Coup d’œil sur la réalité.
Bouleversée, malmenée par cette crise multiforme entretenue par des intérêts antagoniques, notre chère Haïti ressemble à un navire égaré en haute mer et qui est balloté par les flots de toutes sortes, mugissants et furieux. Chaque jour, il doit faire face à de nouvelles menaces qui présagent bien des malheurs. Les marins se sont jetés à l’eau et les matelots naviguent sans direction ni expérience sur cette mer houleuse qui provoque peur et frisson en face des requins, des monstres marins qui se font de plus en plus menaçants pour provoquer la débâcle juste pour assouvir leur appétit glouton.
Les signes de détresse ne sont pas captés ni interprétés alors que les passagers agonisent, se meurent de faim et de soif. Le temps est nuageux, le soleil ne se point pas à l’horizon. Pas de possibilité de s’orienter à l’œil nu. Ainsi, tout de go, apparaissent-ils des amateurs qui ne connaissent ni la mer ni la réalité du navire, s’improvisent en maîtres-marins pour guider les matelots vers des gouffres qui provoqueront la destruction du navire, la noyade des passagers et des matelots. In extremis, au comble du désespoir, dans la cale du navire se trouve une boussole qui a été mise de côté par les marins qui ne croyaient ni en Dieu ni à la science mais à une foule d’éminentes individualités qu’ils se donnaient. On poussait un ouf puisque la boussole qui est faite pour guider les marins a été retrouvée. Mais grande a été la surprise de voir de vives discussions s’élever entre les matelots pour dire non, la boussole est désuète, elle n’est pas applicable. Non, nous n’allons pas l’utiliser.
Continuons à écouter nos amateurs, ils sont de bonne foi. Appliquons leurs recettes. Et nous autres, allons, essayons une nouvelle formule pour piloter le navire, faisons confiance à notre intuition, vous savez que nous sommes très ingénieux, nous allons étonner le monde. Voici ce que nous allons faire, nous avons trouvé un nouveau truc pour nous recycler, au lieu d’avoir maintenant un marin au contrôle du navire avec la boussole pour guide, mettons sept (7) matelots à tenir le gouvernail avec deux moussaillons pour les divertir. Et l’affaire sera faite. Et, les passagers dans tout cela ? On en reparlera en temps et lieux, faisons l’affaire. Voilà maintenant la réalité de notre pays.
Quel est l’état de la situation sur le plan institutionnel ?
Nous le savons tous, chers compatriotes, la force de tout pays, de toute nation se réside dans ses lois, ses principes et la force de ses institutions. On ne dirige pas un pays avec des accords par -ci et par-là. Notre pays est en crise tout simplement parce que les lois, les principes et les institutions n’ont jamais été respectés. Monsieur Jovenel MOISE n’a pas respecté l’article 134-2 de la constitution dite amendée sur laquelle il avait prêté serment. Il n’a pas organisé les élections selon le vœu de la constitution pour renouveler les institutions démocratiques du pays. Il est mort en laissant un pays en crise institutionnelle, le parlement n’a pas été renouvelé, la Cour de Cassation dysfonctionnelle avec seulement trois ou quatre juges régulièrement nommés en 2019. Le Premier Ministre Ariel HENRY qui a été tweeté au pouvoir avait 60 jours pour organiser des élections pour élire un nouveau président et rendre fonctionnels le pays et les institutions démocratiques, il ne l’a pas fait. En bon yoyo aux mains de ses maitres, il a passé trente mois au pouvoir sans rien faire pour le pays et pour le peuple jusqu’à ce qu’il ait été ‘’ddnisé’’ (opération DDN)
encore avec la complicité de ceux qui l’avaient yoyotisé. Maintenant, nous avons un pays au bord de la catastrophe sans pouvoir législatif, sans collectivités territoriales, un pouvoir exécutif démissionnaire et dysfonctionnel et un pouvoir judiciaire avec certains juges illégalement nommés à la cour de Cassation.
Que faire ?
Il est vraiment risible d’entendre des compatriotes dire qu’on ne peut pas se référer à la Constitution 1987 et l’on doit se demander pourquoi ? Notez bien que la constitution n’a pas été abolie. Ce qui veut dire, elle se tient. Incroyable mais vrai de constater qu’il est plus facile de conclure des accords illusoires, désaccordés, de signer des compromis intéressés que de se référer à la constitution du pays ? Quelle absurdité ! Quelle aberration ! Quelle tintinnade ! Quoi ! on veut laisser de côté la loi-mère (la Constitution) du pays pour se référer à des chimères, des alliances contre nature poursatisfaire les intérêts mesquins de ces vautours, éternels politiciens devant baron, des caméléons de toutes couleurs qui ne disent jamais assez ou non. Chers compatriotes, demandons quel est le problème de la constitution ? Quels sont les aspects des attributions du président de la république qui ne sont pas applicables maintenant ? Au cas il y en aurait deux (2) ou trois (3), on les mettra en veilleuse. Quel est le problème ? Dans cette situation, il faut se référer à la constitution pour choisir un juge de la cour de Cassation pour diriger le pays durant la période transitoire.
Pourquoi doit-on se référer à la cour de cassation pour choisir un président ?
Selon l’article 59 de la Constitution 1987, les citoyens haïtiens en qui réside la souveraineté nationale, délèguent l’exercice de cette souveraineté à trois pouvoirs :
1) Le pouvoir législatif
2) Le pouvoir exécutif
3) Le pouvoir judiciaire
L’article 173 de cette même constitution nous dit que le pouvoir judiciaire est exercé par la cour de Cassation, les cours d’appel et les tribunaux.
