Les bandits de « Gran-Grif » multiplient leurs exactions contre la population dans la vallée de l’Artibonite pendant qu’à Port-au-Prince, les soldats kenyans du premier contingent de la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MMAS) se la coulent douce. En parallèle, la presse kenyane annonce la récupération du bâtiment de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH) par les soldats africains jusqu’ici invisibles sur le terrain des opérations.
Au moins une vingtaine de citoyens ont été enlevés dans l’après-midi du jeudi 11 juillet par des bandits du gang « Gran-Grif », rapporte le président du Syndicat des planteurs visionnaires pour le développement de l’Artibonite (SPVDA). Selon René Charles, les criminels ont fait irruption dans des maisons dans la localité Moreau-Paye pour kidnapper des paysans.
Les otages ont été conduits à Savien et les ravisseurs réclament de fortes sommes pour pouvoir les libérer. Parallèlement, plusieurs localités de la Vallée de l’Artibonite sont sous le contrôle des malfrats qui accélèrent leur entreprise criminelle depuis l’arrivée le 25 juin dernier du premier contingent de la MMSA, requis pour appuyer les forces publiques dans lutte contre le grand banditisme et la criminalité.
En réaction, des membres de la population ont entamé ce vendredi un mouvement de protestation visant à forcer les autorités policières à prendre leurs responsabilités face à la terreur imposée par des groupes criminels armés. Les protestataires exigent la réparation d’un véhicule blindé affecté au service du Sous-commissariat « Pat-Chwal », dysfonctionnel depuis plus de 3 mois en raison d’une panne technique.
À hauteur de « Pat-Chwal », les manifestants ont érigés des barricades de carcasses de véhicules et de troncs d’arbre pour paralyser la circulation automobile. Des véhicules font la file sur la route nationale numéro 1, dans l’espoir d’un dénouement de la situation, apprend-t-on.
Hervé Noel

