Le président très populaire du Salvador, Nayib Bukele, a officiellement quitté ses fonctions jeudi 30 novembre, six mois avant la fin de son mandat, après avoir obtenu l’autorisation de l’Assemblée législative. Cette décision vise à lui permettre de préparer sa campagne en vue des élections présidentielles de février 2024, soutenue par une interprétation controversée de la Constitution.
Bukele et son vice-président, Felix Ulloa, ont obtenu le soutien de 67 députés du pouvoir, autorisant ainsi le début de leur campagne, malgré l’opposition de 12 élus. Claudia Juana Rodriguez de Guevara a été approuvée comme la nouvelle présidente par intérim à la suite du départ de Bukele.
La controverse entourant la réélection de Bukele a débuté en septembre 2021, lorsque la Cour suprême de justice a interprété la Constitution de manière à lui permettre de se représenter. Durant la session parlementaire, les éloges abondent pour le président sortant, salué pour sa lutte déclarée contre les gangs en 2022, ayant conduit à l’incarcération de plus de 73 000 membres présumés de gangs.
Pendant que le Parlement débattait de son autorisation à se représenter, Bukele a posé la première pierre du futur Stade national, un projet de 100 millions de dollars offert par la Chine. Son style de gouvernance non conventionnel et son succès sur les réseaux sociaux ont marqué son mandat, bien que des critiques, notamment de l’opposition, jugent sa réélection « anticonstitutionnelle ».

