Haïti continue de faire face à une crise profonde, exacerbée par une vague de violence qui sévit depuis plus de trois semaines. Les gangs opèrent en toute impunité, semant la terreur à travers le pays, pendant que le premier ministre intérimaire, soutenu par les puissances occidentales, est contraint de rester à l’étranger après une visite au Kenya.
Dans une tentative de résoudre la crise, la Caricom, sous l’impulsion des États-Unis, a proposé la formation d’un Conseil Présidentiel composé de sept membres et de deux observateurs. Ce conseil serait chargé d’assurer la transition et d’organiser des élections. Cependant, la mise en place de ce conseil est confrontée à de nombreux obstacles.
Les intérêts divergents des différentes factions politiques ont pris le dessus, entraînant des querelles et des manœuvres politiques incessantes. Depuis deux semaines, le processus de formation du conseil piétine, avec des nominations, des remplacements et des éjections fréquentes de délégués.
Parallèlement, les tensions montent et la rhétorique politique se durcit, avec des injures publiques et des menaces de mort proférées sur les ondes. Pendant ce temps, la population haïtienne retient son souffle, attendant que le conseil élabore une feuille de route pour la transition et l’organisation des élections présidentielles.
Malheureusement, le climat de sérénité nécessaire à cet exercice de haute importance semble être aux abonnés absents. Les Haïtiens continuent de vivre dans l’incertitude et l’instabilité politique, alors que leur pays lutte pour trouver une issue à cette crise profonde.
Qui pourra calmer la fureur des belligérants ?
Sheldana Perrolain
