9 octobre 2026
L’Édito du Rezo | Haïti ou l’impossible relèvement ?
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L’Édito du Rezo | Haïti ou l’impossible relèvement ?

Jeudi 5 octobre 2023 ((rezonodwes.com))–

Il est difficile d’envisager le redressement d’Haïti dans le contexte actuel de crise protéiforme. L’une des sources principales de cette crise qui traverse Haïti depuis si longtemps réside incontestablement dans le manque d’envergure de ses « dirigeants », lesquels lui font constamment un doigt d’honneur.

Ils préfèrent vendre leur âme à de puissants intérêts étrangers plutôt que de s’atteler à répondre aux besoins, même les plus élémentaires, de la population en souffrance chronique de mal-être. En résulte leur impuissance crasse à initier, voire réussir, depuis des décennies, le moindre changement véritable au profit du peuple haïtien. 

Le moins que l’on puisse arguer, en effet, est que ces pseudo-dirigeants se révèlent plus que jamais incapables d’œuvrer à la moindre forme de transformation politique, économique, sociale et culturelle allant dans le sens de l’émancipation du peuple et de la prospérité pour tous. En réalité, le bien-être collectif est le cadet de leurs soucis. 

En fait, il s’agit d’une bande d’acteurs pathétiques issus de l’ « élite » qui se connaissent, se côtoient depuis des lustres dans leur association de malfaiteurs aux côtés de pseudo-partenaires qui n’ont cure du bien-être du peuple haïtien. Ainsi, si ceux-là ne cessent de marquer des buts dans le match séculaire qui les oppose ardemment à la nation haïtienne, les soi-disant patriotes marquent, au contraire, contre leur camp, Haïti. En témoigne leur pacte diabolique notamment depuis la chute de la dictature des Duvalier pour empêcher tout avancement du pays vers le progrès social. En découle une société complètement désincarnée, déshumanisée. 

En fin de compte, aujourd’hui, dans le camp des larbins, qui va au-delà des femmes et hommes politiques vilipendés à juste titre, les amis d’hier font semblant de s’entredéchirer mais ils savent tous qu’ils ont un maître : la fameuse « communauté internationale ». Menée par l’Oncle Sam, depuis toujours, elle finance, largement, leurs cabales antipatriotiques, comme ce fut le cas en 1991 et en 2004.

Inaptes à s’entendre pour le bien commun, ils ne peuvent plus leurrer la population. Ils apparaissent définitivement pour ce qu’ils sont et ont toujours été d’ailleurs : des égoïstes indécrottables, des traitres à la patrie, des corrompus jusqu’à la moelle épinière. Et ce, quel que soit leur camp de base. Ironie de l’histoire, les vaincus d’hier veulent désormais prendre leur revanche, et n’entendent point faciliter la tâche à leurs adversaires qui les invitent à la table de négociation de la mangeoire dans l’intérêt supérieur supposé de la république en danger de mort. Inutile de dire que la méfiance dans ce petit monde nauséabond de l’entre-soi est totale. 

Dans un tel contexte, le relèvement du pays est-il encore possible ? Haïti est le pays où l’impossible est possible et le possible impossible, dit-on. Peut-être. Par exemple, le formidable mouvement de solidarité haïtienne – tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays – autour de la construction du Kanal à Ouanaminthe, dans un bras-de-fer historique avec la république voisine qui y est, au demeurant, farouchement hostile, serait gage d’espoir. 

Mais, au-delà du Kanal, quid de la politique agricole nationale, vu la dépendance alimentaire criante du pays vis-à-vis de la République dominicaine et des États-Unis ?

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