Que dit la Constitution en ce qui concerne l’exercice la souveraineté nationale ?
Nous le savons tous que le pouvoir législatif n’existe pas depuis plus de trois ans. Le pouvoir exécutif est démissionnaire, dysfonctionnel. Le pouvoir qui tient jusqu’à présent avec bien sûr des lacunes parmi ceux auxquels est délégué l’exercice de la souveraineté nationale, est le pouvoir judiciaire ayant à sa tête la Cour de Cassation (Art 173). En conséquence, au nom de la Constitution et des intérêts supérieurs de la nation et pour la sauvegarde de la souveraineté nationale, le pouvoir judiciaire, à travers la Cour de Cassation, doit, sans désemparer, prendre immédiatement le contrôle du pouvoir et toutes les forces de sécurité de la République doivent lui faire serment d’allégeance. Ne pas le faire, c’est une violation flagrante de la Constitution et un crime de lèse-patrie qui est passible du jugement de la haute cour de justice (Art 186) de la Constitution.
Quelle est la réalité au niveau de la Cour ?
La volonté de torpiller les lois de la République et de saboter toutes les institutions au profit des intérêts mesquins ont poussé à la violation systématique des lois de la République et cela, impunément. Selon l’article 175 de la Constitution, la nomination des juges à la Cour de Cassation est la prérogative du
président de la République et le président seul. Il les nomme sur une liste de trois (3) personnes par siège à lui soumettre par le Sénat de la République (Art 175).
Quel est l’état de la situation à la Cour de Cassation ?
À la mort du président Jovenel MOISE, il y avait trois juges régulièrement nommés en 2019 par lui. Ce sont : Jean Claude THEOGENE, Jean Joseph LEBRUN et Barthelemy ALTENOR.
Donc, en violation flagrante de la Constitution, M. Ariel HENRY, qui se croyait au-dessus des lois et de la constitution, a nommé le juge Jean Joseph LEBRUN président de la Cour de Cassation. La question à se poser : comment un juge de carrière avec un parcours sans tâche jusque-là a pu accepter une telle promotion de la part d’un profane (en droit) ? Où est la déontologie de la profession dans tout cela ? Dans quel intérêt les vertus se perdent-elles ici ? D’autres questions peuvent se poser pour essayer de faire sortir l’anguille d’où elle est cachée ? Pourquoi le Vice-Président n’aurait-t-il pas été promu si l’on voulait être juste ? N’avait-il pas droit à ce privilège ? Déraison de la raison ou la loi des avantages ? Je cherche à comprendre. Ainsi, le Magistrat LEBRUN s’est-il discrédité pour devenir le nouveau Président du pays pour avoir accepté cette promotion en dehors de la loi alors qu’il s’était revêtu de sa toge d’homme de loi. La loi doit-elle être respectée oui ou non, cher Maitre, défenseur des droits ?
Qui choisir au niveau de la Cour de Cassation pour diriger le pays ?
Face à tout cela, il revient de choisir l’un des deux juges restants nommés régulièrement en 2019 à savoir :
1) Jean Claude THEOGENE, l’actuel vice-président
2) Barthelemy ALTENOR
À ceux qui me disent que c’est le président qu’il faut choisir même s’il a été mal promu, je les réfèrerai au cas de Madame Ertha Pascal TROUILLOT en 1990 qui a été choisie comme Présidente de la République alors que c’était le juge Gilbert AUSTIN qui était nommé Président de la Cour de Cassation par le Général Prosper AVRIL à cette période ( 17 février 1989 au 13 mars 1991).
Enfin,
Mesdames, Messieurs, Hommes et femmes politiques de mon pays, Cessez l’avilissement du pays. Quoi ! vous vous référez à la CARICOM pour vous dicter quelle décision prendre pour le pays alors que la constitution est claire de ce qui doit être fait. Depuis quand le peuple haïtien a-t-il choisi la CARICOM pour être sa référence en matière de loi ? Qui vous a donné mandat, qui vous a donné ce droit ? Membres de ce gouvernement démissionnaire, est-ce que vous savez que l’histoire vous jugera pour avoir compromis la souveraineté du pays ? Il est temps d’apprendre à respecter la loi. Cette vermine à sept têtes ne va pas régner sur nous. Peuple haïtien, préparez-vous à l’ affronter en brave. En ce sens, J’invite donc tous ceux qui sont respectueux de la constitution, des lois de la république à s’unir pour barrer la route à ces traîtres, ces conzés qui ne visent que leurs intérêts mesquins au détriment de la grande majorité agonisante. L’heure est grave, le peuple souffre, le pays se meurt et les rapaces se disputent la proie. Y-a-t-il quelqu’ un qui peut dire : « Ase fout » ?
Peuple Haïtien, levez-vous pour exiger l’application de la loi, de la Constitution comme l’a fait la Résolution du Congrès National Ouanaminthe qui prône un exécutif bicéphale avec un président issu de la Cour de Cassation parmi les juges régulièrement nommés dont le parcours n’est sujet à caution et la nomination
d’ un premier ministre de consensus choisi de concert avec les partis politiques , la société civile et le secteur prive des affaires.
Saint Pierre DESTINÉ,
Haïtien engagé

