1 octobre 2026
Des pervers en blouse blanche
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Des pervers en blouse blanche

Farah, trentenaire, rumine des expériences pour le moins traumatisantes vécues avec des  gynécologues pervers ayant l’air bienveillants. 

« J’étais mineure. J’avais un problème de santé et je ne pouvais même pas me tenir debout  tellement j’allais mal. Ma mère a dû m’emmener chez un gynécologue pour une consultation  médicale. Au moment de la consultation, alors que j’étais vierge et que j’avais mes règles, le  gynécologue a réalisé un toucher vaginal avec une extrême cruauté », raconte Farah avec  amertume. « En dépit de mes cris de douleur : Aïe ! Ouille ! Il a continué son acte dans le  dessein de me faire perdre ma virginité, poursuit-elle. Après la prétendue consultation où je me  sentais plus mal qu’avant, il a fait savoir à ma mère que j’étais enceinte », témoigne Farah, qui  croyait que sa mère lui avait trouvé un gynécologue digne de ce nom. 

On dirait que ceux qui pratiquent cette spécialité médicale (la gynécologie) n’ont aucune notion  d’éthique. « Il y avait un gynécologue qui a partagé sur-le-champ, en ma présence, toutes les  informations que je lui avais confiées à mon sujet avec d’autres personnes dans l’enceinte même de l’hôpital », se plaint Farah qui, depuis lors, ne fréquente plus cet hôpital à cause du  comportement de ce gynécologue qui n’a pas su garder professionnellement les secrets de sa  vie privée. « C’est un comportement contraire à l’éthique », déclare-t-elle. « J’étais tellement  troublée, il m’a fallu deux ans avant de me confier à un autre gynécologue », raconte-t-elle entre  dégoût et regret. Pour elle, voir un spécialiste de ce genre est un exercice sorcier. À chaque fois  qu’elle croise un gynécologue sur son passage, elle a des nausées. 

Des gynécologues sexomanes  

On est à l’abri tant qu’on n’a pas franchi le seuil de la porte de la clinique d’un gynécologue.  Une fois à l’intérieur, on devient sa cible. « C’est visible, ils sont toujours en bandaison  lorsqu’ils reçoivent des patientes à leurs cabinets médicaux. Ils ne le cachent pas et n’éprouvent aucune honte, fait savoir Judith. Parfois, quand il faut enlever ses dessous, ils se tiennent tout  près de vous et portent leur regard sur vous », déplore-t-elle. 

De l’emploi des moyens détournés 

« Je me souviens d’un gynécologue qui, après avoir fait une échographie pelvienne chez lui à la demande de mon médecin de l’époque, n’a pas tardé à me contacter sur le numéro de  téléphone que j’avais utilisé pour fixer le rendez-vous, afin de me dire qu’il était amoureux de  moi », raconte-t-elle. 

Selon Judith, lorsqu’une patiente est jugée désirable, des gynécologues, sans justification  médicale, donnent des rendez-vous médicaux en veux-tu en voilà et posent des questions qui  n’ont rien à voir avec un examen médical. « À la demande d’un médecin, j’avais fait deux  examens pelviens en un an. Ce qui est encore plus étonnant, un autre m’avait suggéré d’en faire  un à chaque séance que j’aurais avec lui.» 

Quant à Nadia, elle garde ses distances. Elle n’accorde jamais de l’importance à leurs discours.  « Ils sont envahissants (yo soumoun). Ils cherchent toujours à se montrer familiers et peuvent  même se permettre des contacts physiques si l’on plaisante avec eux », révèle Nadia.

Vocation ou perversion ? 

Certains médecins se sont spécialisés en gynécologie non pas par vocation, mais plutôt par désir de voir des femmes, à longueur de journée, écarter les cuisses devant eux. Pas mal de femmes sont victimes du comportement licencieux des gynécologues qui font de leurs cliniques un  artifice de séduction. Silvano Reynoso Sánchez, gynécologue dominicain, avait abusé sexuellement une patiente haïtienne de 24 ans, le 10 mars 2023, dans un centre médical de Los  Frailes, en République Dominicaine, après l’avoir administrée un sédatif. En janvier 2023, le  gynécologue américain Robert Hadden, a été reconnu coupable par une Cour fédérale de  Manhattan, aux États-Unis d’Amérique, d’avoir agressé sexuellement plusieurs centaines de  ses patientes. Nikita Levy qui était également un gynécologue américain, avant de se suicider en 2013, avait l’habitude de filmer et de photographier ses patientes à leur insu à l’aide d’un  mini appareil photo dissimulé dans un stylo. 8 500 de ses patientes ont été victimes. 

En Haïti, les pervers en blouse blanche ne sont pas dénoncés. Le nombre incalculable des  patientes victimes souffrent en silence et vivent avec un traumatisme psychologique profond.  L’exercice de la profession de gynécologue devrait correspondre conformément à sa définition  et à la déontologie médicale. Être gynécologue ne doit pas être un moyen d’assouvir des 

fantasmes sexuels, mais doit demeurer un véritable sacerdoce. 

*Les noms utilisés sont des noms d’emprunts. 

Cet article a été modifié par souci de clarté et de précision (02/02/2026). 

Marius MARECHAL  

Tél. : (+509) 38 00 4198  

E-mail : marechalmarius365@gmail.com

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