l’indépendance du pouvoir judiciaire et des organes de contrôle parlementaire pour assurer une gouvernance équilibrée et responsable. Garantir que chaque branche du gouvernement agisse comme un contrepoids efficace aux abus de pouvoir potentiel.
- Promotion de Normes Éthiques Élevées : Encourager les entreprises à adopter des pratiques commerciales éthiques et responsables, notamment en évitant toute implication dans des activités politiques qui pourraient compromettre l’intégrité du processus démocratique.
- Collaboration Internationale : Travailler avec d’autres pays et organisations internationales pour développer des normes et des pratiques communes visant à prévenir la captation de l’État et à promouvoir la bonne gouvernance à l’échelle mondiale.
En combinant ces approches, il est possible pour le PM Conille de réduire l’influence indue des entrepreneurs politiques et des hommes d’affaires sur le gouvernement, renforçant ainsi la démocratie et assurant une gouvernance plus juste et équitable pour tous.
Celimène Fratus

